Black Sabbath – Black Sabbath

Genre: heavy metal/blues     ®1970

Trois groupes sont responsables de la mutation du rock’n’roll vers le heavy metal: Led Zeppelin, Deep Purple et Black Sabbath. Les trois étant fortement influencés par le blues sur leurs premiers albums, il est difficile de désigner celui qui fut le premier à avoir réellement fait un pacte avec le Diable. Mais la légende veut que les Anglais de Black Sabbath soient à l’origine du metal en raison de l’utilisation du triton par le guitariste Tony Iommi, dont la main droite a été amputée de deux doigts. Cet accident a poussé le musicien a forgé un jeu personnel qui est à l’origine du son Black Sab’.

Il n’aura fallu que trois jours pour mettre Black Sabbath en boite au studios Trident de Londres. Pour Bill Ward (batterie), Geezer Butler (basse), Ozzy Osbourne (chant) et Iommi, c’était hors-de-question de revenir cinquante fois sur un même plan, il fallait à tout prix enregistrer les meilleurs titres avec le plus de spontanéité possible. L’album sort le 13 février 1970 et choque le monde par sa noirceur et sa violence toutes deux inédites. Il n’est pas le premier Black Sabbath qu’il m’ait été offert d’écouter, la place revenant au monstre Paranoid, donc le choc n’eut certainement d’égal que celui des pauvres oreilles de l’époque en revanche la qualité des compositions et le statut de certaines pièces au rang de mythes est indéniable. Nous sommes actuellement le 28 juillet 2012 et en quarante ans d’existence du heavy metal, peu de morceaux ont autant dérangé que « Black Sabbath » dont le riff ultra-lourd irritant jusqu’au plus profond des oreilles reste l’un des plus efficaces en son genre. La suite de l’album ne définit pas autant le style définitif du groupe, car ce dernier nage encore dans les eaux troubles -sans pour autant parler de manque de personnalité- des poids lourds du hard rock. « Behind The Wall Of Sleep » ou « Evil Woman, Don’t Play Your Games With Me » sont assez proches de Deep Purple tandis que « The Wizard » et la pièce « Warning » lorgnent du côté de Led Zep’. « Regardez-moi cette andouille qui ose comparer Black Sabbath au hard rock » penseront certains d’entre-vous mais c’est malheureusement plus fort que moi puisque comme je l’ai dit plus haut, tous ces groupes ont des racines communes dans le blues (d’ailleurs, « Warning » et « Evil Woman » sont des reprises, comme l’avait fait Led Zep’ sur son premier opus). C’est un peu moins vrai pour « N.I.B »(ards!), LE « tube » de Black Sabbath avec ce chant à l’unisson avec le riff de guitare et pour « Sleeping Village » dont les influences (encore?!) Jethro Tull pour qui Iommi a été guitariste pendant une courte période en font le morceau le plus technique du lot. Reste que les sept morceaux de cette première oeuvre sont savoureux et ont le mérite d’être les premiers d’une longue liste de références en plus de faire découvrir un chanteur atypique à la face du monde dont la voix nasillarde résonne toujours sur les planches: Ozzy Osbourne, surnommé The Prince Of Darkness.

Ne cherchez pas 100% de heavy metal sur Black Sabbath. Pour cela, adressez-vous à leur plus gros succès et chef-d’oeuvre Paranoid sorti seulement quatre mois plus tard, mais ce serait passer à côté d’un rock déjà bien lourd et fort bien construit, même si le meilleur à mes yeux reste à venir.

Laurent.

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