Demians – Mute

Demians - MuteGenre: Progressif                            ® 2010

Le premier semestre 2010 aura vu l’apparation de deux chef d’oeuvre de prog rock: le We’re Here Because We’re Here d’Anathema et ce Mute de Demians. Ce qui les différencie: là où We’re Here… nous entraîne avec ses influences post-rock, Mute est un peu plus varié, presque trop, mais c’est ce qui donne cette envie irresistible de redécouvrir l’album après chaque écoute.

Plus rentre-dedans que son prédécesseur, Building An Empire (2008), chaque morceau à son ambiance, du métal atmosphérique de « Swing of the Airwaves » à l’ambient-pop de « Black Over Gold » et de « Falling From the Sun » qui rappellent légèrement les islandais de Sigur Ròs en passant par les plus accessibles et énervés « Feel Alive » et « Tidal », ainsi que l’oriental « Overhead ». Il faut reconnaître que Nicolas Chapel est un virtuose, qui n’a presque plus rien à envier à un certain Steven Wilson (Porcupine Tree) dans le genre.

Voilà donc un opus vraiment respectable, en tout point, qui ravivra surement tous les publics. Il y’en a vraiment pour tous les goûts. Un artiste jeûne qui fera facilement sa place parmi les grands.

Laurent.

Deftones – Diamond Eyes


Genre: Métal alternatif                           ® 2010

Après 4 longues années d’absence, les Deftones reviennent de plus belle avec Diamond Eyes.

Après un Deftones (2003) et un Saturday Night Wrist (2006) qui m’avaient laissé un profond gout d’amertume, j’étais donc, il y’a encore peu, très sceptique sur mon approche de cet album. Mais le groupe a décidé de réunir la rage efficace et la créativité qui a fait leur succès. Résultat: je suis plus que comblé, le groupe de Sacramento (Californie) a su montrer qu’il était encore là, tout en se débarrassant à l’aise de son étiquette « Néo-métal ».

Il aura fallu attendre dix années avant de retrouver ce qu’on aime de la formation: Chino Moreno sait à nouveau chanter, et marie parfaitement sa voix à la guitare ESP 8 cordes de Stephen Carpenter, le jeu de batterie d’Abe Cunningam est redevenu authentique, autant que le jeu de basse du remplaçant temporaire de Chi Cheng, Sergio Vega. Et Franck Delgado, clavériste officiel de la formation depuis 2000, apporte sa touche ambient au tout.

On se remémore sans difficulté et surtout avec grand plaisir la rage d’Around the Fur (1996) et la magie de White Pony (2000)

En témoigne le titre d’ouverture, « Diamond Eyes », aussi planant dans le chant que puissant dans sa rythmique. Le riff du couplet se veut lourd, contrastant avec celui du refrain, mélodique à souhait.

« Royal » rappelle le Deftones des années 90, avec la recette couplet énervé/refrain mélodique. Un retour aux sources très bienvenu. Un peu comme « Cmnd/Ctrl », où vrombrit la 8ème corde de Carpenter, qui porte à merveilles un chant torturé mais encore une fois aérien sur le refrain.

« You’ve seen the Butcher » est un titre étrange, surement dû à son rythme pesant. Pas le plus efficace de l’album, mais il reste tout de même dans le contexte Deftones.

« Beauty School » est une balade rythmée, où l’essentiel est dans la voix de Moreno, maîtrisée comme jamais.

Impossible de ne pas penser à White Pony en écoutant « Prince », même spiritualité, même froideur, bref une petite perle.

Second single, « Rocket Skates » est un tube en puissance, un peu dans la veine des derniers albums pour les contre-temps un peu intempestifs, mais qui au final donnent du piment à l’effet « bulldozer » du morceau.

Rien de bien extraordinaire avec « Sextape », morceau en demi-teinte où même Chino ne parvient pas à mettre un peu de relief, dommage, enfin passons.

« Risk » ressemble étrangement à « You’ve seen the Butcher », avec quelques envolées vocales en plus.

L’oeuvre se termine ne douceur avec « 976-Evil » et « This Place is Death », on aurait aimé un dernier morceau énervé, histoire d’optimiserr au mieux une playlist un tantinet déséquilibrée, mais loin d’être mauvaise. C’est, au final, avec joie que l’on retrouve nos cinq lascars de Sacramento.

7,5/10

Laurent.

MGMT – Congratulations

Genre: Pop psychédélique                     ® 2010

« Et beh! » Voici ma réaction à l’écoute, vous avourais-je, inattendue de ce petit bijou du duo de Brooklyn.

Oracular Spectacular (2007) m’avait plombé avec ses titres un peu trop formatés « radio », mais là, la formation en a décidé autrement: pourquoi ne pas faire une musique accessible sans passer par la case « bourrage de crâne médiatique »? La réponse est dans ce Congratulations, qui est incontestablement une agréable surprise.

Pour ce qui est de la pochette, je pense qu’il n’est pas nécessaire de faire un rapprochement entre la créativité de celle-ci et du contenu de l’album. Car si cette pochette est inspirée d’un univers très « Sonic », les titres, eux, possèdent une richesse qui ne s’est pas fait sentir depuis un moment de la part d’un groupe américain.

Ici, MGMT fait dans le psychédélique, exit les sonorités à la « Kids » plus qu’agaçantes, place à une orchestration élaborée de mains de maîtres. « It’s Working » ouvre la voie, et nous envoûte des les premières notes de guitares. Et c’est parti, s’ensuivent le très entêtant « Song For Dan Treacy » et son orgue qui se colle parfaitement au rythme effréné de la chanson, et la très 70 « Flash Délirium » qui nous rappelle néanmoins le précédent opus, mais en mieux, pour citer les plus « accessibles ». On a même droit à un « Siberian Breaks » de 12 minutes, digne d’un Pink Floyd associé au lyrisme d’un Freddie Mercury pour la voix (presque!)

Tout celà peut paraître étonnant, mais ce qui est étonnant en vrai, c’est de voir un groupe qui a dissimulé une telle créativité durant 3 ans et qui dévoile donc son vrai visage aujourd’hui.

J’espère vraiment que le groupe continuera dans cette voie, il sera peut-être difficile de faire mieux, en tout cas merci de nous apporter du frais. « Congratulations », si je puis dire.

8/10

Laurent.