NoFX – So Long & Thanks For All the Shoes

Genre:skate punk   ®1997

On va encore reprocher à ce site de préférer le punk des Bad Religion et compagnie aux légendes que sont les Dead Kennedys ou les Clash. Rappellons alors qu’ici, il n’est nullement question de parler d’intégrité et qu’il est vrai que le punk californien est le pêché mignon du genre grâce à des groupes tout aussi légendaires que les Descendents, The Offpsring ou NOFX. Un album comme ce So Long & Thanks For All the Shoes, à défaut d’avoir une pochette pas aussi politiquement incorrecte que d’habitude, mérite l’attention de n’importe quel punk pour le thème qu’il aborde:… le mouvement punk.

Actif depuis 1983, le groupe de Fat Mike (chant, basse) ne connait le succès qu’à partir de Punk In Drublic (1994), son album le plus vendu à ce jour. Entraîné par la vague skate-punk californienne, Heavy Petting Zoo (1996) confirme la position de leader du trio. En 1997 sort SLATFATS, connu pour la reprise des « Champs-Elysées » de Joe Dassin, qui dévoile un penchant encore plus mélodique et ska sans pour autant entraver les racines du combo. Appuyé par une production plus fine, le septième album studio de NOFX défile à vitesse grand V avec ses morceaux ne dépassant que rarement deux minutes et surtout sa multitude de hits qui ont fait la B.O idéale de longues heures passées devant les jeux Tony Hawk Pro’s Skater.

Alternant entre le pur punk californien de Bad Religion, le rock plus scolaire des Descendents et le ska, So Long & Thanks For All the Shoes n’apporte pas de révolution dans la musique de NOFX si ce n’est des sujets un peu plus sérieux -tout en dégageant un second degré festif- et des mélodies plus fouillées. Il reste à ce jour mon préféré du trio pour une question affective et celui qu’il est conseillé d’écouter en premier car plus accessible pour appréhender rapidement la musique de NOFX. Si vous avez déjà rangé vos skates, il n’est pas encore trop tard pour déambuler dans les rues avec So Long & Thanks For All the Shoes à fond dans les oreilles, au soleil, sous la pluie, à midi ou à minuit bien sûr!

Laurent.

Killing Joke – MMXII

Genre:post-punk/industriel    ®2012

Il ne faut quand même pas pousser mémé dans les orties: débourser quelques euros pour le dernier Killing Joke, ce n’est pas la fin du monde… comment? MMXII définirait de A à Z le Jugement Dernier selon Jaz Coleman? Pas tout à fait, ce serait plus tôt le sentiment qu’un évènement encore indéfinissable va bouleverser la vie telle qu’on la voit aujourd’hui. Mince alors, ça valait le coup de se faire flipper pour des pacotilles! Car on connait aujourd’hui le goût du frontman pour les thèmes occultes et foncièrement dénonciateurs. L’humanité n’est qu’un ridicule grain de poussière dans la spirale infernale du temps et MMXII est là pour nous le faire réaliser.

Ayant autant d’albums cultes (Killing Joke (de 1980), Night Time, Pandemonium) que d’albums ridicules (Ha, Wilful Days) a leur actif, les Londoniens se sont bien ressaisis depuis le très bon éponyme de 2003 en reprenant la route du post-punk mélangés à de gros riffs métalliques et de la pochette évocatrice (un crâne, une machine et une usine envoyant des fumées noires dans une contrée désertique, on comprend tout de suite le message!). Cependant depuis Pandemonium, MMXII est le premier album appréhendable en une écoute et il faut avouer qu’une telle simplicité manquait dans la musique de Killing Joke. Sans passer par un registre pop académique, ce quatorzième album studio se veut plus doux avec une production bien plus claire qu’à l’accoutumée et ce malgré le thème principal, à l’instar du premier single « In Cythera », pur post-punk dansant comme à la bonne vieille époque. Face à la presque techno « Rapture » et de « Trance », la concurrence goth allemande actuelle fait pâle figure, mais outre des morceaux pour boites de nuit, excellents soient-ils, Killing Joke a toujours le chic pour prendre aux tripes avec des rouleaux compresseurs comme « Glitch » ou la pesante « Fema Camp », fruits de la symbiose entre des rythmes martiaux et la voix singulière de Coleman. Et surtout, ne passons pas à côté de « Primobile », sorte de ballade dérangeante qui n’a pourtant rien d’une ballade mais dont l’ambiance qui s’en dégage est l’une des plus marquantes de l’album.

