D’EspairsRay – Monsters

Genre: Métal industriel                             ® 2010

Les D’EspairsRay (désespoir/lueur) sont de retour avec un album qui révèle enfin leur vrai nature. Ni trop mélancolique, ni trop lumineux, les nippons ont sû doser parfaitement leurs influences récentes avec la rage du passé dans ce Monsters. On a affaire ici à du lourd, du sombre, à un bon gros son rock parfois métal mêlé à des beats électro et au chant torturé de Hizumi.

Le titre d’ouverture « Human-clad Monster » nous met tout de suite dans le bain avec son rythme effréné. Les titres qui suivent l’album sont de la même trempe. Le single « Death Point » est des plus classiques dans la forme mais reste des plus efficaces dans le fond, surtout grâce à la performance vocale de Hizumi. « Thirteen » est le morceau industriel par excellence: Tsukasa nous développe un martèlement assassin de ses fûts, où la rythmique se veut constante et entêtante.

On a le droit à un peu de fun avec « Love is Dead », titre un peu à part car plutôt « pop » mais qui a grandement sa place dans cet album, qui passerait crême dans une soirée dansante. « Devil’s Parade » est très typé Nü-métal, mais les riffs et sonorités accrocheuses sont toujours présentes. « Dope » est surement le titre qui, bien qu’entraînant, est le plus sombre.

Petit tournant avec « Falling » un peu dans l’esprit de Redeemer (2008), mais toujours avec cet univers ténébreux qui fait la force de ce Monsters. Les deux titres suivant sont dans la même trempe que « Falling », rien de bien particulier si ce n’est des rythmes toujours entraînants.

Le morceau qui termine l’album; « Abyss », débute en mélancolie pour monter en crescendo et donner un final intense, comme un adieu à la lumière pour une descente interminable dans les abysses à la rencontre des fameux monstres.

Un groupe un peu à part de la scène japonaise, qui malgré ses tenus excentriques, ne se revendique pas comme faisant partie du mouvement « Visual Kei », un peu comme ses compères de Dir en Grey, où les influences se rejoignent parfois. Album marquant de la carrière du groupe, juste bravo.

8/10

Laurent.

Avenged Sevenfold – Nightmare

Genre: Heavy-thrash mélodique               ® 2010

Plus communément appelés A7X dans la communauté Métal, les Californiens d’Avenged Sevenfold reviennent en 2010, 3 ans après un album éponyme qui n’a certes pas fait l’unanimité chez les fans mais qui m’a personnellement convaincu.

Commençons, dans la plus grande logique, en rappelant que le groupe à perdu son batteur d’exception Jimmy Sullivan en décembre dernier, énorme tragédie d’où en résultera l’écriture de ce Nightmare quelques mois après. Alors, comment le groupe va-t-il pouvoir continuer sa carrière après ce coup dur? La réponse est la contribution d’un des plus grands batteurs de tous les temps, le frappeur assassin de Dream Theater, Mike Portnoy. Et oui, celui-ci s’est lui-même proposé d’épauler la formation.

Entrons donc dans le vif du sujet. Mais qu’en est-il donc de cet album? Ma première impression: l’artwork de la pochette, très sombre, correspond à merveilles au titre de l’album.

Concentrons-nous sur la musique: pour ma part, je suis conquis! Riffs accrocheurs comme à la première heure, solos mélodiques, double-pédale qui défonce. Autant vous le dire, hormis « Nightmare » (et encore), je vous invite à enlever l’attribut « commercial » de votre esprit. Les morceaux sont bien structurés, on s’en rend compte dès le premier titre, « Nightmare », qui fait office de premier single. M. Shadows crache toujours sa hargne avec son timbre authentique, et nous offre comme à l’accoutumé des passages de chant clair agréables. Et les titres s’enchaînent sans véritables complexes:  « Welcome to The Family » et son super solo, « Danger Line » et son intro qui me fait immédiatement penser à celle de « Blinded In Chains » sur City of Evil (2005), « Buried Alive » qui me fait penser, peut-être à tort mais tant pis, à une balade de Metallica époque Ride The Lighting, les puissants et rapides « God Hates Us » (après son intro mélancolique) et « Natural Born Killer » qui font office de bulldozers et n’ont rien à envier au mythe de Pantera,  « Fiction » et sa ligne de piano terrible, qui  a été enregistré peu avant le décès de Jimmy, on peut d’ailleurs entendre ce dernier chanter tout le long du morceau, et bien sûr le morceau qui clôt l’album, « Save Me », long de ses 10:52, qui représente à lui seul l’énorme potentiel des Californiens.

