Sin – Sin

Genre: Electro-pop                    ®2010

Initialement encré dans la tradition folk, le duo norvégien refait surface après treize longues années de silence où il aura pris le temps de nous concocter un deuxième album qui suit parfaitement l’ère de son temps.

L’ensemble est très varié, les scandinaves ont pris le soin de ne jamais donner l’impression d’écouter deux fois le même morceau, avec comme meilleur exemple le trio de tête constitué de l’atmosphérique « The Postman » , de l’experimentale « A Romantic Dinner for Three » et de la petite perle accrocheuse « It’s Up to You ». Assurément, c’est la joie et la bonne humeur qui émane de Sin. Des mélodies innocentes de « Moaners »,  « Elverum » et de la plus radiophonique « 2nd Thoughts » à la profondeur de plages moins accessible mais non moins excellentes que sont « Crystal Red » ou « Too Much to Ignore », c’est le carton plein.

Un peu de douceur dans ce monde de brutes… Sin est l’exemple même de ce qu’attend les passionnés de musique en général; digne fils de Radiohead, The Radio Dept. et de Phoenix, la sauce ne peut que prendre aux tripes. Un des albums pop de l’année.

8/10

Laurent.

Michael Jackson – Michael

Genre:  World-Pop                ®2010

Le 25 juin 2009 aura probablement apporté l’une des nouvelles les plus bouleversantes de l’Histoire de la musique contemporaine: le King of Pop, seul et unique artiste apprécié de tous les horizons musicaux, s’est éteint dans des conditions qui demeurent aujourd’hui encore suspectes.

Un peu plus d’an succédant la tragédie, le label interplanétaire Sony Music diffuse le titre « Breaking News » puis annonce finalement qu’un nouvel album a été secrètement concocté avec des morceaux piochés dans les archives de la star qui furent enregistrés entre 2007 et 2009.

Outre les nombreuses polémiques faites autour d’une néanmoins possible « course au bénéfice » du label français, il est clair que c’est un plaisir de retrouver une trace du défunt auteur-compositeur-interprète, ceci dit ce Michael n’a pas vraiment la pointure d’un Off the Wall ou d’un Thriller. Déjà que pas mal de fans ont été déçus par le virage électro d’Invincible manquant plus de ça énormément de mélodies accrocheuses, alors il aurait été judicieux de séléctionner davantage de titres proches de ce qui nous intéresse chez notre MJ bien-aimé.

C’est donc un medley de sa discographie que nous proposeMichael, avec pour commencer du bon: retour vers le futur avec « Hollywood Tonight » et « Breaking News » qui renouent avec l’énergie de l’époque Bad/Dangerous, et les sessions émouvantes avec des ballades comme seul Bambi sait en pondre répondent également à l’appel avec « Keep Your Head Up » et le court titre final « Much Too Soon ». « Another Day » en duo avec Lenny Kravitz armé de sa Flying distinctive fait également office de tube en puissance.

Et donc pour le reste… On se passera volontiers de la mièvrerie qui s’en dégage. Le duo avec Akon « Hold My Hand » n’a aucun but si ce n’est de squatter les ondes radios de sa facilité déconcertante, et mou plus de ça. « The Way You Love me » est le plus supportable des mauvais titres, mais manque cruellement d’émotion à cause de l’effet sur la voix de Michael, dommage. Quant aux deux titres restant, ils sont d’une lourdeur déconcertante, faute d’ingrédients qui auraient pu être mieux exploités: flow très superficiel de 50 Cent sur « Monster » et instru incomplète sur « Behind the Mask ».

750 millions d’albums vendus à travers le monde, un chiffre qui ne grossiera guère avec les ventes de cet album posthume. Malgré quelques moments forts qui pourraient vraiment nous mettre la larme à l’oeil, l’ensemble est bien trop terne, de plus que le scepticisme s’est imposé chez les fans qui ont vraiment doutés d’une réelle implication de MJ dans l’enregistrement de ces dix titres. Même si le doute s’est peu à peu éteint, seuls les inconditionnels (pour ne pas dire les « fanatiques ») trouveront leur compte de A à Z dans ce nouvel épisode du King of Pop.

Il est hélas parti bien trop vite, et il n’y a malheureusement pas grand monde dans cet univers pop qui peut se vanter d’avoir récupéré le flambeau, mais il nous aura tout de même laissé cinq premiers albums fabuleux qui traverseront indéfiniment les époques, ça ne fait aucun doute. R.I.P, vieux frère, et lançons un petit « Smooth Criminal » en ton honneur.

5,5/10

Laurent.

 

Yodelice – Cardioid

Genre: Folk-pop                             ® 2010

Maxim Nucci alias Yodelice est un des rares artistes français dont, depuis deux ans, la renommée internationale ne cesse de monter en flèche. Après un Tree of Life en 2009 qui lui a valu une Victoire de la musique grâce à son tube « Sunday with a Flu », notre star national revient avec neuf titres tout frais et dans une ambiance qui mêle mélodies entraînantes et univers sombre.

Dès les premières notes de « Breathe In », on ne s’attend pas trop à un telle texture sonore, qui rappelle sans conteste les oxfordiens de Radiohead: basse légèrement claquante et chant dans les tons mélancoliques, avec intégration de sonorités orientales sur la deuxième moitié du morceau, très bonne ouverture plutôt inattendue.  Puis retour à la pop qui a fait le succès du chanteur avec le single « More Than Meets The Eye », plutôt simple(t) mais pas vraiment à renier car Yodelice à un anglais plus que potable pour un frenchie, et ça passe encore mieux sur les arpèges de « Lady in Black » ou sur le piano du futur deuxième single « My Blood is Burning ». Petite approche expérimentale avec « Experience » qui est loin d’en être une puisque rien n’est à jeter dans ce morceau, qui précède « Five Thousand Nights », également futur single possible puisqu’il bénéficie de la présence de la comédienne Marion Cotillard, puis un peu de détente avec « Wake me Up » avec son nom trompeur et « Picture Perfect ».

L’album se finit comme il a commencé, sur un morceau sombre et expérimental de quinze minutes, « Monkey’s Evolution », qui renforce l’idée que ce jeune homme issu de Créteil a tout pour jouir de sa renommée méritée, il ne suffit pas systématiquement de remplir ses albums de titres pop électronique ou aux mélodies trop faciles, un peu de recherche dans la construction des morceaux peut valoir à un artiste comme Yodelice de toucher un public que l’on penserait inaccessible à première vue. Non mon grand, toute peine mérite reconnaissance, et tu as la mienne pour tout ce travail établi sur ce Cardioid. Chapeau bas.

8/10

Laurent.