Green Day – Dookie

Genre: punk alternatif              ®1994

Toute cette vague pop-punk à l’eau-de-rose, que l’on raccroche malgré nous aux ambiances lycéennes et universitaires du pays de l’oncle Sam, a comme n’importe quel genre de musique une origine. L’histoire de Green Day commence en 1990 avec un premier album, 39/Smooth, qui annonce les prémices d’un punk nouveau, bien plus mélodique que le traditionnel punk hardcore. S’ensuit Kerplunk en 1992 qui marque le premier succès du trio: les concerts ne se remplissent non plus de gros tatoués à crêtes mais plutôt de jeunes aux allures d’écoliers. L’humour potache de la formation séduit de plus en plus de monde (rappelons que le nom du groupe provient de la cigarette-qui-fait-rire), en particulier la Warner qui voit en ces enregistrements du bénéfice déjà acquis.

Dookie («caca de chien») voit le jour le 1er février 1994 et ne tarde pas à faire fureur. Ce mélange de la fougue des Ramones et d’une pop instaurée trente-ans plus tôt par les Beatles remet les pendules à l’heure. Billy Joe Armstrong, l’imitation Stratocaster sur les épaules, accouche de riffs aussi simples qu’étonnamment puissants, tandis que le duo Tré Cool/ Mikt Dirnt assure une rythmique en béton. Les textes du chanteur/guitariste rejoignent les méandres du mal-être qu’éprouvait Kurt Cobain mais en ciblant plus particulièrement la jeunesse de la banlieue d’Oakland. Ainsi, les «Basket Case» et autres «Welcome to Paradise» édulcorent le côté rentre-dedans du mouvement de puérilités qui ne font rire que les nerds, mais qui arrivent néanmoins à ne pas nous faire décrocher de ces structures entêtantes. Quatorze titres, quatorze tubes, on ne s’ennuie pas une seconde de l’ouverture survitaminée «Burnout» au punk acoustique de «F.O.D». Dirnt assure le fil conducteur de «Longview» avec sa ligne inoubliable, Trè Cool varie son jeu avec des breaks parfois impressionnants (celui de «Chump» par exemple), bref Dookie dispose du format idéal pour attirer un maximum de monde.

Du haut de ses quarante minutes à peine, Dookie écrase tout sur son passage. Direct, sans prises de tête, il est pourtant parvenu à apporter une fibre au rock à l’instar de Nevermind trois ans plus tôt. 15 millions d’exemplaires écoulés à travers le monde, pendant que d’autres se tuent à expérimenter pour pas un rond au final.

Et puis on ne peut pas vraiment leur reprocher d’avoir volé le punk au hardcore, les autres n’avaient qu’à suivre les traces de Social Distortion pour ce qui est de transpirer sous la chaleur californienne tout en préservant la fougue des Sex Pistols ou des Black Flag. Un coup de maître par une bande de dégénérés, voilà une bonne manière de résumer l’esprit des 90’s.

Laurent.

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