Pomegranates – One of Us


Genre: Dream-pop                          ® 2010

A mi-chemin entre les Pixies, My Bloody Valentine et Brian Eno, les Pomegranates ont l’intention de remettre au goût du jour la fibre du rock 90’s. Pari gagné avec ce One of Us qui nous offre un medley de ce qui se faisait le mieux à l’époque.

L’album regorge de petites perles entraînantes en officiant aussi bien dans la pop (le tube « 50’s », « Create Your Own Reality ») que dans l’ambient (« White Fawn », « Perception ») ou le rock alternatif (« Prouncer », « Anywhere you Go », « Demond », « Skull Cakin’), et on a même droit à un duo chant/piano sur la magnifique « Between Two Dreams ». Mention spéciale à la voix de Joey Cook, modulée de manière impressionnante tout au long de l’album.

Je ne pourrais trop vous conseiller de l’écouter, à condition d’aimer l’univers underground, mais je souhaite fort à ces américains d’étendre leur notoriété en Europe.

Laurent.

Kylesa – Spiral Shadow


Genre: Sludge                                  ® 2010

Cinquième album des ricains de Kylesa qui succède à un Static Tensions acclamé par la critique et par ses fans par la même occasion, Spiral Shadow était donc attendu au tournant.

Le groupe écope du statut de « groupe à part » en 2006 avec l’intégration d’un deuxième batteur, Tyler Newberry, qui rejoint Laura Pleaseant (guitare, chant), Philip Cope (guitare, chant), Corey Barhost (basse, chant) et Carl McGinley (batterie). L’utilisation du flanger, du chorus et de saturations « ancestrales » fait aussi partie de la marque de fabrique de Kylesa qui n’hésite pas de temps à autre à saucer le tout d’une touche progressive.

Contrairement à ses prédécesseurs, Spiral Shadows est court (41 minutes) et donc accessible à un public large. Très axé doom/stoner 70’s et sludge bien évidemment, la formation à délaissé quelque peu son côté hardcore pour une approche plus psychédélique et posée, n’hésitant pas à côtoyer la new-wave glauque et planante des années 80, mais toujours avec un son de guitare brut présent. On retiendra des titres comme « Tired Climb », « Crowded Road », « Drop Out » et « Spiral Shadow » qui sont les meilleurs exemples de la direction prise par le groupe pour un album au final très intéressant car varié, parfois un peu trop si bien que le groupe donne l’impression de semer la confusion dans ses expérimentations, et en oublie la permutation chant féminin/chant masculin qui faisait mouche auparavant.

Rien de bien grave, Spiral Shadows reste un bon album de sludge quand on sait que ses influences remontent aux décennies antérieures, que peu de groupes savent aujourd’hui remodeler. Pas vraiment de déception, au contraire, mais on aurait quand même aimé un peu plus d’accroche comme sur son prédécesseur.

7,5/10

Laurent.

Yodelice – Cardioid

Genre: Folk-pop                             ® 2010

Maxim Nucci alias Yodelice est un des rares artistes français dont, depuis deux ans, la renommée internationale ne cesse de monter en flèche. Après un Tree of Life en 2009 qui lui a valu une Victoire de la musique grâce à son tube « Sunday with a Flu », notre star national revient avec neuf titres tout frais et dans une ambiance qui mêle mélodies entraînantes et univers sombre.

Dès les premières notes de « Breathe In », on ne s’attend pas trop à un telle texture sonore, qui rappelle sans conteste les oxfordiens de Radiohead: basse légèrement claquante et chant dans les tons mélancoliques, avec intégration de sonorités orientales sur la deuxième moitié du morceau, très bonne ouverture plutôt inattendue.  Puis retour à la pop qui a fait le succès du chanteur avec le single « More Than Meets The Eye », plutôt simple(t) mais pas vraiment à renier car Yodelice à un anglais plus que potable pour un frenchie, et ça passe encore mieux sur les arpèges de « Lady in Black » ou sur le piano du futur deuxième single « My Blood is Burning ». Petite approche expérimentale avec « Experience » qui est loin d’en être une puisque rien n’est à jeter dans ce morceau, qui précède « Five Thousand Nights », également futur single possible puisqu’il bénéficie de la présence de la comédienne Marion Cotillard, puis un peu de détente avec « Wake me Up » avec son nom trompeur et « Picture Perfect ».

L’album se finit comme il a commencé, sur un morceau sombre et expérimental de quinze minutes, « Monkey’s Evolution », qui renforce l’idée que ce jeune homme issu de Créteil a tout pour jouir de sa renommée méritée, il ne suffit pas systématiquement de remplir ses albums de titres pop électronique ou aux mélodies trop faciles, un peu de recherche dans la construction des morceaux peut valoir à un artiste comme Yodelice de toucher un public que l’on penserait inaccessible à première vue. Non mon grand, toute peine mérite reconnaissance, et tu as la mienne pour tout ce travail établi sur ce Cardioid. Chapeau bas.

8/10

Laurent.