L’album des retrouvailles entre les frères Godfrey, l’un DJ, l’autre guitariste-clavériste, et la somptueuse chanteuse Skye Edwards. Elle m’a bien manquée celle-là. Et je suis bien content de la retrouver!
Pour fêter ce rassemblement, le trio nous offre un cocktail délicieux du trip-hop qui a fait son succès, mais également des touches pop, électro et hip-hop, déjà présentes depuis Fragments of Freedom (2000)
Bonne accroche avec « Crimson » où l’on redécouvre avec grand plaisir le talent de la vocaliste-fondatrice du groupe, épaulé par des notes de synthés offrant cette ambiance si particulière du trip-hop (de Morcheeba, pardon!) S’en suivent les morceaux soutenus par la guitare sèche de Ross (« Even Though » et sa batterie entraînante, « I am The Spring »), et les grosses basses qui plaisent tant aux amateurs de musiques posées (« Blood Like Lemonade », « Self Made Man », mon morceau préféré pour l’instant, « Beat of the Drum »). On a même droit à deux instrumentaux plutôt classes (le lent « Mandala » et le très ancré hip-hop « Cut to the Chase »)
Bon retour pour les Britanniques donc, peut-être mon préféré après Who Can You Trust? (1996) et son tube « Trugger Hippie ». D’ailleurs, c’est un peu dur pour moi de trouver un tube potentiel dans ce Blood Like Lemonade, et c’est ça qu’est bon, ça me rappelle le Heligoland de Massive Attack, de l’efficacité sans jamais tomber dans la facilité. Loveyou Skye.
Nous y voilà. Il y’a maintenant 10 années de ça, LP sortait le révolutionnaire (ou pas, selon certains autres chroniqueurs) Hybrid Theory, album remplit de tubes qui a lancé pour de bon la vague Néo-métal du IIIè millénaire. Des grosses guitares, un chant rappé assuré par Mike Shinoda, accompagné des mélodies et hurlements du plus célèbre Chester Bennington, des scratchs et des samples à tout va balancés par Dj John Hahn. Les morceaux ne dépassaient pas les 3 minutes en général, mais ravivaient aussi bien les metalheads que les rappeurs cherchant d’autres horizons musicales. S’en est suivi Meteora en 2003, l’album le plus varié du groupe, avec un son encore plus énorme et un côté pop plus prononcé également.
En 2007, le groupe commence déjà à laisser tomber les guitares, et la sauce rap-métal qui faisait rage auparavant avec Minutes To Midnight, premier album difficilement digeste dans son intégralité, mais qui dans le fond n’est pas mauvais, question de goût en l’occurrence.
Il est temps maintenant de parler de ce A Thousand Suns qui tombe entre nos mains un peu comme un cheveu sur la soupe. Si les albums précédents étaient attendus depuis des mois, celui-ci n’a été annoncé qu’en août, de quoi se poser réellement des questions sur son contenu.
Un retour aux sources? Non, encore moins. ATS reprend les choses là où son prédécesseur les a commencés. Oui mais alors, pourquoi faire une chronique sur cet album, me direz-vous, et bien tout simplement parce que j’ai pris la peine d’écouter l’album, et à ma grande surprise, j’ai accroché. Je vous le dis tout de suite, les guitaristes se sont apparemment fait porter pâle, car on a nullement affaire à des morceaux rock. En fait, il est difficile de classer cet album. LP a évolué comme il l’entend, et non comme les puristes l’entendraient, « Lp sont des vendus, Lp ceci, Lp celà »
L’album commence avec deux morceaux qui m’ont parus inutiles, « The Requiem » et « The Radiance ». Ne durant pas plus d’une minute, on a affaire à un éparpillement de sonorités assez ennuyeuses il faut dire. Mauvais placement pour une accroche, pense-je. Bref, on peut passer pour s’arrêter sur le déjà plus travaillé « Burning in the Skies ». Et puis voilà l’album s’écoute tout seul, mais je pense qu’il serait plus efficace en tant qu’accompagnement d’un jeu vidéo que dans votre iPod. Des morceaux comme « When They Come For Me », « Blackout » ou encore « Wretches and Kings » correspondent très bien à ce profil.
Bon en gros il m’a personnellement plus intéressé que Minute to Midnight, pour son côté plus à l’arrache, moins médiatisé surement. A vous de voir ensuite.
