Rammstein – Mutter

rammstein-mutterGenre: metal DEÜTSCH!!                ©2001

Rammstein fait partie des groupes les plus adulés par les amateurs de metal en Europe et tout particulièrement en France. Nos cousins Germains (haha…) doivent ce franc succès aussi bien à des prestations scéniques époustouflantes qu’à un don pour composer des titres phares. Une vérité qui a perduré une dizaine d’années suivant la formation avant une légère dégradation de la cote de popularité en raison d’une succession d’albums manquants de tubes et de concerts moins spectaculaires. Qu’en est-il tout compte fait du mythe Rammstein dans nos coeurs dix ans après la sortie de Reise Reise? La réponse récurrente est la suivante: Herzeleid, Sehnsucht et Mutter, soit trois premiers albums indémodables cités dans n’importe quelle discussion chez les moins de 30 ans concernant les premiers disques de metal écoutés en boucle.

Pour la majorité, Herzeleid (1996) et Sehnsucht (1997) restent les références ultimes en raison de ce metal indus simple, incisif et viril. En ce qui me concerne, c’est Mutter qui mérite la première place du podium pour sa richesse et sa prétention d’être authentique, là où les deux premières productions ne différaient pas vraiment de celles de Oomph! ou de Megaherz -toujours les mêmes comparaisons emmerdantes, et ouais!- à quelques détails près. Alors que les States nous inondent avec ses groupes mélangeant metal indus et néo, Rammstein prend tout le monde de court avec un album orchestral, écopant d’un son juste énorme et dévoilant entre autres des performances vocales insoupçonnées chez Till Lindermann. « Mein Herz Brennt » inaugure le voyage avec un metal symphonique qui casse littéralement avec le passé des six. Toutefois, l’ère du riff répété n’est pas révolue, en témoigne « Links 2-3-4 » et son riff pompé au « Just One Fix » de Ministry (allez vérifier, c’est assez drôle quand on s’en aperçoit), « Spieluhr » ou « Rein Aus » qui ne font cependant pas partie des titres les plus marquants malgré des refrains travaillés. La véritable force de Mutter se situe dans les titres moins indus (mais non-dénués d’éléments indus) comme les ultra-tubesques « Ich Will » et « Feuer Frei » -B.O de « XXX », encore une superbe musique dans un film de merde, une vieille manie américaine- ou les sensuelles « Sonne », « Adios », « Nebel » et bien sûr « Mutter », DAS ballade allemande natürlich.

Dernier opus à faire -pratiquement- l’unanimité chez les fans de Rammstein, Mutter est le fruit de six hommes au sommet de leur art, avec une réelle ambition de créer leur aura et non d’aller se servir dans la music business. Produit une nouvelle fois par Jacob Hellner, connu également pour son travail remarquable sur les disques de Clawfinger, cette troisième offrande n’a pas fini d’être écoutée lorsque rien de neuf ne se présente à nos oreilles. Un bouche-trou? Non, « l’album au foetus mort » est bien plus que ça, il est tout simplement exceptionnel mais notre intégrité nous pousse à ne pas trop l’admettre en public de peur de passer pour un novice. Qu’est-ce qu’on peut être naze, par moments… nein?

Laurent.

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