Fear Factory – Demanufacture

Genre: thrash industriel         ®1995

L’année 1995 est, tout comme le reste des 90’s, surprenante en terme d’innovation métallique. Alors que le death et le black s’amusent à essayer de battre le record de bpm (battements par minute), le thrash, lui, se réinvente contre toute attente. Un an après l’écrasant Burn My Eyes de Machine Head, deux albums marquent cette transition entre le métal battant et le futur néo: Stomp 442 des new-yorkais d’Anthrax et Demanufacture, car il faut savoir que ces désormais classiques ont eu autant d’influence que l’éponyme de Korn sur les générations à venir.

L’histoire de Fear Factory commence réellement avec un premier album aux penchants death, Soul Of A New Machine, plutôt bien reçu par la critique mais la faible promotion à l’époque lui vaudra de n’être reconnu à sa juste valeur que des années plus tard. 3 ans plus tard, rejoins par le bassiste Christian Olde Wolbers, Burton C. Bell (chant), Dino Cazares (guitare) et Raymond Herrera (batterie) enregistrent ce qui sera leur album charnière, Demanufacture. Vous cherchez du riff qui tue et une alternance couplet hurlé/refrain clair ravageuse? Et vous aimez ces histoires de confrontations entre l’Homme et la machine à la Maximum Overdrive ou Terminator? Vous êtes extrêmement bien tombé, d’autant plus que la formation a popularisé la formule (juste l’alternance couplet hurlé/refrain clair ravageuse, bien entendu) et qu’en plus de ça, elle a enregistré l’album dans une usine! Non, foutaise, mais tout porte à le croire, car l’ambiance qui règne sur ce disque est aussi robotique que froide.

« -Papa, papa, comment le monsieur fait pour avoir un gros son de guitare pareil?! -Colin Richardson, mon fils. » Oui, celui qui permit (et qui permet toujours à l’heure actuelle en tant que mixeur) aux Machine Head d’atteindre l’élite du son bulldozer a aussi pris sous son aile la bande à Dino, et le résultat nous arrive donc forcément en pleine poire. Même si la présence de la basse se veut souvent couverte par le mur de guitares avec Richardson, la production est si ciselée que l’on passe facilement outre. Par contre en ce qui concerne la diversité, peu de morceaux en dehors de « Dog Day Sunrise » (le morceau uniquement en chant clair) et le tube « Replica » parviennent à étoffer l’affaire, mais ce n’est pas vraiment ce qui nous intéresse, puisque Demanufacture est avant tout un concentré de thrash moderne comme le démontrent si bien les titres « Demanufacture », « Body Hammer » ou « Zero Signal ».

Gros carton à sa sortie, l’album est précurseur de la vague néo mais également pour un groupe naissant, Strapping Young Lad, qui sort quelques mois après son Heavy Is a Really Heavy Thing, qui deviendra, en quelque sorte, son concurrent direct. Après ça, changement de cap: FF évolue à sa manière et entre dans les frontières de l’auto-caricature avec Obsolète, mettant un terme aux dernières influences métal extrême et ce jusqu’au très bon Archetype. Bref, sans vouloir jouer les fanatiques, Demanufacture a autant sa place qu’un Reign In Blood ou même que Burn My Eyes au Panthéon des classiques du métal pour sa contribution à son évolution. Et surtout: veillez bien à ce que le volume ne soit pas en-dessous des 120 décibels!

Laurent.

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