Je ne vous cacherais pas que les trois autres morceaux que sont, « So Far Away », « Victim » et « Tonight The World Dies » m’ont laissé un léger goût amer, faute d’émotions surement. Mais celà n’engage que ma personne.

Il vous faudra probablement plusieurs écoutes pour que vous puissiez profiter des nombreux détails techniques. A7X a fait un véritable pas en avant en se diversifiant davantage, et je trouve vraiment dommage que les puristes leur rigolent au nez, en les accusant de « vendus ». Non, A7X ne fait pas de la musique pour vendre, mais bien pour donner une approche un peu différente du métal, ce que le groupe accomplit efficacement depuis 2001.

Laurent.

Stone Sour – Audio Secrecy

Genre: Métal alternatif                          ® 2010

Je commence par une remarque débile pour ouvrir les hostilités: il semblerait que le décès prématuré de Paul Gray (ex-bassiste de Slipknot) aie accéléré le processus de création des derniers albums des « side-projects » de l’hydre à noeuf têtes, à savoir le « Women and Children Last » (petit clin d’oeil au « Women and Children First » des dieux Van Halen) de Murderdolls et le Audio Secrecy de Stone Sour qui nous concerne actuellement. Cependant cette tragédie ne se ressent pas spécialement dans leurs compos respectives.

Voici donc le 3è album attendu de Stone Sour, qui est, rappelons-le, composé de James Root et de Corey Taylor, respectivement lead-guitariste et chanteur (n°5 et n°8 dans Slipknot pour vous embêter un peu), ainsi que de Shawn Economaki à la basse (également manager de Slipknot, drôle de transition), de Josh Rand à la gratte rythmique et du frappeur au cv déjà bien chargé Roy Mayorga (Ex-Soufly, ex-Ozzy Osbourne, ex-Medication, Amebix). Il succède au très applaudi Come What(ever)may, sorti en 2006, album non dépourvu d’originalité et d’émotions. Le groupe a fait une nouvelle fois appel au producteur Nick Raskulinecz (dur à prononcer, mais on s’en fiche, hein), qui a déjà travaillé avec les Foo Fighters, Deftones et Alice in Chains.

Trève de bavardages à n’en plus finir, passons aux choses sérieuses. Il semblait difficile de faire mieux que son prédécesseur, mais Stone Sour ne connait pas le terme mieux, il est plus dans le « faire autre chose ayant la même efficacité ». Et c’est tout l’intérêt de la musique aux yeux d’un fondu comme moi, la nouveauté, la diversité. En tout cas, en ce qui concerne l’artwork, même si ça sent le Photoshop à plein nez, il est plutôt agréable pour une présentation d’album rock. Le coeur en dit déjà beaucoup sur le contenu de l’engin. L’album débute par un morceau au piano, le mélancolique « Audio Secrecy », on aurait presque envie de déjà sortir les mouchoirs du placard. Mais n’abusons pas. Car la suite se révèle très postive (dans le sens « efficace », pas forcément joyeuse). SS (non, pas de nazisme ici) tient ses promesses avec un album mélodique, sombre et énergique en plus de ça. Et ce ne sont pas les très bons « Mission Statement », « Digital (Did You Tell) », « Let’s Be Honest » ou encore Nylon 6/6 et « The Bitter End » qui démentiront mes dires. Le groupe se montre également pus accessible au public avec les ballades « Say You’ll Haunt Me », « Dying, Hesitate » et « Miracles ».

Inutile de décortiquer l’album morceau par morceau, Stone Sour ne fait pas de l’expérimental, c’est un combo plus axé sur l’émotion que sur la qualité technique (pourtant présente) de ses compos. Chaque morceau à sa fibre, on aime ou pas, personnellement je suis dedans. Point de vue plutôt subjectif de ma part pour ce Audio Secrecy, qui n’est vraiment pas mauvais techniquement parlant plus de ça. Le groupe a encore un bel avenir devant lui, en espérant un peu plus de furie la prochaine fois quand même!

Laurent.