Poison The Well – Tear From The Red

Genre: post-hardcore                ® 2002

Voilà bien un genre musical qui ne fait et ne fera certainement jamais l’unanimité au sein de la communauté métal: le screamo/post-hardcore. A la fin des 90’s, un certain nombre de formations commence à émerger des limbes de Fugazi et Neurosis dont Poison The Well qui ne tarde pas à se démarquer de la masse avec un premier effort The Opposite Of December qui dévoile une maîtrise certaine de l’alliance entre brutalité et mélodie.

Tear from the Red voit le jour trois ans plus tard avec un nouveau gaillard derrière le micro, Jeffrey Moreira. Si on peut le définir comme un prolongement de son prédécesseur, c’est que la formule est identique mais qu’elle s’est moulée dans une structure expérimentale inédite pour ce courant: l’alternance entre plans torturés et passages acoustiques qui a fait de PTW une valeur sûre et respectée.

En trente-deux minutes seulement, Tear from the Red nous envoûte avec des morceaux très réussis comme « Botchla » et « Turn Down Elliot » où Moreira transcrit ses émotions aussi bien en hurlant ses tripes qu’en officiant dans un chant clair à la justesse parfois incertaine mais sans désagrément ceci dit. Mal-être assuré avec la violence de « Rings From Corona », confusion de mise avec les dissonances de « Sticks And Stones Never Made Senses », l’auditeur perd quelque peu ses moyens en terme de jugement, car si les paroles n’ont par moments ni queue ni tête (ex: « I hate your eyes, you always smell the same, everything smells of you, you wanted it all, but now you can’t see », passage tiré de « Lazzaro », ressemble plus à un balbutiement de gosse qu’à une analyse riche et mature de ce qui émane du charme d’une femme), n’évitant pas les clichés « émo » alors en vogue, on ne peut nier que la rage prédominante procure un effet boeuf à la limite du jouissif.

Ce qui différencie également cet opus du précédent, c’est que malgré le côté expérimental, on dénote globalement une musique plus accessible: la balade acoustique « Horns And Tails » a quelque chose de Silverchair dans l’âme, et « Moments Over Exaggerate » ainsi que « Pieces Of You In Me » se rapprochent un peu plus de ce que font les collègues de Thursday et The Used. Un mélange d’inspirations qui ne fait que donner du relief à l’ambiance générale et qui permet une écoute lisse, les floridiens font (presque) tout dans la réussite.

Poison The Well signe un coup de maître avec cet oeuvre qui est surement l’une des plus marquantes en matière de post-hardcore de cette dernière décennie. Une révolution du genre, il paraît même que nombreux groupes de métalcore le citent comme référence, tant mieux sauf qu’en attendant, aucun groupe pré-adolescent n’a insufflé autant d’émotions et de sincérité en dix titres, un album à part qui à sa place au podium du respect.

8,5/10

Laurent.

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