Nirvana – In Utero

Genre: grunge                     ®1993

Tiens, tiens… En deux ans d’activité, nous n’avons pas encore eu l’occasion de parler du groupe le plus influent des années 90, celui que certains idolâtrent tandis que d’autres l’ont toujours trouvé surestimé. Il est vrai que la presse a toujours mis l’intouchable Nevermind (1991) au premier plan alors que Pearl Jam et Soundgarden ont sorti la même année les extraordinaires Ten et Badmotorfinger. De ce fait, cette pseudo-frustration me pousse à ne présenter que l’ultime album studio de Nirvana, In Utero, la réponse ultra-sincère de Kurt Cobain face au succès inassumé du deuxième album. Moins pop que ce dernier mais plus accessible et travaillé que Bleach, In Utero se veut plus intimiste aussi suite aux différents problèmes du frontman avec la drogue et la justice.

Produit par Steve Albini (Slint, Pixies), ce troisième opus enregistré en une semaine aux studios Pachyderm écope d’un son énorme, beaucoup plus crade et grungy. Volontairement moins promu à la demande du trio, In Utero, distribué par Geffen Records, obtient malgré tout un succès considérable grâce à une bonne pelleté de « tubes » formatés malgré eux pour la radio. « Heart Shaped Box » n’a décidément rien à voir avec « In Bloom » ou « Come As You Are » mais l’hymne est bien là tout comme « Dumb » rappelle qu’on aime aussi Nirvana pour ses ballades simples mais mémorables. Les quatre accords de « Rape Me » en font l’un des morceaux les plus percutants notamment son sujet qui traiterait (affaire encore floue) d’un viol où le violeur aurait marmonné la chanson « Polly » à la victime, tout comme les infusions de « Pennyroyal Tea » si chères à Cobain évoquées dans un morceau au refrain difficilement oubliable. Une chose à ne pas omettre, les racines punk sont toujours là avec les explosives « Very Ape » et « Tourette’s » en totale contraddiction avec « Scentless Apprentice » sur laquelle l’infatigable Dave Grohl a participé pour la première fois à l’écriture d’un des morceaux les plus lourds du trio de Seattle. L’album se conclut sur ce qui est pour moi le plus beau morceau de toute leur discographie, la semi-ballade « All Apologies », nominée aux Grammy Awards en 1995.

Plus investi que jamais, Krist Novoselic, Dave Grohl et Kurt Cobain accouchent d’un disque plus discret qui reste à ce jour mon préféré. Son statut d’album testament le place en chef de file d’un mouvement court de cinq années mais qui a marqué l’histoire du rock au fer rouge. Moins révolutionnaire mais incontestablement mythique.

Laurent.

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