Puddle of Mudd – Come Clean

Genre: post-grunge                  ® 2011

C’est fou ce que les Etats-Unis sont forts en matière de « teen rock », cette musique destinée à essentiellement à une adolescence qui ne connaît pas plus son orientation musicale que son orientation sexuelle. Outre les Blink-182 et Sum 41 qui figuraient sur nos t-shirts (et encore) entre 12 et… 12 ans, le grunge est bien l’un des seuls porte-parole de la jeunesse à être souvent -pas toujours, mais souvent quand même- salué par les « anciens ».

Nous sommes en 2002. Alors que la notoriété de Creed se voit dégradée par son leader qui n’a pas fini de péter plus haut que son derrière, que Silverchair se popise plus vite que son ombre, que Pearl Jam s’éloigne de plus en plus de ce qui a fait son succès et que Layne Stanley nous laisse une blessure profonde de sa disparition, l’espoir de revoir un jour le grunge refaire surface était presque vain, la nouvelle vague rap-metal faisant figure de meneuse.

C’est alors qu’un jour, en zappant sur une célèbre chaîne musicale, un groupe dont le chanteur/guitariste ressemble étrangement à Cobain aussi bien au niveau du physique que de la voix joue un morceau au riff puissant et au refrain saisissant: « Come Clean », de l’album du même nom, le premier de la formation écopant d’une diffusion internationale. Eurêka, c’est Dieu qui nous les envoie! Non en fait pas vraiment, c’est un certain Fred Durst, le vilain petit canard du rock à l’époque, qui s’est occupé de porter ces quatre lurons au devant de la scène alternative; il est d’ailleurs responsable de la formation de la bande après avoir incité les musiciens a quitter leurs projets de vie respectifs. Business to business… Bref, produit par John Kurzweg, par le groupe lui-même, co-produit par Durst et mixé par le monstre Andy Wallace (Slayer, Nirvana, SOAD, RATM, rien que ça), Come Clean a sonné comme la relève de Nevermind… pendant trois mois.

Non mais qu’est-ce qu’il y a d’étonnant, là? Oui, Come Clean est un album sympathique, oui le riff du morceau éponyme est imposant, oui «Blurry» est un morceau touchant où Scotlin évoque qu’il a été un père pourri qui a délaissé sa famille au profit des substances illicites, oui le grunge est bien là, mais était-ce nécessaire de faire tout un buzz pour un groupe qui ne fait que copier les traits de ses ainés, Nirvana pour la tonalité et Alice In Chains pour l’émotion? Hormis «Drift & Die» en hommage à Stanley, qui peut expliquer l’ambiance similaire, et quelques morceaux qui tirent leur épingle du jeu («Basement», «Nobody Told Me»), peu d’éléments intéressants sont à appréhender dans cette galette, surtout pas l’insulte artistique «She Hates Me» aussi ridicule que son clip, un faux-pas qui a su rester en travers de la gorge mais qui ne sera heureusement pas renouvelé sur ses successeurs.

Bilan: pas assez trash (et non thrash) pour être une référence grunge, mais pas non plus assez cul-cul pour être cité comme la honte de la famille. Ca reste du rock de bonne facture qui se fredonne pendant une pause-pipi (la pochette est trash, par contre) et c’est toujours un plaisir de se remémorer ces années où AC/DC était encore jugé trop vieillot par rapport aux guitares sous-accordées qui vrombissaient dans les écouteurs.

Laurent.

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