Iam – L’Ecole du Micro D’Argent

Genre: rap français              ®1997

Attention, les Samouraïs de Marseille envahissent nos contrées armés de leurs sabres dans l’unique but de couper court aux préjugés envers le rap. Non en vérité, cette tâche m’a été attribuée puisqu’en tant que métalleux ayant toujours refusé de vivre dans l’intégrité, le sujet ne m’est pas inconnu. Et en ce qui me concerne, il n’y a pas meilleur exemple que le troisème album d’Iam, L’Ecole du Micro D’Argent pour démontrer ô combien les débuts du rap français étaient d’une qualité cent fois supérieure à celle de la plupart des productions récentes. Succédant au culte Ombre Est Lumière (1993) dans lequel on retrouve les ultra-tubes « Le Feu », devenu hymne pour stades et « Je Danse Le Mia », qui a popularisé avec la Fonky Family le rap funky typique des rappeurs marseillais, une alternative au son plus brut des Parisiens.

Fin 1996, Akhenaton, Shurik’N, Kheops, Freeman, Kephren et Imhotep s’envolent pour New-York afin d’enregistrer l’album de la consécration aux Studios Greene Street. Dénué des influences funk qui ont fait le succès du groupe, L’Ecole Du Micro D’Argent marque un tournant frappant et révèle un groupe au talent insoupçonné, confirmant pour le coup son statut de référence du rap français. Plus marqué par les claviers que par des scratchs intempestifs et des rythmes dansants, ce troisième opus s’attaque à des sujets sérieux comme la prostitution (« Chez le mac », « Elle donne son corps avant son nom ») ou plus généralement les mauvais côté de l’Homme (« Regarde »,  « L’Enfer » sur lequel ont été invité Fabe et le défunt East, « Un Cri Court Dans La Nuit » abordant les histoires de meurtres nocturnes avec leur ami Nuttea). Malgré le penchant plus sombre de ce disque, le groupe n’a pas délaissé l’humour qui le caractérise: « Quand tu allais, on revenait » dénonce le piètre talent de certains MC’s et « L’Empire Du Côté Obscur » balance des vérités en faisant référence à l’univers de Star Wars. Côté émotion, trois titres remplissent parfaitement leur mission: « Petit Frère » où ShuriK’N et Akhenaton résume les déboires de la jeunesse urbaine, « La Saga » qui retrace aux côtés de trois gus du Wu-Tang Clan (Dreddy Krueger, Timbo King et Prodigal Sunn) leurs premiers pas dans le rap et ce qui est pour moi et beaucoup d’autres la meilleure chanson de cet album, « Demain C’est Loin », qui du haut de ses neuf minutes dresse un portrait terrifiant de la « vie de banlieue ».

Album aux paroles aussi percutantes que les instrus qui les accompagnent, L’Ecole Du Micro D’Argent impose sa marque dans le milieu du hip-hop et devient disque d’or seulement deux jours après sa parution. Deux récompenses lui sont attribuées aux Victoires de la Musique, ce qui renforce le respect de millions de fans venant d’horizons musicaux diverses. Une oeuvre charnière, maintes fois imitée mais jamais égalée.

Laurent.

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