Metallica – Master Of Puppets

Genre: thrash                      ®1986

Dans la famille « overdose d’un album de Metallica », on demande Master Of Puppets. Il est certain que bon nombre d’entre vous vont se dire qu’il ne faut pas être net pour se lasser d’un album comme Master Of Puppets et vous auriez plutôt raison puisqu’après tout, ce troisième album des Mets est encore considéré comme une des plus grandes pièces de la musique par bon nombre de metalheads. Pourquoi donc aller à l’encontre de la majorité absolue? Peut-être bien parce que je ne suis pas net, et ce statut d’arriéré me pousse aujourd’hui à lui préférer les albums suivants. Mais outre ce point de vue complètement subjectif, loin de toute pensée parasite, il me faut reconnaître que Master Of Puppets  a beaucoup tourné dans la platine et que c’est, en toute objectivité, un sacré disque.

Fin 1985: même studio que pour Ride The Lightning (1984), même co-producteur aussi, tout va pour le mieux chez les Four Horsemen en plein enregistrement de leur plus gros succès à ce jour: Master Of Puppets. Ce dernier écope d’une production monstrueuse rarement égalée pour un disque de thrash metal ainsi que d’une superbe illustration de Don Brautigam en guise de couverture. Cette fois, ce n’est pas neuf mais huit morceaux, dont quelques uns font partie des plus longs de la carrière de Metallica, qui constituent MOP. Que pourrais-je bien dire de plus que vous ne sauriez pas? Que « Master Of Puppets », le plus gros hymne du combo et certainement leur morceau le plus repris, ne doit pas faire de l’ombre à des « Welcome Home (Sanitarium) », « Lepper Messiah » ou « Damage Inc. » tout aussi magnifiques? Que Kirk Hammet fait de magnifiques solos? Que Lars Ulrich, malgré sa frappe unique, est toujours aussi médiocre? Enfin bref, sinon comme d’hab’, les confettis sont réservés à l’instrumental nommé ici « Orion », composé par un Cliff Burton toujours plongé dans ses bouquins.

Un album génial, parfait ou quasi-parfait dont la suprême a fini par avoir raison de mon ressenti. Des titres qu’on entend à presque toutes les attentes de concerts ou en soirée dont on ne fait plus attention -on, c’est moi, bien entendu- parce que la surenchère fait que trop de bonnes choses tuent les bonnes choses. Je finis même par le trouver surestimé par rapport à bien des oeuvres dans le metal mais bien entendu, il n’est nullement question d’essayer de dégoûter qui que ce soit à des fins personnelles, car Master Of Puppets représente l’apogée du savoir-faire de Metallica avant le, pour ma part, très classe …And Justice For All. Il est aussi le dernier disque enregistré en compagnie de l’irremplaçable Cliff Burton. « MASTER! MASTER! »… ouais, ouais, ouais, on a compris!

Laurent.

Metallica – Ride The Lightning

Genre: thrash                            ®1984

Quelques mois après la sortie de l’intrépide Kill ‘Em All (1981), les Mets s’envolent pour Copenhague afin de mettre en boite des titres enregistrés dans la foulée de leur premier album aux Sweet Silence Studios de Flemming Rasmussen. Epaulés par ce dernier, les « Four Horsemen » produisent eux-même leur deuxième progéniture et bouclent ainsi neuf titres qui n’ont pas grand chose à voir avec la fougue habituelle du heavy, marquant alors le début d’une histoire d’amour entre le thrash et des éléments progressifs qui vont faire passer Metallica pour des intellos à la différence de leurs comparses de Slayer ou du thrash new-yorkais. Plus proche de Rush et de la NWOBHM que du punk hardcore, Ride The Lightning est moins direct que son prédécesseur néanmoins le thrash y est exploité de façon à donner un son plus lourd sans perte d’agressivité.

Terrifiante, cette chaise électrique perdue dans un chaos total. James Hetfield a toujours défendu la peine de mort et le chanteur a décidé d’en faire le thème principal de ce disque d’où son intitulé. Rassurez-vous, en écoutant tranquillement RTL (pas la station de radio, enfin!) dans votre fauteuil, il ne court aucun risque d’électrocution, en revanche le coup de foudre au sens figuré est instantané avec l’intro acoustique de « Fight Fire With Fire » et la puissance de feu (c’est le cas de le dire!) de sa rythmique. Le coup de fusil est donné, nous voilà donc parti pour cinquante minutes d’extase d’un métal à la fois sincère et peaufiné au millimètre où se croisent pour la première fois gros thrash saignant (« Fight Fire With Fire », « Trapped Under Ice ») et passages acoustiques, notamment la première semi-ballade des Mets et cultissime « Fade To Black ». Le quatuor a certes ralentit le tempo mais il n’est pas question de passer à côté du solo de « Escape », de l’écrasante « Creeping Death » au thème inspiré du film « Les Dix Commandements » (et deuxième morceau le plus joué par le groupe en live), de la complexe « For Whom The Bell Tolls » et encore moins à côté de l’instrumental « The Call Of Ktulu » dont la magnifitude n’a d’égale que les autres instrumentaux des Mets.

