Fatboy Slim – You’ve Come A Long Away, Baby

fatboy-slim-04Genre: breakbeat           ©1998

Instigateur du « big beat » aux côtés de ses compatriotes british de Prodigy et Chemical Brothers, Quentin Leo Cook alias Fatboy Slim fait partie de ces artistes qui ont contribué à l’avancement de la musique électronique durant les 90’s. Après s’être fait remarquer avec le très funky Better Living Through Chemistry (1997), le Fatboy connaît la consécration avec le multi-platiné You’ve Come A Long Away, Baby, véritable concentré de tubes plus percutants les uns que les autres. On se rappelle de cette mascotte hors-du-commun, ce personnage obèse dans le clip de « Right Here, Right Now », également présent sur la pochette.

Plus qu’une simple répétition de gros beats, le mix des genres est devenue la marque de fabrique de Fatboy Slim. Ainsi autour de cette grande table, on trouve une pincée de rock (le mégatube « The Rockafeller Skank », « Build It Up, Tear It Down »), un soupçon de hip-hop (« Gangsta Trippin' » et ses allures de beastieboysiennes, « You’re Not From Brighton » avec son petit clin d’oeil à Cypress Hill), des traces de la funk du précédent opus (« Fucking In Heaven », « Praise You ») et une bonne louche de psychédélisme (« Kalifornia », « Love Island », « Acid 8000 »). « Right Here, Right Here » reste à ce jour un des titres les plus indéfinissables de l’artiste et c’est bien pour ça qu’on se rappelle de lui.

En s’inspirant d’univers assez différents, le Fatboy a autant séduit les créateurs de spots publicitaires que les patrons de boites de nuit. Deux albums seulement lui auront suffit pour imposer son style, et même le superbe Halfway Between The Gutter And The Stars paru deux ans après ne parviendra pas à apporter autant de nouveautés malgré des titres d’une richesse impressionante. Un disque à jamais encré dans nos esprits.

Laurent.

Justice – Audio, Video, Disco

Genre: electro house                ®2011

Le premier album éponyme de Justice est arrivé tel un missile nucléaire dans le vaste monde de la musique électronique. Nous sommes en 2007 et la house music ne propose plus rien d’intéressant depuis plus de cinq ans. La French Touch n’est pas totalement foutue avec les efforts de Daft Punk, Sebastien Tellier ou Air qui parviennent à positionner notre pays natal sur le podium de l’électro derrière les britanniques et les allemands. Mais avec un style bien à lui incluant une basse de dix tonnes et des rythmiques parfois inspirées du heavy metal, le duo composé de Gaspard Augé etXavier de Rosnay insuffle une bouffée d’air frais lui apportant un succès interplanétaire amplement mérité. Le groupe enchaîne alors les concerts pendant des mois et il faudra attendre quatre ans avant de voir apparaître le deuxième opus Audio, Video, Disco. La célèbre croix est toujours présente et on se demande en la contemplant ce que propose cette nouvelle offrande. Il semblait difficile de faire mieux que † (2007)  tant ce dernier ne manquait d’inspiration, et pourtant! Moins violent et plus porté sur les mélodies, AVD enchaîne les tubes tout en se préservant dans un contexte beaucoup moins commercial, plus sobre mais pas pour autant dénué de nouveautés.

Pour tout vous dire, je ne suis au courant de sa sortie que depuis quelques jours. Pas de clip intercepté ni sur le net ni à la télé, pas d’informations des connaisseurs, comme quoi le succès ne monte pas à la tête de tout le monde. Justice fait partie de ces artistes modestes qui vivent de leur musique parce qu’ils la vivent plus qu’ils ne l’exploitent, et ça se ressent à l’écoute de ce fabuleux album. La baffe s’est déclenchée dès la première écoute avec cet succession de mélodies tantôt posées tantôt stimulantes comme sur . Les références au rock des 70’s sont à l’origine du nouveau son de Justice, ainsi « Horsepower », « Civilization », « On’n’On » ou « Parade » font penser au groupe Yes qui aurait samplé ses guitares de même que « Brianvision » noue des liens éloignés avec Brian May de Queen. Le hard rock aussi est dans la place avec « Canon » en clin d’oeil à Deep Purple et « New Lands » typée AC/DC. Un tas d’influences menant à une diversité bienvenue et jamais à côté de la plaque.

Différent de son prédécesseur par son côté rock et une puissance modérée, Audio, Video, Disco n’innove pas autant non plus mais le groupe à évité un #2 et la modestie dont il fait preuve est honorable. Les fans du Justice nerveux n’en auront pas toujours pour leur compte en revanche les amateurs de French house en son sens général devraient être ravis.

Laurent.

Moby – Play

Genre: house                ®1999

Moby, ou l’art et la manière de pondre un hymne avec une mélodie qui tourne en boucle. Connu aussi bien en tant que DJ que punk-rockeur (Everything Is Wrong (1997) et Animal Rights (1996), ainsi que son groupe Diamonsnake), ce fou de musique électronique a été révélé à la face du monde en 1999 avec la sortie du désormais classique Play, premier album de l’histoire de la musique entièrement réalisé sous license commerciale. La quasi-intégralité de Play a accompagné films et publicités, d’où une renommée aujourd’hui incontestée.

Au-delà d’une question de succès, Play est le plus eclectique de sa discographie. Là où il était possible d’assimiler chaque album précédent à un style propre, ce disque est en revanche si emprunt d’influences que l’on finit par comprendre qu’il est un OVNI parmi l’industrie du disque.

Si les morceaux les plus connus, à savoir la première moitié de l’album, continuent à être diffusés dans les médias sans véritablement nous gonfler par leur parfum de hits intemporels (sauf la superbe « Rushing »), les plus beaux et intéressants moments se trouvent dans l’autre moitié, certes moins connues mais plus intimistes et touchantes. La touche trip- hop de Play ramène souvent à Massive attack (« If Things Were Perfect », « The Sky Is Broken », l’instrumental « Down Slow » et « Rushing ») et fait autant voyager que les compositions orientées musique ambient (« Inside », « My Weakness »). Deux morceaux instrumentaux (« Everloving » et « Guitar, Flute & String ») aux mélodies simples mais d’une beauté qui les rend imparables renvoient aux meilleurs moments passés avec Pink Floyd.

Aux côtés de Robert Miles (« Children ») et de Rob Dougan (« Clubbed To Death »), Moby incarne l’électro qui se savoure plus qu’elle ne se danse. L’air de la house made in 90’s signe ses dernières heures dans un concept réinventé dans Play, soit le genre d’albums qu’on écoute quand on ne sait pas trop dans quoi mettre dans son lecteur. Treize années que ça dure, en espérant encore qu’il n’en sera jamais autrement.

Laurent.