The Prodigy – Music for The Jilted Generation

Genre: Big beat                          ®1994

Véritable révolution au sein de la musique électronique, Experience a secoué la terre entière de ses beat inédits et pour le moins redoutables. Mais pour Liam Hewlett, tête pensante des «Prodiges», la barre n’avait été placée qu’à mi-chemin. Il n’était pas question de rester encré dans un esprit purement rave, il fallait encore pousser le mélange de genres à son paroxysme. C’est alors que Music for the Jilted Generation voit le jour le 4 juillet 1994 prêt à mettre le feu partout où seront diffusés les tubes qui le parsèment.

L’incroyable ouverture musicale de cet album accroit encore plus les possibilités d’apprécier la patte du groupe, parce qu’au-delà des beat dance, toujours présents mais plus en retraits que sur Experience, se tiennent la main des guitares ultra-saturées («Their Law»), des envolées technoïdes aux effets psychotropes («Voodoo People», «Claustrophobic String»), une approche destroy du hip-hop avec «Poison» et un tube qui mettra la puce à l’oreille de futurs poids lourds du big beat comme les Chemical Brothers, «No Good».

Enorme travail de la part de Hewlett, qui à privilégié la diversité au martelage du premier effort. Résultat: disque multi-platiné et profond respect de tous horizons musicaux pour ce personnage créatif, qui se fout royalement de toute mouvance du moment. Symbole d’ouverture, Music for the Jilted Generation est, comme son nom l’indique, un album culte pour une jeune génération perdue dans ce flux de genres musicaux qui réussit sans mal à mettre tout le monde d’accord.

Laurent.

The Prodigy – Experience

Genre: dance big beat            ®1992

Groupe culte de la musique électronique, pionnier de la dance underground, révolution musicale dans les années 90, The Prodigy aura comblé aussi bien les participants aux raves party que les breakers, les rasta ou même les rockeurs. Liam Howlett, personnage à l’origine de l’entité, est ce qu’on peut clairement qualifier de génie. Armé de seulement deux ou trois platines et accompagné de trois artistes qui ont plus leur place sur scène que sur disque dans les premiers temps, à savoir les danseurs/chanteurs Keith Flint, Maxim Reality et Leeroy Thornhill, le compositeur n’eut aucun mal à se faire un nom auprès des maisons de disques et du public avec un premier opus enregistré en trois semaines, Experience.

Pochette plus que simpliste, dénuée de toute recherche artistique si ce n’est le logo, à première vue, rien ne laisse prétendre à quelque chose de vraiment palpitant. Et pourtant, cette première expérience recèle autant de points négatifs que de points positifs, car si la simplicité reste l’élément le plus évident, le côté décalé de certaines pistes («Charly», la mythique «Out of Space») fait bel et bien la force d’Experience. On est assez loin de ce que nous proposent les deux albums suivants à cause d’une trop forte ressemblance entre les pistes et d’une production qui n’a franchement pas suivie non plus, mais c’est peut-être ce qui fait le charme de cet album charnière aussi bien pour Liam Howlett que pour la musique en général.

Laurent.

Daft Punk – Discovery

   Genre: French Touch                ®2001

Suite au succès phénoménal de leur premier bébé Homework, qui fût le point d’encrage à une nouvelle mouvance électronique, la French Touch, adoptée aussi bien sur son pays natal que dans bien des pays du monde, les Daft Punk reviennent sur les devants de la scène quatre ans après avec Discovery qui apporte une nouvelle fois son lot de fraîcheur.

Moins porté sur les rythmes frénétiques, plus encré funk mais toujours dans l’esprit de la House music, le son particulier des Parisiens se voit agrémenté d’un élément inédit: un chant, proposé par les deux gus eux-même, qui se trouve essentiellement sur la première moitié de l’album. Tourné vers des accents popisants, Discovery se veut plus accessible que son prédécesseur, mais non moins intéressant.

Mis en avant par les animations de Leiji Matsumoto (Albator), qui feront office de clips dont l’intégralité compose le film Interstella 555, des morceaux tel que «One More Time» sonnent comme étant le parfait compromis entre la dance des 90’s et les nouvelles sonorités du groupe. En fait, même si l’innovation n’est pas aussi étonnante qu’avait pu l’être celle de Homework, la plupart des titres ici présents restent redoutables. Petit clin d’oeil à AC/DC avec «Aerodynamic» avec cette intro à la «Hells Bells» et surtout ce solo mémorable qui n’est pas sans rappeler le «Thunderstruck» des Australiens, inspiration industrielle sur «Harder Better Faster Stronger» et funk avec les deux meilleurs morceaux de l’album que sont «Digital Love» et «Something About Us».

Le reste est dans la continuité de Homework, dans un contexte beaucoup plus house que les morceaux chantés, mais qui apportent une hétérogénéité non-négligeable à l’ensemble. Quelques titres comme «Superheroes» et «Too Long» sont assez superficiels notamment à cause d’une répétition excessive, mais à l’écoute de «Nightvision» ou de «Veridis Quo», une seule envie parcourt notre corps, celle de voyager dans un vaisseau spatial (pourquoi pas l’Atlantis) entouré d’une centaine de personnes prêtes à danser durant des heures comme vous avec la joie et la bonheur qui s’y attèlent.

Comme a son habitude, les Daft Punk ont sorti en 2001 une autre référence de la musique électronique, plus axée sur la mélodie et également plus aboutie que Homework. Une oeuvre marquante qui signe la fin d’une grandiloquence musicale que Human After All n’a pas été en mesure de confirmer.

Laurent.