Point d’ancrage d’une série d’albums qui va porter Metallica sur les devants de la scène metal en général, Ride The Lightning est tout comme ses deux successeurs, un des albums les plus appréciés de leur discographie.  Il n’est pas celui que je préfère en revanche la qualité qui s’en dégage force mon admiration et le place aux côtés de Bonded By Blood (1984, Exodus) parmi les premiers albums de thrash les plus marquants.

Laurent.

Metallica – Kill ‘Em All

Genre: speed/thrash             ®1983

La véritable histoire de l’épopée du thrash metal commence ici. Né d’une fusion entre le punk hardcore (ex: Discharge) et la New Wave Of British Heavy Metal -elle même issue de Black Sab’ et Judas Priest- toute fraîche, le genre le plus « battant » du métal a fait ses premiers pas avec Metal Church, Overkill et Slayer mais c’est le premier album de Metallica, Kill ‘Em All, qui le popularise.

Aaaah, Metallica… Si vous saviez à quel point j’en ai ma claque d’entendre ce groupe cité partout et d’entendre toujours les même morceaux tourner dans les réunions métalliques. Il aurait facile de cracher sur le groupe de métal le plus célèbre justement parce qu’il est le plus célèbre, mais le fait est qu’en dehors de cette sur-notoriété, ce groupe a fait de bons disques. Des putains de disques, même. Pour l’instant, nous en sommes au stade où James Hetfield (chant/guitare rythmique), Lars Ulrich (batterie) et Kirk Hammet (guitare lead), alors en compagnie de Cliff Burton (basse) et dont la moyenne d’âge ne dépassait pas les 20 ans, excellaient dans le thrash, celui que le public acclame le plus en concert et redemande pour les rappels. Enregistré en seulement dix-sept jours au Music America Studio de Rochester et produit par Paul Curcio, Kill ‘Em All est de loin l’album le plus spontané de Metallica mais l’heure n’est pas encore à la personnalité prononcée, car tel le groupe l’a affirmé au cours de plusieurs interviews, l’influence des british de Diamond Head a été cruciale pour la carrière des Mets qui leur doivent tous ces titres ultra-rapides et bien rythmés.

Bien entendu, au-delà de la comparaison se cache un talent fou bien démarqué pour un premier album. Non seulement la prod’ est loin d’être aussi pourrie que celle des premiers Venom ou de Show No Mercy de Slayer sorti trois mois plus tard mais nos quatre zicos’ font preuve d’une technicité rarement entendue jusque là. Paraît-il que Dave Mustaine, parti fonder Megadeth après s’être pris quelques baffes par Hetfield, a co-écrit la moitié des chansons de Kill ‘Em All. Laissez-moi vous dire ceci: on-s’en-tape! Après tout,  Hammet et Hetfield ont remis les choses au goût du jour et c’est très bien comme ça. « The Four Horsemen », futur patronyme du quatuor, est la preuve qu’il n’y a rien a regretter de tout ça avec ce gros break central mené par Burton et Hammet, tout comme « Whiplash » et la légendaire « Seek’N’Destroy » rentrent dans le tas avec un enchaînement de riffs nerveux et mémorables au même titre d’ailleurs que le morceau écrit en hommage à Motörhead, « Motorbreath ». Et je ne vous cacherais pour rien au monde ma préférence pour les morceaux instrumentaux de Metallica ici sous la forme d’un « Pulling Teenth » (Anesthesia) improvisé par le définitivement regretté Cliff Burton rejoint par le définitivement mauvais -mais à la frappe authentique- Lars Ulrich.

Première étape réussie pour l’un des pionniers du thrash metal dont le prochain album marquant le début d’une évolution vers un style plus progressif fera de lui le modèle des générations à venir. En attendant, si vous aimez les discours allant droit au but, il y a le choix entre Kill ‘Em All et/ou… St. Anger!

Laurent.