Styx – Paradise Theatre

Genre: hard rock progressif         ®1981

Y a-t-il tant d’albums que ça qui vous prennent aux tripes dès la première seconde? Nan parce que lorsqu’on y réfléchit, une bonne oeuvre est censée se composer de la même manière qu’un article qui lui est dédié par exemple: une accroche, une consistance telle qu’il ne faut pas dérouter le public en y incorporant des éléments originaux mais qui doivent bien entendu tenir la route, de l’émotion et un final qui répond au point de vue initial.

Si la tendance actuelle est d’essayer d’innover en négligeant l’émotion ou de plagier un groupe pionnier d’un genre avec un son le plus bidouillé possible, on ne peut pas en dire autant de la bonne vieille école, celle qui pondait des hymnes intemporels à chaque sortie d’album. Mais ce qui nous intéresse vraiment ici est un bijou du rock tout genre confondu, une galette qui s’avère être toujours aussi parfaite trente ans après sa parution, voici donc le monument Paradise Theatre des illinoisans de Styx, premier gros succès de ces derniers.

A la rigueur, il serait plus judicieux de conseiller au lecteur de l’écouter sans trop se poser de question, parce que tenter une quelconque approche de cet album-concept tient éperdument de l’inconscient. Mais c’est parfois grâce à l’inconscient que l’émotion prend place et offre à l’intéressé une dose de sensations inattendues à la limite du jouissif qui peuvent ainsi lui permettre de s’exprimer. Deux voix sublimes, celle du claviériste-fondateur Dennis DeYoung et celle de Tommy Shaw, un opéra-rock qui n’est pas sans rappeler les meilleures heures de Queen (A Night at the Opera/A Day at the Races) et une qualité technique assez proche de leurs homologues de Kansas, c’est donc ce qui a permis à la bande de réaliser cet exquis Paradise Theatre, l’un des derniers albums marquants du rock progressif avec Moving Pictures de Rush.

Le nom de l’album vient du fait que le groupe souhaitait défendre à l’époque un vieux théâtre qui lui tenait à coeur dans un quartier de Chicago. Et, en ce qui concerne les morceaux, ils sont tous extras, mais ce n’est qu’une mince alternative de ce qui a été avancé plus haut. Puisque nous sommes contraints de présenter quelques titres en guise d’arguments, il en va de citer les plus célèbres: «Rockin The Paradise» , qui est une des rares chansons écrites par les deux guitaristes en plus de DeYoung, la ballade pleine de sensualité «The Best of Times» qui récupère la courte minute du magnifique morceau d’introduction et la popisante «Too much time on my hands», écrite par Tommy Shaw et menée par la basse synthétique de Chuck Panozzo.

Pourquoi résister, pourquoi s’imposer des limites, Paradise Theatre ne fait pas partie de ces albums que l’on peut se permettre de cataloguer, parce que même si dans la forme, l’auditeur à affaire à du prog’, dans le fond il serait odieux d’entendre «ça ne m’intéresse pas, le prog’, c’est pas mon truc». Soyons un peu sérieux, une chose pareille, ça ne se contourne pas, cet album a été imposé à la face du monde afin de prouver (à qui, d’ailleurs…) que l’espèce humaine n’est pas que bonne à faire la guerre, et que la musique peut être la réponse fatidique à la question «Vivra-t-on en harmonie un jour?» tant elle est sujet à l’intérêt collectif. Majestueux.

Laurent.

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