Beck – Mellow Gold

Genre: folk indé                    ®1994

Mellow Gold est le premier véritable album de Bek David Campbell alias Beck (à ne pas confondre avec le guitariste Jeff Beck). Une guitare bon marché sous la main, une inspiration débordante et quelques samples ont permis à ce premier effort de devenir un monolithe de la musique indépendante. Puisant ses influences dans le folk, la country, le blues, le rock, le hip-hop et le noise, Beck réalise un album alien en cette année 1994 propice à l’émergence de genres nouveaux.

Le bonhomme peut se vanter d’avoir créer un style: le sien. Un minimum de moyens pour un maximum de sensations, c’est ainsi qu’on pourrait résumer le génie créatif du personnage. On ne présente plus le tube interplanétaire qu’est «Loser», qui reste aujourd’hui le plus célèbre grâce à son refrain inoubliable «Soy un perdedor, i’m Loser baby, so why dont you kill me?». Des innovations aussi impressionnantes que perturbantes («Fuckin With My Head», «Whiskeyclone», «Beercan», la trash «Mutherf*cker»), une guitare à l’accordage douteux pour pondre des ballades entraînantes comme «Pay No Mind» ou «Nitemare Hippy Girl».

L’ombre du lo-fi et de la contremesure commerciale (malgré la signature chez Geffen) plane sur Mellow Gold, on pourrait presque parler d’anti-musique, un enchaînement de notes qui paraît presque toujours improbable mais qu’on ne peut s’empêcher de revisiter à haute fréquence. Pas aussi complet que son successeur mais surement le plus représentatif de l’esprit déjanté de l’artiste. Culte.

Laurent.

Rococo – Bedtime Story

Genre: folk-pop                     ®2011

Ayant imposés leur marque pendant les premières parties de Da Silva et Pony Pony Run Run sous le patronyme d’Idol, les Rococo finissent par dévoiler leur premier album en 2011. Le point fort de ce trio français composé de François Poggio, Pierre Lavandon et de la charismatique Eléonore Jouy est de pondre des mélodies mémorables avec rien d’autre que quelques sonorités électro, une guitare folk et bien sûr cette voix envoûtante d’une justesse rare. Bedtime Story apporte une certaine fraîcheur dans ce paysage musical contemporain jouant les chiens qui se mordent la queue avec un surplus d’artifices inutiles et souvent néfastes quant au bien fondé de la musique acoustique.

Les influences britanniques sont perceptibles et ce dès l’entraînante « Misunderstood Love ». Le tube annoncé, « Honeymoon in Jail », sonne déjà comme un futur hymne de la French touch.  En matière de petite perle, « Pop Idol » apporte son lot d’efficacité, grâce au flow irrésistible de la chanteuse ainsi qu’à ce rythme reggae intelligemment pensé. En vérité, il n’y a aucun mauvais morceau, pas même le duo avec Etienne Daho « Baby Please » que l’on aura bêtement pensé très soporifique avant de découvrir ces petits nappes de claviers fort relaxantes et nullement ennuyeuses.

Préparez-vous à écouter Bedtime Story en boucle quelques soient vos horizons musicaux car l’inspiration plane tout au long de ce bijou.

Laurent.