Rush – Moving Pictures

Genre: hard progressif               ® 1981

Rush, ces quatre lettres canadiennes qui représentent la quintessence même du progressif depuis la création du hard-rock. Un son et un style identifiable, des textes qui prônent la liberté d’expression et l’univers fantastique, un line-up qui n’a pas mu depuis son premier album éponyme, le groupe s’est toujours fié à son feeling pour parvenir à ses fins. Un an après Permanent Waves où la bande a trouvé un compromis idéal entre un rock plus accessible et une technicité instrumentale débordante, Moving Pictures débarque dans les bacs et atteint en l’espace de quelques semaines les charts européens qu’il squattera des mois durant.

Moins complexes mais pourtant toujours aussi débordés d’inventivité, les titres de Moving Pictures sont destinés à un plus large public sans pour autant trahir les origines du combo. Pour dire, « Tom Sawyer » est l’un de ses plus gros tubes, formidable titre d’ouverture où Neil Peart démontre qu’il est un des meilleurs batteurs de sa génération en partageant une session rythmique inoubliable avec Geddy Lee qui, armé de sa fidèle Fender Jazz bass, apporte un son énorme et innovant pour le groupe. Egalement interessé par la récente Cold-wave, des clins d’oeil à Joy Divison, The Cure ou Simple Minds sont présents avec « Red Barchetta », « Vital Signs » et « Limelight » qui n’ont rien de ridicule, il s’avère au contraire que Rush apporte une certaine intensité au style qui contraste avec le punk minimaliste dont le public était friand à cette période.
Petite pose avec la semi-ballade « Witch Hunt » portée par un synthétiseur atmosphérique et des roulements de batteries qui empêchent le trio de s’écarter du sujet.

Mais Moving Pictures n’est pas seulement un album visant à se frayer un chemin parmi les médias, il est également porteur de deux pistes qui marqueront à jamais le futur métal progressif (Dream Theater et Symphony X en tête) au même titre que Kansas et Queensrÿche:

-L’instrumental YYZ, joué systématiquement en live depuis sa création, est une pièce unique qui laisse chaque musicien s’exprimer dans un solo mémorable avec un break au clavier frissonnant au bout de trois minutes. Absolument transcendant, ce morceau est l’un des meilleurs instrumentaux jamais réalisés par un groupe de prog’, car sa durée plutôt courte lui évite les débordements comme le font maladivement beaucoup d’autres formations, laissant place à une force mélodique compacte et pleine de finesse.

-Le titre épique « The Camera Eye » qui colle très bien à l’émergence des productions de Spielberg, Lucas et autres Kubrick alors en vogue avec son clavier parfaitement moulé au chorus/reverb d’Alex Lifeson pendant onze minutes qu’on ne sentira même pas passer tant ce groupe sait fusionner diversité et fiabilité.

Rien n’est parfait, mais quand il s’agit de changer la face du monde, c’est à ce moment que les choses prennent toute leur ampleur. Moving Pictures est une ode au cinéma fantastique qui permettra au rock progressif de subsister face à l’émergence du punk-rock et du heavy-métal. Un album intemporel et unique dont les canadiens peuvent se targuer d’être fiers, car aucun des albums suivant ne connaîtra une telle renommée bien que Geddy Lee soit un compositeur prolifique sachant s’adapter de manière étonnante à l’ère du temps. Incontournable.

Laurent.

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