Ah j’allais oublier, pour l’artwork, il s’agit d’une des pochettes les plus moches et impersonnelles que j’ai vu de ma vie. J’ai toujours pas fait le rapprochement entre le millier de soleils et cette tâche qui ressemble plus à un oiseau qui paraît s’être éclaté par terre en tombant de son nid (d’après mon imagination). Et encore, ce n’est qu’une ombre (ombre de quoi?!). Grrrr… enfin bref voilà j’assume, car je sais que le grand public ne verra surement pas les choses comme moi, et c’est tant mieux, ne les encourageons pas à rester dans cette oisiveté de la guitare, qui malgré mon affection pour cet album étrange, me font quand même bien défaut. A bon entendeur, donc.
« Mais d’où sort ce groupe? » Pour commencer, le nom de la formation n’a strictement rien à voir avec les norvégiens barrés de Mayhem, et encore moins sa musique. En 1999, le batteur des glam-métalleux Mötley Crüe, Tommy Lee (celui qui a piqué Pamela Anderson à Kid Rock), décide de monter un side-project « néo-métal » avec ses amis Stephen Perkins et Chris Chaney de Jane’s Addiction. Le premier album sort en 2000, mais sans succès, faute à une démarcation pas évidente. Il aura fallu donc attendre 11 longues années avant de voir ressurgir MoM en pleine forme.
Il faut savoir que le concept de cet album est basé sur la contribution de plusieurs fans anonymes ayant envoyé des pistes instrumentales à Tommy Lee, lequel a surement fait un tri dans tout ce brou-ha-ha.
Dès la fin de la première écoute, je n’ai pas hésité une seconde à rebalancer la sauce. La raison est que contrairement à son prédécesseur, APDA est varié, bourré d’influences et de clins d’oeil à des groupes célèbres. Il suffit juste d’écouter « Drunk Uncle Pete » pour se retrouver face à du Smash Mouth (B.O de Shrek) tout craché, mais accrocheur et doté d’un bon gros son. « Time Bomb » ressemble déjà plus à du rock alternatif ricain genre Semisonic, Third Eye Blind, pour ne citer que les bons. On a même le droit à du bourrin avec « Fight Song » qui rappelle Sevendust ou les premiers Static-X,et à de l’éléctro-pop avec « All I Wanna Do » et « Back to Before » qui pourraient presque cartonner dans les charts si le groupe sortait un peu de son terrier. Puis comme tout groupe de rock ricain qui se respecte, le groupe nous fait subir ici deux ballades vaseuses qui rappellent les derniers « tubes » de Linkin Park, ainsi « Louder » et « Blame » sont plutôt à oublier. Heureusement que des perles comme « 2 Ways » et « Take Me Off The Ledge » réhaussent vite l’estime de cet album, de même que « Only One » sur laquelle on croirait une alliance entre Chino Moreno des Deftones et Soundgarden.
L’album prend un virage électro que l’on ne remarquerait presque pas. « All I Wanna Do » trempe dans une ambiance sexuelle, avec des apparitions féminines au refrain, « Back to Before » sort tout droit d’une compilation electro/dancefloor, mais toujours dans l’univers « Tommy Lee », et « Party Instructions » balance un gros beat d’enfer où vient se coller une voix téléphonique pour un tout des plus funs. Retour au rock avec un « I Really Want You » rappelant vaguement le Kashmir des Led Zeppelin sur les couplets, avec un refrain détonant. APDA se termine avec un Let’s Go tout droit sorti des platines des 2 Many DJ’s et autres Basement Jaxx; dansez donc messieurs-dames, qui a dit que le rock n’était fait que pour les dépressifs, des groupes comme MoM savent apporter la bonne humeur là où elle doit avoir lieu d’être, chez moi en l’occurence.
Tout ça pour dire que Tommy Lee vient de montrer qu’il n’est plus à reconnaître pour son talent à inhaler une certaine substance blanchâtre depuis plus de 20 ans, et que force est d’admettre que le bougre a toujours su rester modeste dans son rock, en témoignent le délicieux Never A Dull Moment (2002), plus encré métal, et bien evidement ce A Public Disservice Annoucement qui, j’espère, va lui permettre enfin de se faire (in)justement reconnaître.