Machine Head – Through The Ashes Of Empires

Machine_Head_-_Through_the_Ashes_of_Empiresgenre: Machine Head                    ©2003

Comment retrouver une certaine notoriété après n’en avoir fait qu’à sa tête? Telle est la question que s’est posée Robb Flynn après avoir constaté l’échec commercial de Supercharger (2001). L’écart entre la cote de ce dernier et de Burn My Eyes (1994) étant beaucoup trop important, il fallait resserrer les vis avant de tomber dans le désintérêt complet des fans. Quelques temps après la sortie du quatrième opus, le guitariste Ahrue Luster annonce son départ pour rejoindre les hispano-américains d’Ill Niño en remplacement de Marc Rizzo. Sur le coup, Flynn a l’intention d’enregistrer un nouvel album sous la forme d’un trio avant de reconnaître que Machine Head ne peut fonctionner qu’à quatre, c’est alors qu’il contacte son vieux compagnon de Vio-Lence, l’excellent Phil Demmel pour le poste de second guitariste qui accepte le poste peu avant l’enregistrement du cinquième rejeton. C’est ainsi que sort fin décembre Through The Ashes of Empires en guise de merveilleux cadeau de Noël.

Sans déconner, personne ne s’attendait à une telle bombe atomique. Seuls les quelques fans de la période néo espéraient quelque chose de potable de la part du groupe qui a finalement trouvé un compromis idéal: pas de grosses innovations mais un concentré des quatre premiers disques, ni pompé sur Burn My Eyes ni trop dans la lignée de la période néo. Robb Flynn a retrouvé sa voix puissante, et les passages en voix claire sont beaucoup mieux maîtrisés. Le frontman s’est également chargé de la production lui-même, secondé au mixage par l’habituel Colin Richardson pour un son toujours plus énorme. « Imperium » inaugure le bal avec un riff mastodonte et signe le retour des sonars ainsi que du thrash metal qui nous avaient tant manqués, suivi par « Bite The Bullet » à la structure très simple, une version améliorée de Supercharger. Ce qui est génial avec cet album, c’est son aisance pour alterner entre le power thrash des débuts et Supercharger sur un même titre (« Left Unfinished », « All Falls Down », « Wipe The Tears ») sans faire froncer les sourcils. Question nouveautés, le groupe se la joue presque doom sur « Elegy » et se permet des écarts metal alternatif façon Papa Roach (« Days Turn Blue To Gray ») ou metalcore (« Seasons Wither »), toujours les deux pieds dans la crédibilité. « Vim » est le seul titre franchement moyen, un power thrash classique très inspiré Pantera manquant du petit « plus » des autres morceaux. Pour finir, deux titres assassins avoisinant les sept minutes, « In The Presence Of My Enemies » et « Descend The Shades Of Night » qui annoncent le début de l’ère des morceaux à rallonge chez MH, avec la dose de mélodies et de riffs mortels qui vont avec.

Un coup de maître de la part d’un groupe qui a su retrouver ses marques sans faire dans la redite ni en suivant quelconque mode. Plus qu’un album de transition, Through The Ashes Of Empires est un des travaux les plus excitants de toute la carrière de MH de part sa diversité et sa capacité à surprendre par moments. Dernier cri de génie avant deux albums techniquement parfaits mais manquant cruellement de charmes.

Laurent.

Line-up: Robb Flynn (chant, guitare), Adam Duce (basse), Dave McClain (batterie), Phil Demmel (guitare).

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