Avenged Sevenfold – Nightmare

Genre: Heavy-thrash mélodique               ® 2010

Plus communément appelés A7X dans la communauté Métal, les Californiens d’Avenged Sevenfold reviennent en 2010, 3 ans après un album éponyme qui n’a certes pas fait l’unanimité chez les fans mais qui m’a personnellement convaincu.

Commençons, dans la plus grande logique, en rappelant que le groupe à perdu son batteur d’exception Jimmy Sullivan en décembre dernier, énorme tragédie d’où en résultera l’écriture de ce Nightmare quelques mois après. Alors, comment le groupe va-t-il pouvoir continuer sa carrière après ce coup dur? La réponse est la contribution d’un des plus grands batteurs de tous les temps, le frappeur assassin de Dream Theater, Mike Portnoy. Et oui, celui-ci s’est lui-même proposé d’épauler la formation.

Entrons donc dans le vif du sujet. Mais qu’en est-il donc de cet album? Ma première impression: l’artwork de la pochette, très sombre, correspond à merveilles au titre de l’album.

Concentrons-nous sur la musique: pour ma part, je suis conquis! Riffs accrocheurs comme à la première heure, solos mélodiques, double-pédale qui défonce. Autant vous le dire, hormis « Nightmare » (et encore), je vous invite à enlever l’attribut « commercial » de votre esprit. Les morceaux sont bien structurés, on s’en rend compte dès le premier titre, « Nightmare », qui fait office de premier single. M. Shadows crache toujours sa hargne avec son timbre authentique, et nous offre comme à l’accoutumé des passages de chant clair agréables. Et les titres s’enchaînent sans véritables complexes:  « Welcome to The Family » et son super solo, « Danger Line » et son intro qui me fait immédiatement penser à celle de « Blinded In Chains » sur City of Evil (2005), « Buried Alive » qui me fait penser, peut-être à tort mais tant pis, à une balade de Metallica époque Ride The Lighting, les puissants et rapides « God Hates Us » (après son intro mélancolique) et « Natural Born Killer » qui font office de bulldozers et n’ont rien à envier au mythe de Pantera,  « Fiction » et sa ligne de piano terrible, qui  a été enregistré peu avant le décès de Jimmy, on peut d’ailleurs entendre ce dernier chanter tout le long du morceau, et bien sûr le morceau qui clôt l’album, « Save Me », long de ses 10:52, qui représente à lui seul l’énorme potentiel des Californiens.

Je ne vous cacherais pas que les trois autres morceaux que sont, « So Far Away », « Victim » et « Tonight The World Dies » m’ont laissé un léger goût amer, faute d’émotions surement. Mais celà n’engage que ma personne.

Il vous faudra probablement plusieurs écoutes pour que vous puissiez profiter des nombreux détails techniques. A7X a fait un véritable pas en avant en se diversifiant davantage, et je trouve vraiment dommage que les puristes leur rigolent au nez, en les accusant de « vendus ». Non, A7X ne fait pas de la musique pour vendre, mais bien pour donner une approche un peu différente du métal, ce que le groupe accomplit efficacement depuis 2001.

Laurent.

Iron Maiden – The Final Frontier

Genre: Heavy progressif                        ® 2010

D’abord un petit récapitulatif: Iron Maiden est un des groupes les plus influents de la scène Métal depuis la fin des années 70. La Vierge de Fer a pris l’habitude depuis ses débuts de pondre un album environ tous les deux ans, à la plus grande joie de son immense fan club. Une discographie à l’identité propre, n’hésitant pas parfois à prendre certains risques: rappelez vous la transition entre le heavy-speed de The Number of the Beast (1982) et Powerslave (1984) et l’approche prog de Seventh Son of the Seventh Son (1988) puis d’un son plus lourd sur Fear of the Dark (1992) pour ne citer qu’eux.

En 2010, la bande à Steve Harris (bassiste et seul membre d’origine) continue sa lancée avec un Final Frontier dans la droite lignée de son successeur A Matter Of Life And Death (2008), qui n »a pas vraiment atteint le succès attendu par le côté inaccessible des compos. Alors, me direz-vous, qu’à de si spécial ce dernier brûlot des Anglais?

Ce dont par quoi je commence, c’est de dire que c’est ce qu’à fait de mieux la formation depuis Brave New World (2000) qui marquait le retour de Dickinson au micro et également du heavy qui faisait fureur dans les années 80. Oui mais là, FF, pour faire plus court, n’est pas un retour aux sources. Il s’agit d’un concentré de la discographie du groupe, un son lourd mélangé à un speed teinté de prog. Et cela pour le plus grand bonheur des fans, et du mien donc.

Petit point sur la pochette: Eddy s’est métamorphosé au fil des années, perdant ses cheveux et son côté emblématique pour devenir une chose encore plus difforme et inhumaine. Bref, passons.

FF débute avec un « Satellite 15… » divisé en deux parties: la première met en oeuvre une ligne de batterie où s’ajoutent des sonorités spatiales, et fait office d’intro à l’album,  puis la seconde démarre avec un riff typique Maiden, auquel s’ajoute la voix de Bruce. En plus de ces évolutions rafraîchissantes et bienvenues, trouve-je, la patte Maiden est reconnaissable. Des mélodies efficaces (« The Alchemist »), des atmosphères celtiques (« When the Wild Wind Blow »), des refrains accrocheurs (« El Dorado », « Mother of Mercy »), bref les zickos sont au top, hormis peut-être un Dickinson fatigué, surtout dans les aigüs, mais ce n’est qu’un infime détail qui ne me fera pas changer d’avis sur ce terrible opus. Harris fait dans le groove martial, Nicko, le frappeur aux mimiques hilarantes en live, se la joue Portnoy et c’est très bien comme ça, et les trois guitaristes apportent une touche aérienne à l’ensemble.

The Final Frontier est une réussite. Grâce à ses multiples facettes, le groupe franchit une nouvelle fois un cap sur le plan artistique et temporel. Pour certains il faudra plusieurs écoutes pour s’imprégner de la recette, pour d’autres elle fera mouche instantanément. Je suis aussi très curieux de savoir ce que pourrait donner FF sur scène, étant donné la complexité de sa structure. Mais pour l’instant, c’est bien l’album qui nous intéresse, cet album qui tourne en boucle sur ma platine, et qui me procure les frissons attendus. Maiden 4 Ever.

7,5/10

Laurent.