Tarja – What Lies Beneath

Genre: Métal lyrique                     ® 2010

Il fût un temps où le Métal symphonique était dans le sillon d’un seul groupe, Nightwish, qui a popularisé le genre avec des albums comme Century Child (2002)  et surtout Once (2004) devenus rapidement des mythes. La particularité de ce groupe qui a fait son succès est d’une part l’assemblage des claviers avec une grosse rythmique, mais également le lyrisme apporté par la talentueuse Tarja Turunen, dont nous allons nous intéresser de suite.

En 2006, la chanteuse décide de quitter le navire Nightwish suite à des divergences musicales avec le guitariste Erno Vuorinen. Elle enregistre quelques mois après son premier album solo, Henkays Ikuisuudesta, dont le succès n’eût lieu que dans son pays natal, la Finlande. My Winter Storm (2007) avait remis les pendules à l’heure en proposant un retour aux sources (comprenez par là du Nightwish!) mais dans une version plus personnelle de Tarja.7

Et voici donc What Lies Beneath, plutôt attendu du public métal. Et cette attente en valait la chandelle. Il y’a ici une évolution notable dans la musique de Tarja. Là où les thèmes de la mythologie et du fantastique étaient présents sur ses précédents albums et chez Nightwish, elle explore ici les thèmes de </span>la peur, du mensonge, de l’illusion, de l’espoir, la quête de la vérité et son univers intérieur marqué par la souffrance et la solitude. Un registre très « gothique » inclût dans une recette métal symphonique néanmoins prédominante.

Du gros métal (« Until my Last Breath », « Little Lies », « Falling Awake » avec sir Joe Satriani en invité) au lyrique pur (« I Feel Immortal », la magnifique « Underneath », « Rivers of Lust », « The Archive of Lost Dreams ») en passant par des morceaux hybrides (le titre d’ouverture et surement le plus étrange, « Anteroom of Death », « Dark Star », et le titre clôturant l’album, « Crimsom Creep, très bien choisi), Tarja met en avant des émotions comme elle seule sait le faire. C’est d’ailleurs le fil conducteur de cet album, car pour ce qui est de l’accompagnement musical, il est certes très correct, mais pas non plus remarquable. Tout l’intérêt de What Lies Beneath se porte sur la voix de cette diva du métal qu’est Tarja Turunen, car si musicalement il n’y’a rien de bien innovant, elle seule suffit à nous emporter dans cet univers épique et émotionnelle.

Laurent.

Methods of Mayhem – A Public Disservice Annoucement

Genre: pot-pourri métallique   ® 2010

« Mais d’où sort ce groupe? » Pour commencer, le nom de la formation n’a strictement rien à voir avec les norvégiens barrés de Mayhem, et encore moins sa musique. En 1999, le batteur des glam-métalleux Mötley Crüe, Tommy Lee (celui qui a piqué Pamela Anderson à Kid Rock), décide de monter un side-project « néo-métal » avec ses amis Stephen Perkins et Chris Chaney de Jane’s Addiction. Le premier album sort en 2000, mais sans succès, faute à une démarcation pas évidente. Il aura fallu donc attendre 11 longues années avant de voir ressurgir MoM en pleine forme.

Il faut savoir que le concept de cet album est basé sur la contribution de plusieurs fans anonymes ayant envoyé des pistes instrumentales à Tommy Lee, lequel a surement fait un tri dans tout ce brou-ha-ha.

Dès la fin de la première écoute, je n’ai pas hésité une seconde à rebalancer la sauce. La raison est que contrairement à son prédécesseur, APDA est varié, bourré d’influences et de clins d’oeil à des groupes célèbres. Il suffit juste d’écouter « Drunk Uncle Pete » pour se retrouver face à du Smash Mouth (B.O de Shrek) tout craché, mais accrocheur et doté d’un bon gros son. « Time Bomb » ressemble déjà plus à du rock alternatif ricain genre Semisonic, Third Eye Blind, pour ne citer que les bons. On a même le droit à du bourrin avec « Fight Song » qui rappelle Sevendust ou les premiers Static-X,et à de l’éléctro-pop avec « All I Wanna Do » et « Back to Before » qui pourraient presque cartonner dans les charts si le groupe sortait un peu de son terrier. Puis comme tout groupe de rock ricain qui se respecte, le groupe nous fait subir ici deux ballades vaseuses qui rappellent les derniers « tubes » de Linkin Park, ainsi « Louder » et « Blame » sont plutôt à oublier. Heureusement que des perles comme « 2 Ways » et « Take Me Off The Ledge » réhaussent vite l’estime de cet album, de même que « Only One » sur laquelle on croirait une alliance entre Chino Moreno des Deftones et Soundgarden.

