Silent Force – Infatuator

Genre: Power progressif         ® 2001

Infatuator fut à sa sortie la transition idéale entre la magie du Infinite de Stratovarius et la frénésie du Between Heaven and Hell de Firewind. Après un premier album bien construit mais manquant cruellement de personnalité, que l’on classera comme un ersatz de Judas Priest dont l’influence est majeure chez Silent Force, les allemands accouchent donc d’une galette plus directe et riche en mélodies accrocheuses. Dc Cooper se donne à coeur joie dans les aigus, toujours proches d’un Rob Halford mais sans jamais vraiment jouer la concurrence afin de préserver un charisme typique tout au long de l’album.

Dès « Infatuator », le groupe ne cache pas son amour pour les anglais qui nous aura même concocté une reprise du « All Guns Blazing », présent sur Painkiller, tout à fait à la hauteur. Son puissant, rythmiques martelantes, l’album détient des hymnes comme « Fall Into Oblivion » particulièrement excitant, ou les plus mélodiques « Promised Land » et « We Must Use The Power » dans la veine des meilleurs morceaux de Sonata Arctica.

Histoire de varier la donne, une trilogie-concept a été incrustée en plein milieu de l’album: « Cena Libera », petit interlude qui pourrait faire la B.O d’un péplum des années 50,  l’épique »Gladiator » de son solo dantesque et « The Blade » qui, bien que pas très différente du reste, parvient à finir avec efficacité cette parenthèse antique.

Le tempo diminue sur la fin pour laisser place à « Last Time » à la recette pas nouvelle (le « tududu, tududu de la basse), peut-être le seul bémol de l’album bien que le solo soit d’une beauté mordante. « World Aflame » est très heavy, très Judas aussi mais avec une dextérité très distinctive. Et « In Your Arms » fait office de ballade qu’on aurait aimé voir au milieu de l’album, quand on voit comment le groupe a su l’orchestrer, avec la présence d’une voix féminine qui s’ajoute à la voix déjà prenante de Cooper. Cerise sur le gâteau, un morceau instrumental inspiré du flamenco (on pense à Yngwie Malmsteen en plus soutenu tout de même) finit l’album en nous mettant une bonne claque dans la tronche de ses une minute quarante-cinq, on aurait aimé un prolongement de ce couple guitare-claviers terrible, mais bon ce n’est jamais bon de trop en demander.

Pari rempli pour les teutons, Infatuator est un très bon disque de heavy à deux doigts de l’excellence, car si l’esprit Judas est quasiment présent, le talent fait que le groupe mérite une reconnaissance pour la qualité intrinsèque de l’orchestration. A défaut de mettre en avant une certaine personnalité, le groupe s’est montré très créatif, ce qui place cet album en lead dans la discographie de Silent Force. Juste délicieux.

Laurent.

Evil One – Militia of Death

Genre: Heavy-thrash                        ® 2010

Militia of Death est le deuxième réel méfait de nos compatriotes frenchies d’Evil One, si l’on ne compte pas les trois premiers passés totalement inaperçus. Le public découvrit il y a un peu plus d’un an un album sorti de nulle part, Evil Never Dies (2009), qui attira immédiatement la curiosité de la presse métal: un son particulier, un chant heavy bien maîtrisé, des riffs inventifs, des solos mémorables, soit un cocktail explosif d’éléments qui ne peuvent susciter que notre attention.

Il est évident que le groupe à décider de se surpasser: une magnifique pochette signée J.P Fournier, également concepteur des albums d’Edguy, d’Immortal, de Dragonforce et j’en passe, est un excellent plus à la brochette d’invités conviés pour accompagner la milice de la Mort: Jeff Waters d’Annihilator impose un solo dantesque sur le titre d’ouverture éponyme, juste histoire de nous en mettre plein la vue au bout de cinq secondes, Betov d’ADX en fait autant sur « Straight To Hell », Gerre de Tankard accompagne Fred au chant sur « Militia of beer » et Herman Franck d’Accept, responsable du mixage de l’engin, apporte aussi un solo sur « Suicide Fanatics ». De quoi en faire vibrer plus d’un!

