The Velvet Underground & Nico

Velvet Underground - Velvet Underground and Nicogenre: ovni intemporel                   ©1967

Il y a un début et une fin à tout. Le grand Lou Reed nous a quitté le 27 octobre 2013 à l’age de 71 ans, laissant derrière lui une histoire vieille de 46 ans. Quelques années avant « Perfect Day » (1972), en 1967, le new-yorkais sort son premier album avec ses comparses du Velvet Underground à savoir John Cale (basse, piano, alto), Sterling Morrison (guitare) et Maureen Tucker (la batteuse qui joue debout), tous les quatre accompagnés d’une invitée, l’actrice allemande Nico imposée par Andy Warhol pour chanter sur quelques titres au grand désarroi de Reed.

L’extravagance d’Andy Warhol n’est pas inconnue du public puisqu’il est l’un des instigateurs du pop art. Les psychotropes sont ingurgités par poignées au sein de la Factory, et la méthode de composition classique (batterie+basse+guitare+chant) se transforme en un fourre-tout sonore qui va donner un grand coup de pied dans la fourmilière. Mis à part les morceaux chantés par Nico (« Femme Fatale », « All Tomorrow’s Parties », « I’ll Be Your Mirror ») et l’ouverture « Sunday Morning », l’album est un déluge de sonorités dissonantes sur lesquelles Lou Reed pose un phrasé évoquant les méfaits de la drogue (la garage-rock « I’m Waiting For The Man », « Heroin ») sans non plus la discréditer, ou le sadomasochisme (« Venus In Furs »). Certains titres laissent place à des solos de guitare qui n’ont pas l’air d’en être tel « Run Run Run » ou l’interminable « European Son » qui achève le tout dans un chaos absolu entraînant l’auditeur dans une spirale infernale sans jamais lui laisser l’occasion de fuir.

L’année 1967 sonne le déclin de la pop jouée par des fils à papa. Jim Morisson incarne l’antipode du costume-cravate souriant et statique, les Beatles se laissent pousser la barbe et jouent la carte de l’expérimentation avec brio, Jimmy Hendrix cloue tout le monde au mur avec son jeu de guitare ultra-saturée et atypique. Échec commercial en raison d’un différent juridique obligeant son retrait des bacs quelques semaines seulement après sa parution (et non pour une question d’avant-gardisme incompris), The Velvet Underground & Nico servira néanmoins d’exemple en terme de liberté artistique pour les générations à venir. Des géants comme Iggy Pop, David Bowie ou Sonic Youth doivent énormément à ce disque considéré comme le point de départ des mouvements glam, punk, new wave, goth et noise. Bien que difficilement abordable pour les amateurs de musiques populaires, il est indéniable de ne pas considérer « l’album à la banane » comme un incontournable.

Laurent.

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