Blue Gillespie – Synesthesia

Genre: Stoner/doom            ® 2010

Nous avons tous essayé un jour d’imaginer quel genre de mixture pourrait résulter de la rencontre entre la profondeur de Tool et la hargne de Down. Ceux qui se posent encore la question aujourd’hui sont forcément passés à côté du phénomène Blue Gillepsie, quatre gallois dont le premier effort Synesthesia succède à deux EPs remarqués dans toute l’Europe.

Derrière cette pochette psychédélique mais pas trop fournie en détails attrayants se cache une recette qui peut laisser sceptique aux premiers abords: le jeu de batterie est complexe mais les riffs sont agressifs, souvent épiques, et le chant, dont le timbre virevolte entre Phil Anselmo et Chad Grey (Mudvayne), est très blues, dans la pure tradition du stoner. On est même pas loin du sludge avec un titre comme « Beat Oven » qui de son titre répétitif rappelle High on Fire ou même Down pour la lourdeur et ce chant très inspiré de Sir Anselmo, et d’autres tels « Superglass » et « Making Sound » sont aussi bien construits que les bombes que pond Mastodon.

Varié, l’album possède une face plus accessible avec « Skinned », au tempo plus rapide que tout le reste, énergique par ses guitares mélodiques et « Wiff » dont le côté blues est sacrément entraînant dans la pure veine de Down.

Cependant il est difficile de cerner une identité chez Blue Gillepsie, car malgré cette bonne intention de mélanger ces influences grandioses, des titres comme « Growsome », « Fingered » et « The Fergal » sont bien trop énigmatiques, pas aussi représentatifs d’un tel cocktail par rapport aux autres pistes de Synesthesia.

Une chose est sûre, la musique de Blue Gillepsie fait un peu l’effet d’une panne de courant un soir d’hiver: c’est sombre et froid, ça énerve de temps en temps, mais ça permet de se fermer un peu du le monde extérieur. Pour une première galette, les britanniques font un effet boeuf: si l’ensemble est un peu trop hétérogène, la qualité est là; la plupart des morceaux parviennent à accrocher l’auditeur qui dans ce cas ne se pose guère trop de questions, et à la rigueur on aura qu’à dire que les titres moins rétrospectifs ne sont qu’une démonstration des différents points de vue de la bande, qui en se cassant légèrement la tronche avec ces bémols ne pourra que progresser et proposer à l’avenir quelque chose de plus exhaustif, plus droit, plus personnel peut-être aussi vu le potentiel émanant de ces onze morceaux. Un début fort intéressant et prometteur.

Laurent.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s