Là où son prédécesseur était résolument speed-trash, Militia of Death, comme son nom l’indique, possède un côté plus lourd directement issu du death,  qui se fond à des rythmiques rapides qui elles n’ont pas disparues pour autant puisqu’elles font toute la caractéristique du combo. Speed (batterie) se consacre entièrement à son instrument, laissant Fred explorer les vocaux rauques en plus de son chant heavy, ce qui donne une nouvelle couleur en plus à l’ensemble. La reprise d’Accept « Fast As A Shark« , issu de l’album Restless and Wild (1982), est tonitruante, presque mieux que l’originale un tantinet vieillotte aujourd’hui.

Avec un tel succès à l’étranger (et en France), nos trasheurs sont voués à devenir une future icone du métal. Félicitations.

8/10

Laurent.

En l’absence de vidéo du groupe sur le web, je vous propose un très bref trailer de l’album qui ne sort que le 8 Novembre:

Helloween – 7 Sinners

Genre: Heavy-Speed                            ® 2010

Helloween, LE groupe précurseur du speed mélodique et ses 25 années d’activité. Aussi mythique que non-médiatisé, le groupe teuton a pondu des chef d’oeuvre qui ont changé la face du métal, à savoir Keeper of the Seven Keys – Part 1 et Part 2 qui apportèrent en 1987 un côté « happy » à notre univers bien aimé.

Pourtant le groupe s’est un peu laissé allé durant la décennie 90’s, nous pondant les quelques albums bien fades que sont Pink Bubbles Go Ape (1991), Chameleon (1993),  The Time of the Oath (1996) et Metal Jukebox (1999). On retiendra tout de même les acclamés Master of The Rings (1994)  et Better Than Raw (1998) avec sa magnifique jaquette. C’est alors qu’en 2000 le groupe nous pond The Dark Ride, album que je porte personnellement dans mon coeur car très sombre et direct. Mais le groupe est à ce moment au bord de l’implosion, suite à l’échec commercial de leur dernier effort, et les tournées promos se font bien rares, ce qui n’arrange en rien la donne. Il aura fallu attendre trois longues années avant un retour aux sources avec Rabbit Don’t Come Easy (2003) qui, bien que non dénué de défauts, a relancé la machine Helloween. Nouveau line-up stable, le power-mélodique joyeux était de retour.

Jusque ce 7 Sinners, dont j’étais impatient de découvrir le contenu. Evidemment, je m’attendais à du power mélodique comme on en ramasse à la pelle aujourd’hui,  et c’est alors que j’entend Dani Löble marteler sa batterie à laquelle s’ajoute un riff bien heavy sur « Where The Sinners Go », et un Andi Deris qui n’avait jamais chanté de la sorte. Le morceau est prenant, et je me refuse à cracher sur un tel inattendu.

On reconnaît la patte Helloween, on a affaire à un album loin d’être bâclé et puissant, avec un côté martial très présent. Il n’y a qu’à écouter « Are You Metal ? », « Long Live The King » ou « Raise The Noise » pour s’en rendre compte, ainsi que les plus rock’n’roll « You Stupid Mankind » et  « The Sage, The Fool, The Sinner« . Les mélodies sont aussi au rendez-vous, avec « Who Is Mr. Madman ? », World of Fantasy », « If A Mountain Could Talk » et « My Sacrifice », où les deux guitaristes Michael Weikath et Sascha Gerstner excellent aussi bien dans les rythmiques que dans les envolées solistes. En revanche on retiendra moins les ballades « The Smile On The Sun » et  « Not Yet Again » qui auraient pu être mieux fournies en énergie. Et en guise de final, le groupe nous conte une fable épique, « Far In The Future », qui deviendra surement un classique d’ici quelques années voire mois.

Un travail honorable de la part d’un groupe d’une telle envergure: une prod’ de qualité, des titres qui s’enchaînent sans accrocs (je ne compte pas les deux « ballades », qui passent plus inaperçues qu’autre chose). On a même le droit à un artwork des plus classes, mention spéciale à notre petite citrouille adorée qui, à l’inverse du Eddy de Maiden, a conservé son charme depuis Walls of Jericho (1985). Le power allemand a encore son mot à dire, et je ne vois nul autre que Helloween qui puisse encore réunir modernité et empreinte musicale de manière efficace.

7,5/10

Laurent.