My Bloody Valentine – Loveless

Genre: shoegaze                         ® 1991

Le voilà, l’album ultime: le sacre, le monolithe, l’incommensurable et l’intemporel Loveless de My Bloody Valentine, entité qu’on pourrait écouter cinq fois en une journée pendant toute sa vie pendant qu’on tenterait surement en vain d’y déceler tous les mystères de ses sonorités complètement hors du commun.
Grosse polémique chez les médias à sa sortie, Loveless fut un échec commercial -ce fut plus ou moins la volonté de Kevin Shields, le génie du combo- car incompris du public qui vibrait déjà sur les traits plus minimalistes du grunge, du garage et de la new-wave qui sont justement les fondements de ce genre à part qu’est le shoegaze.

3 ans, c’est le temps qu’a consacré MBV à son génie créatif afin que tout soit parfait du début à la fin. Il lui aura fallu un budget de 250 000€ suivi de la ruine de son label Creation Records et de quelques ébats sexuels pour parvenir à ses fins. Et quel final! Le groupe a donné le meilleur de lui-même, si bien que Shields fut en mal d’inspiration par la suite et cessa alors toute activité créative pendant plusieurs années après la sortie de Loveless.

Ces irlandais, inspirés par le noise de Sonic Youth et des Jesus and Mary Chain, et par la pop, ont crées un son inédit sur cet opus. Là où son prédécesseur Isn’t Anything (1988) était encore très encré punk, les murs de son de Loveless générés par les Fender Jaguar du couple Butcher/Shiels ont définitivement classé le quatuor dans le mouvement noisy-pop qui s’opposait aux codes de la musique contemporaine. Les voix se mêlent aux instruments pour former une structure inaudible et en même temps d’une finesse mélodique qu’aucune éloge ne pourrait définir.

A la première écoute, l’auditeur prétend qu’il s’agit du même morceau pendant cinquante minutes, alors qu’en vérité chaque morceau à sa fibre et plus précisément son taux de saturation, du gros son de « Only Shallow », de « Loomer », de « Sometimes » ou de « Soon » aux claviers de « Touched », morceau composé par le batteur qui est ironiquement le seul ne contenant pas de batterie, ou de « Blown a Wish ». Problème réglé après quelques écoutes attentives quand on ne connait pas le genre, qui nous fait rapidement réaliser que la formation est bien plus que du rock alternatif et qu’elle est le signe d’une ère nouvelle.

Ce dernier déluge sonore, que l’on conçoit volontiers comme une des meilleures oeuvres de rock anglais des 90’s, est indispensable à tout contestataire de la musique dite commerciale et/ou accessible. Impossible d’en demander plus, car aucun album tous genres confondus n’est aussi complet en terme d’originalité et de spiritualisme, parce qu’en effet il y’a une âme qui nous imprègne à chaque écoute. Euphorie ou tristesse, ça n’a d’égal, Loveless accompagne n’importe quelle situation, et se permet carrément d’apporter à l’auditeur sensible une raison valable de vivre. Enfin, il est tout simplement le « Nevermind » de l’univers underground avec disons une affection bien moins scolaire que pour le trio de Seattle.

Une bombe atomique dévastatrice qui résonne toujours depuis 1991, et qui a engendré une vague d’artistes manquant rarement d’imagination où aucun album ne ressemble à un autre. Absolument fantastique de tout point de vue, un avènement sonore qui impose un respect jamais voué ailleurs. La perfection même.

Laurent.

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