Trouble – Run To The Light

 Genre: heavy/thrash doom         ®1987

Le doom comme le stoner ont un pilier en commun, un quintet originaire de Chicago à la maigre notoriété en raisons des incessants crêpages de chignon avec ses labels mais à la discographie des plus respectables. Premier groupe à avoir mélangé gros son doom et heavy façon Judas Priest avec une touche de psychédélique 70’s, Trouble, malgré sa contribution minime mais honorable à l’évolution du métal, ne rencontra le succès que pour un court laps de temps avec la parution de son album culte, Run to the Light.

Sorti en pleine explosion du thrash et un an après le Epicus Doomicus Metallicus de Candlemass, ce troisième méfait paraît dans un premier temps comme une excellente occasion de rallier les mordus de rythmes rapides avec les amoureux de riffs bien gras. Dernier brulot avant la séparation avec Metal Blade, Run to the Light a subi une décevante succession de critiques négatives à sa sortie en raison d’une production très moyenne – on le ressent effectivement encore plus aujourd’hui – mais ceci n’empêcha pas pour autant le groupe de se faire respecter auprès d’un certain public.

Loin de la mélancolie de ses homologues doom et pas non plus aussi rapides que le sont la plupart des groupes de heavy, Trouble impressionne plutôt pour son originalité et sa capacité à fournir des titres mémorables comme le hit « Thinking Of The Past » et la progressive « Run to the Light », portés à la fois par des parties rythmiques écrasantes, les solos mélodieux du guitariste-fondateur Bruce Franklin et par ce chanteur à la voix nerveuse et bien à lui, Eric Wagner (dommage pour les amateurs de musique classique, c’est la porte à côté). « The Misery Shows » ouvre l’album d’une manière un peu « kitsch » avec son intro au clavier bizarroïde qui laisse place à un morceau très typé heavy avec une belle performance du batteur intérimaire Dennis Lesh.

En réalité à cette époque, Trouble se situe encore trop près des fesses de Rob Halford (ce qui, entre nous, ne devait pas trop gêner ce dernier, bien au contraire) pour appartenir au monde du doom, néanmoins la qualité des morceaux de Run to the Light n’exclue pas le groupe du statut de parrain du « permis métal super-lourd ». Alors même si cette « Born In A Prison » est en-deçà du level général, les tueries « Peace Of Mind », « Tuesday’s Child » (mention spéciale à Wagner pour ses modulations impressionnantes) ou « The Beginning » (LE morceau doom de l’album) ainsi que les morceaux cités plus haut suffisent à se remplir la panse de heavy métal sans à avoir à se perdre en court de route avec un peu moins de quarante minutes de riffs en plomb.
Le Chicago band trouvera ensuite sa voie avec un vrai premier album éponyme de stoner/doom mais surtout, ne crachons pas sur cette période de transition qui fut éprouvante pour lui et tout aussi importante voire plus que les albums à venir. Une simple et honnête « nostalgie du passé », rien de plus.

Laurent.

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