Pantera – Vulgar Display Of Power

Genre: power metal             ®1992

Comme si un album (Cowboys From Hell, bien entendu) n’avait pas suffit pour foutre un coup de pied dans la fourmilière, voilà que deux ans après arrive l’album le plus influent sur la scène métal de Pantera, Vulgar Display Of Power. Reconnaissable à dix kilomètres par sa pochette « coup de poing », ce disque insuffle une puissance inédite au thrash métal que l’on doit une nouvelle fois au producteur Terry Date et bien entendu au groupe lui-même. Le son écrase tout sur son passage et le chant de Phil Anselmo, désormais à des lieux de la période glam, dégage une rage hardcore rendant la musique des Texans encore plus suffocante. De quoi faire peur au grunge alors en pleine effervescence.

Salement heavy et résolumment nerveux, Vulgar Display Of Power commence en ne laissant aucun répit à l’auditeur. Entre passages mid-tempo hyper lourds et accélérations soniques, des « Mouth For War », « Fucking Hostile » ou « Walk » deviennent rapidement des classiques au même titre qu’un « Cowboys From Hell ». L’intro de « This Love » nous laisse souffler un peu avant que son refrain ne nous explose à la figure pour enchainer sur la hardcore « Rise ». Nous sommes maintenant dans la deuxième partie de l’album.

Et c’est à ce moment que les choses se compliquent à chaque fois que j’écoute cet album: même s’il n’y a rien à en redire niveau qualité (on parle de Pantera, OH!), cette seconde moitié ne démarque aucun titre aussi culte que peuvent l’être les cinq premiers, si ce n’est la ballade « Hollow ». Ca envoie sec, on a affaire à du pur métal bien burné mais le manque de diversité m’a toujours empêché de profiter à fond de cet album culte. Le mauvais côté de l’exigence…

Fort de ces cinq premiers titres dantesques, le statut de pierre angulaire de Vulgar Display Of Power reste incontestable. Cependant, il reste l’album du groupe que j’apprécie le moins en raison d’une deuxième partie qui m’a toujours parue dispensable. Outre ceci, tout bon fan de métal se doit de ne pas laisser cet album (au même titre que n’importe quel album de Pantera) s’étouffer sous la poussière. Allez, un petit « Fucking Hostile » pour finir d’achever le canapé qui succède au fameux lit cité dans la chronique de Cowboys From Hell…Tu parles d’un bordel!

Laurent.

Pantera – Cowboys From Hell

Genre: power métal                ®1990

Nous y voilà. Le point zéro, celui par lequel n’importe quel accroc au métal se doit d’inaugurer sa liste de références ultimes; chose qui n’a pu se produire ici, la faute à un manque d’expérience dans le domaine de l’écriture qui n’aurait jamais rendu justice comme elle se doit à l’un des plus grands groupes de métal des 90’s: Pantera.

Mais avant d’être un nom, une marque, un symbôle, Pantera est (le texte sera au présent de l’indicatif, puisque l’on considère le groupe comme immortel dans notre coeur) la génèse de quatre musiciens dont rien n’aurait été pareil sans l’un deux: les frères Abbott, Dimebag Darrell (guitare) et Vinnie Paul (batterie), Phil Anselmo (chant) et le plus discret Rex Brown (basse). Telle est la formation que tout le monde connaît, et ce depuis 1987, mais soyons formel: tout ce qui s’est passé avant Cowboys From Hell ne nous intéresse absolument pas, et ce pour des raisons diverses. La vraie carrière de Pantera débute avec cet album charnière sorti du fin-fond du Texas alors que le thrash devient de plus en plus technique et qu’un genre nouveau fait la nique aux autres: le death. Qualifiée de groove métal, la musique du quatuor est un mélange de thrash et de heavy misant davantage sur la qualité et la lourdeur des instrumentations que sur la rapidité; rien à voir avec le glam pratiqué auparavant, on parle bien de musique réservée aux bijoux de famille solides.

L’aventure Cowboys From Hell a été parcourue de A à Z pendant des années de sévices auditifs, si bien qu’il n’est pas facile de savoir exactement par où commencer. L’album est culte à en mourir et on ne cessera de le rabâcher tant que le nom « Pantera » continuera à s’afficher dans nos playlists. Peut-être que le fait que tout bon guitariste métal qui se respecte n’ait pas au moins « Cowboys From Hell » ou « Domination » dans son répertoire suffirait à justifier ô combien ce groupe nous a tous marqué. Ce premier disque (oui, oui, cinquième blablabla) est aussi le dernier dans lequel Anselmo atteint des pics d’aiguité typique du heavy 80’s. La brutalité est de mise avec « Primal Concrete Sledge » ainsi que des morceaux moins rentre-dedans et un poil progressifs, « The Sleep » et l’intouchable « Cemetary Gates ».

Portés par un chant rageur, des rythmiques lourdes et des soli à faire pleurer Van Halen, les douze pépites de Cowboys From Hell ont marqué toutes les générations depuis la naissance du heavy métal de Black Sabbath. Le meilleur reste encore à venir en ce qui me concerne mais ce PREMIER (…!!) album studio reste tout de même l’un des plus influents dans mon orientation musicale. Un grand merci pour ces grands moments de headbang sur un lit qui aura rendu l’âme, voyant ses lattes péter chaque jour. Bref, à posséder et à écouter encore, et encore, et encore…

Laurent.

Moby – Play

Genre: house                ®1999

Moby, ou l’art et la manière de pondre un hymne avec une mélodie qui tourne en boucle. Connu aussi bien en tant que DJ que punk-rockeur (Everything Is Wrong (1997) et Animal Rights (1996), ainsi que son groupe Diamonsnake), ce fou de musique électronique a été révélé à la face du monde en 1999 avec la sortie du désormais classique Play, premier album de l’histoire de la musique entièrement réalisé sous license commerciale. La quasi-intégralité de Play a accompagné films et publicités, d’où une renommée aujourd’hui incontestée.

Au-delà d’une question de succès, Play est le plus eclectique de sa discographie. Là où il était possible d’assimiler chaque album précédent à un style propre, ce disque est en revanche si emprunt d’influences que l’on finit par comprendre qu’il est un OVNI parmi l’industrie du disque.

Si les morceaux les plus connus, à savoir la première moitié de l’album, continuent à être diffusés dans les médias sans véritablement nous gonfler par leur parfum de hits intemporels (sauf la superbe « Rushing »), les plus beaux et intéressants moments se trouvent dans l’autre moitié, certes moins connues mais plus intimistes et touchantes. La touche trip- hop de Play ramène souvent à Massive attack (« If Things Were Perfect », « The Sky Is Broken », l’instrumental « Down Slow » et « Rushing ») et fait autant voyager que les compositions orientées musique ambient (« Inside », « My Weakness »). Deux morceaux instrumentaux (« Everloving » et « Guitar, Flute & String ») aux mélodies simples mais d’une beauté qui les rend imparables renvoient aux meilleurs moments passés avec Pink Floyd.

Aux côtés de Robert Miles (« Children ») et de Rob Dougan (« Clubbed To Death »), Moby incarne l’électro qui se savoure plus qu’elle ne se danse. L’air de la house made in 90’s signe ses dernières heures dans un concept réinventé dans Play, soit le genre d’albums qu’on écoute quand on ne sait pas trop dans quoi mettre dans son lecteur. Treize années que ça dure, en espérant encore qu’il n’en sera jamais autrement.

Laurent.