F.F.F – F.F.F

Genre: funk/rock        ®1996

La Fédération Française de Funk, plus communément appelée F.F.F, a connu ses heures de gloire au milieu des années 90’s en pleine explosion du courant fusion. C’est avec leur second opus, Free For Fever (1993), que le groupe se démarque légèrement des influences Fishbone en intégrant des guitares bien lourdes (comme sur la populaire « Silver Groover »). Trois ans plus tard, Marco Prince décide de privilégier la langue de Molière à celle de Shakespeare sur le troisième méfait, sobrement intitulé F.F.F.

F.F.F est la preuve vivante que les « mecs de banlieue parisienne » ne sont pas justes bons à cracher sur la police. Entre jeux de mots malins et humour salace, les paroles de Marco sont le véritable point fort de ce disque, comme le montrent  des  « Muscle Magique » ou « Le Pire et Le Meilleur » à faire mourir de rire Lino Ventura dans sa tombe. Non, sans entrer dans le burlesque, F.F.F est un excellent compromis entre la funk des Red Hot -pardonnez la pauvreté de mes connaissances en matière de funk- et un rock/métal alternatif totalement « in ». Seulement trois titres interprétés en anglais parmi douze pépites où les cinq lurons se sont éclatés à refaire le monde, les amenant sur le devant de la scène fusion française en cette année 1996 avant que n’arrive la vague néo inaugurée en France par Watcha.

Bien plus que le groupe d’un des anciens jury de la Nouvelle Star, F.F.F fait partie de ces groupes dont on ne reverra plus la couleur aujourd’hui à cause de cet amalgame de moisissures auditives qui parcourent les médias, mais qui nous suivent malgré tout dans notre coeur tant leur sincérité a marqué une époque de notre vie. Et pour tous ceux qui trouveront quelque chose à en redire… Funk you all!

Laurent.

Last Crack – Burning Time

Genre: heavy technique      ®1991

On cite souvent Coroner pour désigner un groupe qui a énormément contribué à l’évolution du métal, ce qui est loin d’être une erreur. Mêlant plans techniques propres à lui et passages atmosphériques, le trio suisse a effectivement laissé une trace indélébile avec ses deux derniers albums, Mental Vortex (1991) et Grin (1993), dont aucune formation à ma connaissance n’a depuis réussi avec autant de brio à repousser les limites du thrash metal. Et pourquoi donc parler autant de Coroner dans un article sur les amerlocs de Last Crack? Tout simplement parce que la barrière entre ces deux formations est mince, puisqu’encore aujourd’hui, on peut considérer Last Crack comme étant le « Coroner » du heavy! Beaucoup moins célèbre, le quintet a pourtant mis la main à la pâte en proposant tout au long de sa carrière un heavy progressif qui, comme Coroner, mise davantage sur les ambiances que les morceaux de 10 minutes avec démonstrations techniques incessantes de chaque instrument, et ce Burning Time représente l’ultime chef-d’oeuvre d’un groupe passé à la trappe pour son avant-gardisme prononcé. Il faut dire qu’en cette année 1991, non seulement sortait un Mental Vortex assez proche dans l’esprit mais également d’autres pierres angulaires du rock qu’il sera inutile d’énumérer encore, et encore…

Inconnu du bataillon sauf pour les aficionados du métal qui n’a absolument rien de cliché dans sa structure, Burning Time a tout de l’album qui déconcerte autant qu’il fascine par son originalité. Difficile de savoir si le métal joué par Last Crack provient réellement du prog de Rush, du glam de Mötley Crüe, du hard de Def Leppard ou de Metallica pour les quelques influences qui s’en ressentent, mais ce n’est qu’une maigre analyse personnelle. Et on ne peut tout bonnement pas comparer incessamment Last Crack à Coroner pour l’absence du thrash sale et nerveux et parce que la voix de Ron Royce (Coroner) n’a rien à avoir avec celle de Buddo, beaucoup plus mélodique et chaleureuse. En gros, Burning Time est un enchaînement de tubes qui n’ont rien de tubesques dans la forme, qui n’ont pas vraiment grand chose à voir entre eux, et pourtant, on en garde un souvenir marquant tout en le redécouvrant à chaque écoute.

Mis en valeur par la production ciselée de Dave Jerden (Jane’s Addiction, Alice In Chains), Burning Time est le genre d’album qu’on ressort de temps en temps parce qu’on ne peut pas s’en lasser. Vingt-et-un ans après sa sortie chez Metal Mind, filière rachetée par Roadrunner, le heavy particulier de Last Crack arrive encore à surpasser bien des productions modernes qui ressassent des sauces vieilles de trente ans. Juste monstrueux!

Laurent.

Dreadzone – Second Light

Genre: néo-dub          ®1995

Avec Dreadzone, le dub devient bien plus qu’un simple substitut du reggae. Originaire de Grande-Bretagne, le combo a suivi les traces du parrain du genre, King Tubby, ainsi que des artistes plus récents que sont The Disciples ou Zion Train. Après un premier album, 360°, passé relativement inaperçu, c’est avec Second Light que Tim Bran et Greg Roberts, les têtes pensantes, vont réaliser leur coup de maître.

Loin de là est l’idée d’écouter un tel album juste en générant des nuages de fumée. Les subtilités qui parsèment les neuf titres de Second Light relèvent du même niveau d’ingéniosité que les albums de Massive Attack, et ce n’est pas les tubes que sont « Little Britain » ou « A Canterbury Tale », aux ambiances différentes mais aux effets similaires, qui démontreront le contraire. Silent Night fait vibrer non seulement  par son couplet basse/batterie lancinant mais aussi par l’utilisation efficace du synthé et  par les quelques accompagnements présents par-ci par-là (violon sur « Captain Dread », choeurs sur « Cave of Angels » et « Out Of Heaven »), pour un peu qu’on apprécie les rythmes hypnotiques.

Sorti au milieu des 90’s chez Virgin, ce second joyau de Dreadzone traverse les années en procurant à chaque écoute la même impression: le disque semble être sorti le jour-même. Second Light a sa place parmi les classiques de ce renouveau du dub (peu nombreux sont-ils…) et peut-être même, si j’ose dire, parmi les classiques des productions d’Outre-Manche de sa génération. En gros, ça fait vachement beaucoup de bien par où ça passe!

Laurent.