Escape The Fate – Escape The Fate

Genre: Post-hardcore                 ®2010

Il arrive un moment dans notre vie où cataloguer un groupe n’a plus vraiment de sens. Parce qu’on se revendique deathster ou thrasher, tout ce qui n’appartient pas à nos attentes est inintéressant… et si, messieurs-dames, il vous arrivait d’écouter un artiste au lieu de l’entendre?

Bien avant que les termes « core » et surtout « émo » ne deviennent des injures, des groupes comme Fugazi, Thursday e At the Drive-In menaient le pas en mêlant technicité et sens de la mélodie irréprochable. Peu de groupes peuvent en 2010 se vanter d’être de la même trempe, si ce n’est Alexisonfire, Underoath et Escape the Fate.

Issus de Las Vegas, les quatre n’ont pas abusés de la roulette russe pour savoir si l’album éponyme plaira, car le post-hardcore qu’ils nous proposent est loin d’être ridicule. Car outre une production tape-à-l’oeil signée Don Gilmore (Linkin Park, Lacuna Coil), le chant de Mabbit est juste et la structure des morceaux se veut ni trop complexe, ni « je-te-balance-un-morceau-et-tu-te-démerdes », donc réfléchie.

Le premier morceau « Massacre » met d’office les points sur les i: ETF n’existe pas pour faire pisser les minettes, mais bel et bien pour donner un nouveau souffle au genre. Pour notre plus grand plaisir, tous les instruments sont perceptibles. Les arrangements dans la voix de Mabbit (quel nom…) ne sont pas de trop, et la présence de cette guitare planante en fond ajoute une couleur à l’ensemble. On appréciera également les passages instrumentaux au clavier, inattendus.

C’est après cinq écoutes consécutives qu’on finit par donner un verdict: un album tout public, accessible mais non-dénué de qualités. Le riff de « Issues » est si excitant qu’on en oublie cette batterie molasse. Le trio « Zombie Dance »-« Georgous Nightmare »-« City of Sin » fait incroyablement taper du pied par son côté dansant. Ringard? Pas pour un sou, car en prime, il y a de bons petits solos. Elle est pas belle la vie?

C’est vite dit, car elle pourrait même être fastidieuse si la bande nous avait épargnée la présence de « Lost in Darkness » et de « World Around Me ». Si l’une se veut simplement avide de profondeur, l’autre est carrément ancrée dans le trip « chant/clavier » à classer entre le « Reason » de Hoobastank et Pascal Obispo. Oui oui, ça fait mal…

Soufflez, car il y’a de quoi oublier ces deux « erreurs ». Les morceaux lents mais intenses répondent à l’appel, à l’instar de « Prepare Your Weapon » au solo court mais mémorable et de « Liars and Monsters », mais ce sont surtout les morceaux pêchus et lourds (dans le bon sens du terme) comme « Day of Wreckoning » ou « The Afterman » qui attirent l’attention.

Sans pour autant dire qu’il est génial, ETF a suffisamment de talent pour donner envie au métalleux dur d’écouter quelque chose de moins violent qui démontre une pêche juvénile mais maîtrisée. Plus calme mais plus mature, le groupe impose sa marque dans un milieu réservé aux ados boutonneux, et réussi là où d’autres se sont récemment cassés la figure (A Day to Remember). Quand c’est bon, c’est bon, point final!

 

Laurent.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s