Yattering – Murder’s Concept

Genre: Death technique        ® 2000

« Il n’y aura jamais de catastrophes climatiques en Europe », disaient les scientifiques des années 70/80.
Nous, métalleux, mettions déjà le nez dans un monde qui secouait plus les têtes que la Terre, mais qui aurait cru un jour qu’un groupe allait faire basculer nos esprits en poussant encore plus loin les limites de la violence sonore? Des jeûnes polonais, qui ont surement la rage que leur patrie ait été humiliée par le nazisme, décident en 2000 de faire leur propre Bog du nouveau millénaire annoncé par Paco Rabanne avec Murder’s Concept.

Vous aimez le hachis parmentier? Parce qu’en plus de ce livret qui fait frissonner (ou saliver si on s’accorde sur l’idée de vengeance envers l’Humanité), le groupe balance un concentré death brutal technique inédit, inspiré néanmoins par Deicide, et qui fit un sacré carton en Europe à sa sortie. Même si ces fous furieux doivent beaucoup au label fort de l’époque, Relapse, il est indéniable que la virtuosité est percevable dans ce bordel tsunamique.

Malsain à souhait, mélodieux que dans les solos diaboliquement exécutés, cette brutalité gratuite visionnaire est bien plus qu’une démonstration de misanthropie par une bande de potes avide de gore.

D’ailleurs, « The Art of The 20Th Century » met carte sur table ce qu’il y’a à dégobiller, une haine matérialisée par un batteur fou furieux, des gratteux déjantés et un grunteur digne de ce nom, mais la basse est peut-être trop sous-accordée, car si elle apporte tout de même son grain de noirceur, elle n’est pas toujours discernable, il est alors difficile de comprendre concrètement son rôle.

Après tout, on s’intéressera davantage au message que le groupe veut faire passer, et sur le côté vraiment défoulatoire de l’engin que sur la volonté d’en faire trop, car des tueries comme « The Species », « Anal Narcotic » ou « Exterminate », malgré des thèmes que l’on interprétera au final comme une franche rigolade, possèdent néanmoins des rythmiques issues des meilleures chansons de Carcass, Cannibal Corpse ou Deicide, avec la schizophrénie en prime.

Mention spéciale à « Damaged », aux guitares si grasses et à la reverb tellement hypnotique qu’il est temps de tirer sa révérence et de faire un tour dans les catacombes histoire d’aller emmerder un peu les junkies en mal de sensations saines (musicalement parlant). Et ce n’est pas le titre final « Recue » qui va nous faire reculer, LE titre épique de cette boucherie et ses sonorités bizarroïdes qui laissent place à de l’ambient post-apocalyptique sur la deuxième moitié du titre, qui résume parfaitement l’état de notre cervelle après avoir vendu notre âme au Diable en acceptant de mettre les pieds dans un tel vacarme. Et le pire, c’est qu’on en redemande une fois rétabli… Unique.

 

Laurent.

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