Periphery – Periphery

Periphery - PeripheryGenre: Mathcore                                ® 2010

Voici donc un album que j’attendais suite à l’écoute des démos dévoilées il y’a quelques semaines, dont la version finale est bien plus transcendante.

Pour son premier album, le groupe ne fait pas dans la dentelle, et opte pour un concept novateur : on se remémore facilement le métal barré de Meshuggah, mais aussi des influences du côté des excellent Textures, Scar Symmetry, Bullet For My Valentine, et de la musique ambient, et même drum’n’bass.

Une production énorme, une technicité extrêment habile et efficace, qui peut aussi bien nous botter les fesses (« Insomnia », »The Walk », « Letter Experiment ») que nous envoûter avec sa force mélodique (« Jetpack Was Yes », « Light », « Icarus Live! »). L’album se conclût avec une véritable oeuvre de 15 minutes, « Racecar », où les lascars ne perdent pas le fil une seconde.

Je note tout de même un bémol: le chant. Plutôt agréable quand il est aérien, il laisse parfois à désirer lorqu’il s’agit de dégager ses tripes. Mais ce n’est qu’un léger détail, aux vues de la formidable composition des morceaux.

J’espère que cet album fera parler de lui, se démarquant aisément dans un style en plein essor, et que les p’tits gus (ils ont entre 18 et 25 ans!) apporteront quelque chose d’encore plus efficace à l’avenir. Merci pour ce bon moment d’écoute, merci d’apporter du frais!

Laurent.

Slash – Slash

Slash - SlashGenre: Hard-rock               ® 2010

L’ex-Guns’n’Roses et Velvet Revolver; l’un des guitaristes les plus émérites du genre, est de retour avec un premier album solo.Le monsieur au chapeau a eu la bonne idée de conceptualisé l’album en s’offrant les prestiges d’un invité pour chaque morceau. Pour tout vous dire, cet album est un régal. Du début à la fin, le guitariste virtuose déballe son jeu authentique, des riffs assassins aussi efficaces que les solos survoltés, mais on s’attardera davantage sur le casting de choc des invités: le grand Ozzy sur « Crucify the Dead », le brailleur Lemmy sur « Doctor Alibi », Alice Cooper sur « Baby Can’t Drive » mais également Chris Cornell sur « Promise », Dave Grohl à la batterie sur l’instrumental « Watch This », Iggy Pop sur le très « stoogeesien » « We’re all gonna die » et, surprise, la très charmante Fergie, qui dévoile son potentiel hard-rock sur le très efficace « Beautiful Dangerous ».

Voilà une heure d’écoute qui, sans être vraiment surprenante, nous permet de (re)découvrir avec grand plaisir tous les talents du rock moderne.

Laurent.

Madder Mortem – Eight Days

Genre: Dark avant-gardiste    ® 2009

Quoiqu’il advienne, Madder Mortem prend le risque en 2009 de donner une suite aux deux monuments Deadleands et Desidereta qui placèrent simultanément les Norvégiens sur le podium de l’originalité. Nous étions persuadés que le groupe était capable de faire mieux encore, mais ayant tout donné dans les deux précédents opus, ils ne leur restait vraisemblablement plus qu’à faire quelque chose de… différent.

Changer la donne, telle fût la décision des cinq: l’artwork est très joli mais pas aussi dark que d’habitude, la production énorme met les cordes très en avant pour un rendu lourd et incisif, et Agnete monte plus souvent dans les aigus. Eight Ways ne fait que confirmer que le métal progressif de Madder Mortem a toujours été des plus avant-gardistes car on y trouve un subtil mélange de jazz, de métal rythmique et d’ambiances atmosphériques tout à fait à applaudir.

Une identité encore prononcée, voilà ce qui nous empêchera de juger cet album uniquement pour son côté linéaire (notamment dans le registre de la chanteuse), car il est notable que quelques plans passent d’un morceau à l’autre. On préférera s’attarder sur la force lyrique de l’engin, qui regorge de bijoux comme « Armour », « Resolution » ou le titre d’ouverture « Formaldehyde » sur lesquels Agnete s’adonne à un sacré exercice de style, n’hésitant pas par moments à user de folie pour mettre son timbre en avant. D’ailleurs, on lui reprochera d’en faire un peu trop sur « A Different Kind of Hell » qui sera heureusement le seul titre à mettre de côté.

Les rythmiques énervées sont aussi de mises avec les excellents « Riddle Wants to Be » et « Life, Lust & Liberty » que l’on peut définir, dans un contexte mélioratif, comme une continuité au mouvement néo-métal sans pourtant émettre quelconque usage de facilité de construction.
Eight Ways se conclut sur l’épique « The Eighth Wave », titre résolument progressif, sombre et agréable à la fois qui résume parfaitement la mutation des Scandinaves.

Si son caractère agressif est susceptible de dérouter les fans de la première heure, force est d’admettre que cette prise de risque démarque le groupe d’une vague de métal féminin en déclin. Eight Ways ne déçoit pas, car même si la philosophie morbide de l’époque Deadlands semble s’être intégralement dissipée pour laisser place à une douce mélancolie, l’espoir de voir un jour Madder Mortem cité comme une référence en la matière (quelle matière, d’ailleurs…) ne fait que s’accentuer. Un groupe honorable pour un album qui l’est tout autant.

Laurent.