Pantera – The Great Southern Trendkill

Genre: power metal  ®1996

Une part de nous accepte le statut de légende des pères du power métal américain, Pantera, pendant que l’autre aurait souhaité que ce groupe ne voit jamais le jour. La répercussion de ses bébés sur le métal est irréprochable mais nous, les fans, n’aurions jamais eu à subir la dramatique disparition de Dimebag ce 8 décembre 2004. Si je vous parle de ça maintenant, c’est parce que The Great Southern Trendkill est l’album qui me fait le plus penser à cet anti-guitar hero pour des raisons qui seront évoquées plus tard.

Suite à la sortie du monolithe Far Beyond Driven, des tensions surgissent au sein de la formation notamment à cause du comportement de Phil qui nuit sérieusement à la structure de la formation que l’on pensait solide. Ses nuits à trainer dans les bars pour oublier ses douleurs dorsales au lieu de s’impliquer dans l’écriture d’un nouvel album ne plaît guère à ses camarades, d’autant plus que le lascar vient d’enregistrer le premier album de Down, side-projet de sludge metal avec son pote Pepper Keenan de Corrosion Of Conformity. De ces déboires finit par naître The Great Southern Trendkill, enregistré dans leur Texas natal sauf en ce qui concerne Phil Anselmo, parti s’exiler à la Nouvelle-Orléans dans les studios de Trent Reznor (Nine Inch Nails).

Fils d’un groupe désormais instable, TGST est l’opus le plus sombre du groupe aussi bien dans son ambiance oppressante que dans son thème principal, la déchéance de la drogue. Phil l’a bien compris et n’hésite pas à s’exprimer dans « Suicide Note pt.1 », un des seuls moments de répit de ce disque. Car outre cet ballade, c’est de la furie qui en émane. Une furie qui sort des tripes, servant de moyen d’exterioriser les démons et c’est nous, auditeurs, qui en subissont les affres et ce dès « The Great Southern Trendkill » encore plus rentre-dedans que ne l’avait été « Strength Beyond Strength ». Le morceau est si violent qu’il en est presque inaudible mais on aime malgré tout, on adore car le jeu de Dimebag n’a rarement été aussi expressif. Une nouvelle fois étoffé par Terry Date, le son de cet album est parfait, un peu trop même car très compact, toutefois il parvient à apporter leurs lettres de noblesse à ces onze morceaux.

Sans entrer dans un contexte « commercial », si crédité de la population métallique, à la différence de ses aînés, The Great Southern Trendkill ne contient pas vraiment de « hits » mais se contente d’offrir des morceaux de qualité dans un contexte plus intimiste. Si le couple basse/batterie a gardé de sa superbe sans vraiment évoluer, c’est à Phil et à Dimebag que l’on doit le plus sur ce disque. Le premier confirme qu’il est un braillard hors-pair, premier responsable des ambiances les plus excitantes de Pantera, tandis que le second ne cesse de sous-accorder sa Washburn non pas pour participer à la course du gros son mais pour élargir un jeu de guitare en constante évolution. La technicité du bonhomme a permis aux tueries « War Nerve », « Drag The Waters » et « Living Through Me » de voir le jour avant que n’arrive l’un des plus beaux morceaux des Texans, la pseudo-ballade « Floods ». Et en conclusion, pas question de faire dans la sérénité: Pantera a accouché d’un de ses titres les plus violents avec « The Underground In America » et son désaccordage en Sol inédit à ma connaissance en 1996, repris sur « Sandblasted Skin » juste après.

Faisant fi de tous les courants émergents, Pantera n’a qu’un but: continuer de nourrir des affamés de métal en utilisant sa propre marmite tout en y ajoutant des ingrédients nouveaux. Une chose est sûr, les groupes qui lui doivent tout ne lui arriveront jamais à la cheville et ce peu importe l’affection qu’on peut éprouver pour eux. Un disque à part dans cette belle discographie dont l’évolution m’a autant surpris que celle d’un groupe de thrash brésilien sur lequel on reviendra. Sssssur cccce, ssssssssssalut…hm… gentil le serpent!

Laurent.

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Une réflexion sur “Pantera – The Great Southern Trendkill

  1. Yeah, I’m going with the majority and say that no one can reacple Phil. I don’t like Phil, I think he’s a douche bag, but I just couldn’t imagine Pantera without him singing. His voice is as much a part of Pantera as Dimebags riffs.

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