The Prodigy – The Fat of the Land

Genre: techno-rock                   ®1997

Entre 1994 et 1996, tout le monde se demande, du moins ceux qui ont suivi l’histoire de The Prodigy, jusqu’où peut aller le groupe après le phénomène Music for The Jilted Generation. Le mélange d’influences était si mis en valeur qu’il ne fut pas vraiment évident d’en attendre beaucoup plus, mais plutôt que de redonner dans le pot-pourri de tous les styles existants, Hewlett eut la brillante idée d’accentuer sa musique vers la culture rock, nerveuse et atmosphérique à la fois, porté aussi bien par des riffs tranchants que par la présence de Keith Flint, beaucoup plus présent au chant que ne l’avait été Maxim Reality sur MFTJG et tout a fait accommodé au registre.

Plus direct que son prédécesseur, The Fat of the Land est un concentré de titres renversants qui ont chacun leur histoire. Par exemple, «Firestarter» a été diffusé sur MTV plus de six mois avant la sortie de l’album, ce qui a laissé une marge quant à la baffe qu’avait procuré ce morceau aux basses surboostées. L’efficacité n’a cessé de titiller, et c’est alors que l’album paru dans les bacs. Premier morceau, premier coup de pied en pleine face: «Smack My Bitch Up» (littéralement «dérouiller ma salope»), titre pas encore dans l’esprit rock mais absolument irrésistible de sa sample légendaire. Puissance et révolution seront les maîtres mots pour les dix titres que contient The Fat of the Land. The Prodigy n’a jamais autant maîtrisé ces influences que sur ce disque. Pour preuve, «Breathe» assène l’auditeur de sa basse fulgurante et de son refrain caractérisé par la voix torturée de Flint, qui en font un tube ultime pour les dancefloors. Côté héritage du rock, «Serial Thrilla», en salut à Skunk Anansie, fait office de raz-de-marée de guitares, tandis que l’esprit primaire des Beastie Boys se fait sentir sur «Funky Shit», et puis il y a cette reprise des L7, «Fuel My Fire» qui termine l’album en folie.

Toujours dans la diversité, le hip-hop a sa place avec «Diesel Power» en compagnie du rappeur Kool Keith, qui n’est pas sans rappeler la redoutable «Poison» sur le précédent opus. Mélodie du pays du Soleil Levant sur «Mindfields» (popularisé par la fameuse B.O de Matrix), spiritualité hindou sur «Narayan» et repos bien mérité avec «Climbatize», aucun des dix titres n’est moins bon qu’un autre. Sur ce coup-là, Hewlett a mis le doigt sur la qualité plus que sur la quantité, d’où ce registre clairement plus rock que dance à proprement parler.

Une tuerie cultissime qui ne s’est jamais perdue dans l’ère du temps, une pierre angulaire de la musique contemporaine, les Anglais nous ont bien régalés avec ce qu’on peut appeler un chef-d’oeuvre… mais uniquement réservé à ceux qui en ont dans le froc!

Laurent.

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