Hate – Erebos

Genre: Death black                     ® 2010

Est-il orthodoxe d’accorder de l’intérêt à une entité qui n’aspire que la Haine, et qui la revendique par le biais d’un Death technique depuis maintenant 20 ans? Ca va de soi, car Hate est aux côtés de Decapitated, Vader et Behemoth un poids lourd du métal polonais.

Après un Morphosis qui avait remis les pendules à l’heure il y a deux ans en proposant une sauce un peu plus variée qu’à l’accoutumée, le groupe a décidé de rester dans cet esprit d’ouverture avec Erebos.
Le titre de l’album est en l’honneur du dieu grec Erèbe, symbole des ténèbres et du pessimisme, les thèmes préférés du quatuor.

Après une introduction en guitare sèche teintée des sonorités ambient auxquelles les polonais nous ont récemment habituées, pas question de perdurer dans le doute: Hate est bien là, et en forme paraît-il sur ce « Lux Aeterna ». La production est délicieusement propre et fine, notamment au niveau de la batterie qui sera pour ainsi dire l’atout majeur de ce Erebos. Plutôt que de faire dans le blast à 350 bpm du début à la fin, le groupe a choisi le terrain de la technicité en incorporant des contre-temps et des passages lourds un peu partout. Tout ça peut paraître bien alléchant pour la suite en vue de ce premier titre exquis, et pourtant…

Blasphème? Négatif, car malgré ce désir de vouloir en mettre plein la vue, se cache un foutu souci d’identité. En dehors d’un « Erebos » dans la continuité de « Lux Aeterna » et d’un « Quintessence of Hinger Suffering » inspiré des premiers Sepultura et d’une efficacité mordante, c’est du pur Behemoth que nous sert les Haineux, là! La voix d’Adam ressemble étrangement à celle de Nergal, et hormis les quelques solos bien exécutés, le mécanisme « mid-tempo/blast beat » est trop présent sur la deuxième moitié de l’album, et finit par agacer l’auditeur, qui attend avec impatience un peu plus de folie dans tout ça (les riffs et rythmes de « Hexagony » et « Wrists » ont déjà été vus et revus par les homologues polonais). Les sonorités industrielles, qui se sont légèrement assoupies, font bien défaut à présent: à vouloir trop tendre la main à leurs aînés, Hate en a perdu son fond et sa forme.

C’est dommage, car il y a une sacré technicité et une énergie qui pourrait prendre aux tripes si les idées avaient été mieux disséminées sur les 10 titres. Il serait trop affligeant de dire que ce disque est moyen, il est à juste titre bon, mais pas suffisamment à la hauteur des attentes. A ceux qui pensait trouver l’album death du trimestre, bien mes condoléances.

 

Laurent.

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