Slayer – Divine Intervention

Divine Intervention

genre: thrash metal            ©1994

Le cap de 1990 a été franchi pour les Californiens de Slayer, développant leur popularité là où beaucoup d’autres groupes de thrash se cassent la gueule ou prennent des directions complètement différentes histoire d’assurer leur pérennité au beau milieu de l’explosion du metal alternatif. Le death metal se développe sous plusieurs formes, le black metal symphonique débarque pour écraser la concurrence extreme, en gros le seul moyen pour Slayer de faire parler lui serait de faire autre chose que du thrash démoniaque. Que nenni. Le départ de Lombardo ne change pas la donne, le groupe ayant choisi le frappeur Paul Bostaph de Forbidden en remplacement, il n’est pas question de vendre son âme à Dieu pour avoir une chance de finir sa carrière au Paradis à faire slamer les petits anges. Toujours en partenariat avec le maître Rick Rubin, Slayer résiste bel et bien à l’envahisseur alternatif en ne modernisant que très peu son thrash metal, les techniques d’enregistrements ont certes évolué depuis la sortie de Seasons In The Abyss (1990) mais le quatuor reste égal à lui-même avec une ambiance toujours aussi sombre et ce don pour casser les tympans des petits novices.

Toujours aussi infernale, la musique de Divine Intervention renoue avec la spontanéité de Reign In Blood (1986) et s’avère beaucoup plus violente qu’on ne peut se l’imaginer. L’album défile à une vitesse incroyable sur ses courtes trente-six minutes, Paul Bostaph est un batteur hors-pair tout comme son prédécesseur, Hanneman et King s’en donnent à coeur-joie au niveau des riffs et des soli et les tripes d’Araya ont préservé leur force. En revanche, si on décide de garder tout de même un pied sur Terre, il faut reconnaître que pour la première fois, la production ne valorise pas assez efficacement le travail de Slayer. Hormis le mixage parfait de la batterie, les guitares ne sont pas assez mises en avant et la basse quasi-inexistante ce qui n’insuffle pas l’énergie habituelle qui prend aux tripes. Cependant, un morceau comme le terrassant « Dittohead » passe outre cette tare légère mais ce n’est malheureusement pas suffisant pour porter l’album sur un piédestal.

Gâché par une production à la ramasse, Divine Intervention n’en reste pas moins un bon album de Slayer au niveau de l’inspiration et de l’exécution. L’album parvient tout de même à faire parler de lui malgré la popularité croissante de formations comme Sepultura ou Pantera qui revisitent le thrash metal en y incorporant du groove. Un ultime succès avant le début des controverses, qu’est-ce qu’ils nous emmerdent ces « trve » metalheads, hein, tout est de leur faute. Ou presque. La suite au prochain épisode.

Laurent.

Line-up: Tom Araya (chant/basse), Kerry King (guitare), Jeff Hanneman (guitare) et Paul Bostaph (batterie)

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