Orgy – Vapor Transmission

Genre: néo-métal industriel     @2000

Jay Gordon est un extra-terrestre. En dehors de son application excessive de fond de teint qui ne vise même pas à le rendre androgyne, ce soit-disant citoyen américain est la tête pensante d’une formation qui avait tout pour être portée aux sommets des grandiloquences musicales. Après un premier album enregistré à la va-vite et aux influences NIN encore trop évidentes, il est temps pour le monde de découvrir l’énorme pas en avant effectué par Orgy en 2000.

Toujours en pacte avec Warner suite au succès du premier opus sur le continent américain, le groupe a cette fois pris le temps de réfléchir à une orientation plus personnelle de sa musique notamment au niveau du son, car son leader est un incroyable alchimiste dans ce domaine. Et il faut dire que ces sonorités particulières collent formidablement à cet album-concept, qui conte une espèce de voyage inter-galactique et les différents trames qu’y subit le vaisseau.

Mais le plus intéressant dans l’histoire, c’est que Vapor Transmission est une machine à tubes en puissance. Le terme est un peu fort, mais les douze titres qui succèdent à l’introduction sont un vrai régal, d’autant plus qu’ils ne se ressemblent pas spécialement, pourtant il y règne comme une homogénéité comme si à chaque fois une étape du voyage était interprétée. Les influences New Order et Manson sont encore présentes, mais les compositions sont tellement emplies de petits détails accrocheurs qu’il n’est pas nécessaire de compter sur quelconque comparaison pour se faire une opinion.

Parmi les titres les plus percutants, on peut citer «The Odyssey», «Eyes-Radio-Lies» et «Fiction». Petite anecdote, on peut remercier le producteur Aaron Spelling d’avoir permis à Orgy de jouer «Opticon» dans un épisode de Charmed, qui a fait connaître le groupe au-delà des frontières du pays de l’Oncle Sam. Aucun des titres n’est à jeter, car le dosage entre puissance et mélodie est parfaitement maîtrisé. Ambiance moins sombre mais structure plus professionnelle que sur Candyass, c’est ainsi qu’on peut définir ce deuxième effort.

Pour ceux qui y verrait un parallèle avec Linkin Park: observez les dates de sorties, vous constaterez que Hybrid Theory est sorti deux semaines après Vapor Transmission, et c’est cet événement qui a freiné l’envol d’Orgy au niveau international, alors que la bande à Mike Shinoda n’a pas plus innové dans le métal moderne si ce n’est qu’en ayant réalisé un album entièrement taillé pour la radio (pas mauvais, mais excessivement «accessible»).

Vapor Transmission est à écouter pour tout amateur de métal industriel qui met un pied dans le nü-métal, la douceur de la voix organique de Gordon vous fera frémir autant que la lourdeur du son synthétique. Comment s’en passer? Enterrez-vous dans une crevasse, car vous tenez entre vos mains un élément hyper-addictif qui va squatter votre playlist quotidienne jusque mort s’en suive.

Laurent.

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