L’album prend un virage électro que l’on ne remarquerait presque pas. « All I Wanna Do » trempe dans une ambiance sexuelle, avec des apparitions féminines au refrain, « Back to Before » sort tout droit d’une compilation electro/dancefloor, mais toujours dans l’univers « Tommy Lee », et « Party Instructions » balance un gros beat d’enfer où vient se coller une voix téléphonique pour un tout des plus funs. Retour au rock avec un « I Really Want You » rappelant vaguement le Kashmir des Led Zeppelin sur les couplets, avec un refrain détonant. APDA se termine avec un Let’s Go tout droit sorti des platines des 2 Many DJ’s et autres Basement Jaxx; dansez donc messieurs-dames, qui a dit que le rock n’était fait que pour les dépressifs, des groupes comme MoM savent apporter la bonne humeur là où elle doit avoir lieu d’être, chez moi en l’occurence.

Tout ça pour dire que Tommy Lee vient de montrer qu’il n’est plus à reconnaître pour son talent à inhaler une certaine substance blanchâtre depuis plus de 20 ans, et que force est d’admettre que le bougre a toujours su rester modeste dans son rock, en témoignent le délicieux Never A Dull Moment (2002), plus encré métal, et bien evidement ce A Public Disservice Annoucement qui, j’espère, va lui permettre enfin de se faire (in)justement reconnaître.

Laurent.

Avenged Sevenfold – Nightmare

Genre: Heavy-thrash mélodique               ® 2010

Plus communément appelés A7X dans la communauté Métal, les Californiens d’Avenged Sevenfold reviennent en 2010, 3 ans après un album éponyme qui n’a certes pas fait l’unanimité chez les fans mais qui m’a personnellement convaincu.

Commençons, dans la plus grande logique, en rappelant que le groupe à perdu son batteur d’exception Jimmy Sullivan en décembre dernier, énorme tragédie d’où en résultera l’écriture de ce Nightmare quelques mois après. Alors, comment le groupe va-t-il pouvoir continuer sa carrière après ce coup dur? La réponse est la contribution d’un des plus grands batteurs de tous les temps, le frappeur assassin de Dream Theater, Mike Portnoy. Et oui, celui-ci s’est lui-même proposé d’épauler la formation.

Entrons donc dans le vif du sujet. Mais qu’en est-il donc de cet album? Ma première impression: l’artwork de la pochette, très sombre, correspond à merveilles au titre de l’album.

Concentrons-nous sur la musique: pour ma part, je suis conquis! Riffs accrocheurs comme à la première heure, solos mélodiques, double-pédale qui défonce. Autant vous le dire, hormis « Nightmare » (et encore), je vous invite à enlever l’attribut « commercial » de votre esprit. Les morceaux sont bien structurés, on s’en rend compte dès le premier titre, « Nightmare », qui fait office de premier single. M. Shadows crache toujours sa hargne avec son timbre authentique, et nous offre comme à l’accoutumé des passages de chant clair agréables. Et les titres s’enchaînent sans véritables complexes:  « Welcome to The Family » et son super solo, « Danger Line » et son intro qui me fait immédiatement penser à celle de « Blinded In Chains » sur City of Evil (2005), « Buried Alive » qui me fait penser, peut-être à tort mais tant pis, à une balade de Metallica époque Ride The Lighting, les puissants et rapides « God Hates Us » (après son intro mélancolique) et « Natural Born Killer » qui font office de bulldozers et n’ont rien à envier au mythe de Pantera,  « Fiction » et sa ligne de piano terrible, qui  a été enregistré peu avant le décès de Jimmy, on peut d’ailleurs entendre ce dernier chanter tout le long du morceau, et bien sûr le morceau qui clôt l’album, « Save Me », long de ses 10:52, qui représente à lui seul l’énorme potentiel des Californiens.

Je ne vous cacherais pas que les trois autres morceaux que sont, « So Far Away », « Victim » et « Tonight The World Dies » m’ont laissé un léger goût amer, faute d’émotions surement. Mais celà n’engage que ma personne.

Il vous faudra probablement plusieurs écoutes pour que vous puissiez profiter des nombreux détails techniques. A7X a fait un véritable pas en avant en se diversifiant davantage, et je trouve vraiment dommage que les puristes leur rigolent au nez, en les accusant de « vendus ». Non, A7X ne fait pas de la musique pour vendre, mais bien pour donner une approche un peu différente du métal, ce que le groupe accomplit efficacement depuis 2001.

Laurent.