Smashing Pumpkins – Mellon Collie And The Infinite Sadness

MellonColliegenre: genre, il y a un genre?          ©1995

Un des doubles-albums les plus vendus dans l’histoire du rock a été composé et interprété par les Smashing Pumpkins, ces mêmes jeunots de Chicago qui deux ans avant la sortie de leur oeuvre majeure en 1995 ont marqué les 90’s avec un autre bijou, Siamese Dream, confirmant le talent de l’infernal Billy Corgan pour pondre des morceaux emplis de classe et d’énergie. Le grand changement entre ces deux monolithes s’effectue lors de la composition, car là où la mégalomanie de Corgan le poussa à composer seul Siamese Dream dans sa quasi-intégralité, l’ambiance entre les membres correspond davantage à l’idée de « groupe » pour Mellon Collie And The Infinite Sadness, chaque musicien contribuant à l’écriture ou à des idées par-ci par-là, notamment la bassiste D’Arcy Wretzky et James Iha qui a enfin la possibilité de laisser exprimer sa guitare sur les solos. Et bien sûr au-delà de la qualité, il y a la quantité: deux albums basés sur le concept du Crépuscule (Dawn To Dusk) et sur celui de la Nuit (Twilight To Starlight).

Dawn To Dusk

Le plus accessible. Clairement, le premier skeud contient la plupart des plus gros hits de toute la discographie des SP, à savoir l’enchanteresse « Tonight, Tonight », « Zero » et son riff mythique ainsi que « Bullet With A Butterfly Wings », un des rares morceaux rock à avoir toujours la cote après avoir inondé les fréquences radio pendant des années. Outre les singles, Dawn To Dusk propose une belle palette de titres axés sur la mélodie comme « Here Is No Why » ou « Muzzle », sans parler de la pièce « Porcelina Of The Vast Oceans » qui de ces neuf minutes et vingt-deux secondes laisse sans voix à chaque écoute. En parallèle, les SP révèlent un penchant metal, pas des moindres quand on subit la puissance dégagée par « Jellybelly » et « An Ode To No One » sur lesquels Jimmy Chamberlin s’éclate à fond sur sa batterie et s’impose en tant qu’élément fondamental de la réussite de ce double-album, tandis que « Love » démarre l’ère de l’électro-rock pour le groupe qui prédominera sur le prochain opus Adore (1998).

Twilight To Starlight

De nature plus expérimentale, le disque number two contient des titres beaucoup moins connus du grand public hormis la ballade « 1979 », surement en raison de sa grande concentration de ballades qui laisse moins de place à l’énergie comme sur le premier, bien que le bal soit ouvert avec deux titres métalliques, la sombre « Where Boys Fear To Tread » et la très sombre « Bodies » qui installent une angoisse inhabituelle contrastant avec le passif plus jovial du combo. N’en suit qu’une question de goût, mais les titres calmes « In The Arms Of Sleep », « Stumbleine » et la brochette finale de quatre titres m’ont toujours paru lourds à côté du missile atomique « Tales Of A Scorched Earth » et des autres titres heavy. Seules « 1979 » et « Thru The Eyes of Ruby » représentent bien l’esprit de l’ensemble du double-album à mes yeux, et c’est pourquoi malgré l’aura qui plane autour de lui, Siamese Dream reste à la première place du podium.

Une réalisation majeure qui a marqué l’histoire du rock alternatif, rejoignant ainsi London Calling (1979) ou The Wall (1979) au rang des double-albums d’anthologie. Une production parfaite , une diversité rarement exploitée avec autant de brio, dégageant la formation de cette étiquette grunge un peu réductrice (mais encore approuvée par les fans têtus comme moi) et donnant naissance à une nouvelle ère après la mort de Kobain en 1994. Je conseille vivement une entrée en matière avec Dawn To Dusk pour celles et ceux qui n’auraient jamais eu l’occasion de se pencher sur le groupe, encore plus qu’avec Siamese Dream, plus centré sur le shoegazing et tout simplement moins fédérateur. Et pour un peu que vous soyez tristes, vous trouverez en Mellon Collie And The Infinite Sadness le repère idéal qui vous aidera, je l’espère, à trouver du réconfort.

Laurent.

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