Maintenant, c’est l’heure de s’accrocher à son fauteuil: après toutes ces écoutes de ce monstre qu’est MMXII, il est évident que les Mayas passent pour des clowns avec leur ridicule calendrier qui s’achève le 12/12/2012. A moins qu’un supernova déboule du néant en l’espace de quelques mois (alors qu’il a fallu 5 milliards d’années à la Terre pour produire de l’oxygène), ce n’est pas demain la veille qu’on verra notre belle planète partir en cendres. En revanche, beaucoup de choses laissent prétendre que l’Homme a son avenir entre les mains, et on remercie encore une fois les Maîtres de l’industriel pour nous avoir exposé leur vision de l’avenir avec tant de talent. Bigre, frissons garantis.

Laurent.

Coldplay – A Rush Of Blood To The Head

Genre:pop-rock              ®2002

Il m’aurait été inutile de créer une catégorie « rock » sans passer par la case A Rush Of Blood To The Head de Coldplay, le seul album du quatuor parvenant à me faire oublier que ce dernier est trop souvent surestimé par rapport à bien de ses congénères britanniques de la même génération (Snow Patrol, par exemple). Cet excité de Chris Martin et ses acolytes avait déjà pondu un Parachutes (2000) mémorable avant ce deuxième album, un des meilleurs dans la catégorie pop-rock des années 2000. Quoiqu’en pensent les critiques professionnels et leur conventionnalisme à dormir debout, les albums suivants n’ont rien de plus dans le froc que AROBTTH avec leurs hymnes qui n’ont finalement aucun autre but que de faire chanter les stades. Bien sûr, on aime ou on déteste, mais puisqu’ici, il est plus question de passion pour la musique que d’albums écoutés à la va-vite et présentés pour faire le beau, on préfère mettre en valeur la période où Coldplay pondait des morceaux sincères et ne connaissait pas encore le remplissage.

Enregistré peu près les évènements du 11 septembre sous la houlette de Ian McCulloch, le leader et charismatique chanteur d’Echo & The Bunnymen , certains morceaux d’AROBTTH font sans réelle surprise penser au groupe du producteur. Une batterie bien mise en avant et des refrains aériens comme les anglais savent si bien en faire quand ils en ont la capacité. Les trois singles que sont « In My Place », « The Scientist » et « Clocks » sont encore aujourd’hui bombardés sur les ondes radio, et même si on en a un peu marre depuis quelques temps, il serait de mauvaise foi de réduire le chef-d’oeuvre à ces trois morceaux pourtant efficaces aux premiers abords parce qu’on ne peut tout simplement pas rester de marbre face à des perles comme « Politik », « God Put A Smile Upon Your Face » ou « Warning Sign ». Jon Buckland ne s’est jamais aussi bien servi d’une guitare (et donc aussi utile) que sur cet album, et ça s’entend sur « Daylight » et « A Whisper » avec leurs magnifiques mélodies empruntées aux Verve et (Echo & The Bunnymen, of course).

Cracher sur Coldplay est une faute impardonnable. Bien entendu, à partir de X & Y, il est possible de se demander en quoi le combo londonien est resté talentueux et inventif, mais il ne faut pas oublier qu’il l’a vraiment été un jour avec son deuxième disque et sa pochette indéfinissable. Une relève impressionnante de la Britpop morte à la fin des 90’s et qui souffrira brièvement d’une comparaison ridicule avec Radiohead, déjà à peine valable sur Parachutes. Merci de nous avoir laissé un joyau pareil et bonne continuation dans votre remplissage de stade. Ce sera sans moi et je loupe peut-être quelque chose, mais des spectacles, il y en a pour moins cher au Casino de Paris….

Laurent.