Betzefer – Freedom to the Slave Makers

Genre: néo-thrash                   ®2011

Betzefer fait partie de ces combos qui ont un succès fou dans leur patrie, mais dès qu’il s’agit de rendre hystérique le public des quatre coins du monde, il s’en joue une variante considérable. En effet, le quatuor israélien tente depuis ses débuts d’apprivoiser de son thrash moderne les metalheads qui doivent encore se remettre de la monopolisation du néo-métal sur le marché et qui ont à présent bien du mal à digérer la prolifération de jeunes groupes dont la musique est teintée de «*core».

Du néo-thrash, oui, c’est ainsi que la musique de Betzefer est. Inspirés par des formations marquantes de la fin des 90’s comme Grip Inc. et Vision of Disorder, ces types n’apportent pas vraiment de fraîcheur au vaste registre du métal, de plus qu’une connotation Phil Anselmo -exploitée et réexploitée par nombreuses formations- est également percevable dans le chant d’Avital Tamir, principal compositeur de Betzefer.

La majorité des titres de Freedom to the Slave Makers furent enregistrés en 2008, mais pour des raisons encore inexpliquées l’album n’est sorti que trois ans après, mais de toute manière même si l’album était paru il y a dix ans, l’approche n’aurait sûrement pas été altérée.

De la qualité, il y a malgré ces rudes dires: une pochette réussie, une prod’ signée Warren Riker (CYNIC, et sans réelle surprise, DOWN) offrant un son plus que correct aux dix morceaux présents, et bien que la notion d’originalité n’ait pas encore sa place avec ce deuxième opus, un groove partit d’une bonne volonté permet à l’auditeur de supporter intégralement la première écoute. Le chant rocailleux du frontman est particulièrement accrocheur à défaut d’émettre quelque émotion ou de vraiment faire preuve de charisme, ce qui rattrape un sens de la composition un peu brouillon, car le groupe donne vraiment, au fil des écoutes (et même dès la première), l’impression de s’être précipité à empiler les plans, balançant de nombreux changements de rythmes qui ont tendance à instaurer à la longue une confusion quant à la crédibilité du groupe à être professionel. Seuls quelques tracks comme l’évocatrice «Song for the Alcoholic», «Nothing But Opinions» ou l’entraînante «Feels So Right» offrent un réel plaisir d’écoute. Et petite anecdote marrante, le riff d’introduction de «Perfect Lie» est quasi-similaire à celui du «Benzin» de Rammstein, reste à savoir si cette affaire est une négligence de leur part ou complètement inventée par l’auteur de cet article.

A la fois mélodique et imposant, Freedom to the Slave Makers ne parviendra pas au groupe de faire-valoir un talent reconnu parmi ses proches à la face du monde occidental, de même qu’il ne permettra pas au thrash dit «moderne» d’être accablé par les puristes du old-school ou du technique, mais ce n’est pas faute d’avoir essayé puisqu’il existe et existera toujours une poignée de téméraires friands de ce genre de production. Mais quand même, six années d’attentes pour ça… Betzefer confirme que l’amertume est le pire des goûts.

Laurent.

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