Korn – Untouchables

Genre: métal alternatif              ®2002

Trois longues années d’attente pendant lesquelles les quatre premiers albums de Korn (et surtout Issues) auront tourné en boucle ont précédé la sortie d’Untouchables. Au début de l’année 2002, le single « Here To Stay » avait plutôt mis l’eau à la bouche en dévoilant divers aspects positifs de la nouvelle orientation des Leaders du néo. Car justement, c’est bien parce qu’il se sont une nouvelle fois éloignés de leurs clichés que les Korn avaient une nouvelle fois impressionné l’audimat. Le son de guitare est toujours aussi énorme mais l’ensemble n’a jamais aussi bien été produit et Jonathan Davis a encore développé son chant si bien que les dernières bribes de chant-parlé de Issues ont ici totalement disparues.

Le bon point réalisé par « Here To Stay » ne sera hélas pas optimisé par l’ensemble des morceaux d’Untouchables. Premièrement, la production signée Michael Beinhorn (Superunknow de Soundgarden, Mechanical Animals de Manson) est, d’après le groupe lui-même et c’est absolument vrai, un peu « too much » pour un groupe de métal. La basse de Fieldy est bien moins cinglante, les riffs ne sont pas toujours identifiables, nagés dans une surpuissance anarchique, et David Silveria a sévèrement limité ses boucles de batterie pour un rendu beaucoup plus porté sur l’émotion que sur quelconque technicité. On peut évidemment parler de maturité mais l’essence même de ce qui nous a fait aimer Korn a presque totalement disparue. Certains morceaux tels « One More Time » ou « Wake Up Hate » sont assez indigestes, dénué d’intérêt, non parce qu’ils sonnent pop ou indus mais tout simplement parce qu’aucun instrument, pas même la voix de Davis, ne parvient à faire ressortir quelconque mélodie prenante. De ce côté, aux premiers abords, l’incompréhension a eu sa place mais finalement, on ne peut pas reprocher au groupe d’avoir pris le risque de s’adonner à un style moins définissable et original dans le fond, seulement la nostalgie de cette musique sombre, violente aux reflets hip-hop fait défaut.

Ceci dit, il est inconcevable de parler de faux-pas. Korn a mué, le groupe a encore changé de son, toujours en avance sur son temps, il a évolué vers des ambiances popisantes et quelques fois mielleuses mais Untouchables contient quelques titres où l’on reconnait la qualité de composition du Maïtre, par exemple le présenté plus haut « Here To Stay », le dévastateur « Throughtless » avec son riff pesant et un Davis qui offre une performance honorable en alternant chant clair et chant rauque ou « Embrace ». Certains diront qu’ « Alone I Break » est une trahison pop, mais il s’avère au contraire que ce break atmosphérique colle parfaitement à l’esprit du groupe, qui avait déjà essayé et complètement réussi l’expérience sur Issues avec « 4U ». Le final « No One’s There », linéaire, est également une petite perle d’élégance et d’ouverture, laissant présager le futur penchant du groupe pour l’industriel.

Déception ou reconnaissance d’un mythe en constante mutation? Le bon sens pousse à la deuxième proposition, puisqu’au final Untouchables se laisse agréablement écouter avec des passages initialement pompeux qui finissent par se moudre dans la puissance inédite proposée. Un goût pour le changement assumé (en dehors de la surproduction) et malgré le flop commercial, les Californiens ont été reconnus pour leur talent par les critiques, alors peut-être qu’en mettant de côté l’esprit « survêt’ Adidas », il est possible de voir en Untouchables l’album le plus abouti de la formation.

Laurent.

 

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