Carpark North – Lost

Genre: Electro-rock                                ® 2010

Le Danemark n’en a pas fini de nous surprendre en matière de rock indépendant. Après les succès de The Raveonettes et Mew, voici Carpark North, trio formé en 1999 qui s’est toujours fait discret en dehors de leur pays natal, avant de signer chez Sony Music en janvier de cet été pour l’enregistrement de ce Lost. Petite anecdote, le nom du groupe représente deux facettes de sa musique: « Carpark » vient de parking pour le côté rock (allez savoir le rapport) et « North » représente les ondes boréales de la Scandinavie et le côté électronic aérien.

Dorénavant, le groupe sonne bien plus pop donc plus accessible au grand public, tel est son choix. Choix qui lui permet de faire découvrir médiatiquement son talent, à l’instar de Muse dont l’influence est presque tangible. Déjà deux singles en à peine un mois, le génial premier morceau « Lost (Peace) » et « Just Human », qui a eux deux résument parfaitement ce que les danois ont dans le ventre. Lau Højen ne varie que très peu son chant et ses riffs de guitare, pourtant l’ensemble se veut prenant avec l’apport de synthétiseurs de la part du bassiste Søren Balsner et les rythmes martelants de Morten Thorhauge.

Lost est un aller-simple au coeur du monde de Demain, celui de l’anxiété, de la curiosité. Il n’est pas impossible que ces sensations deviennent indigestes au fur et à mesure de l’écoute pour certains, tant les mélodies semblent parfois remâchées (« More » et « Cancer » sont dignes des plus grands tubes de Robbie Williams ou Elton John). Après tout chacun à sa conception de l’avenir, les Carpark North ont la leur, peut-être arriveront-ils via les médias à faire passer un message au même titre que les meilleurs films d’anticipation. Ne boudons pas un tel plaisir, il y a de quoi attendrir le moral dans ce Lost. Bonne découverte.

7/10

Laurent.

Helloween – 7 Sinners

Genre: Heavy-Speed                            ® 2010

Helloween, LE groupe précurseur du speed mélodique et ses 25 années d’activité. Aussi mythique que non-médiatisé, le groupe teuton a pondu des chef d’oeuvre qui ont changé la face du métal, à savoir Keeper of the Seven Keys – Part 1 et Part 2 qui apportèrent en 1987 un côté « happy » à notre univers bien aimé.

Pourtant le groupe s’est un peu laissé allé durant la décennie 90’s, nous pondant les quelques albums bien fades que sont Pink Bubbles Go Ape (1991), Chameleon (1993),  The Time of the Oath (1996) et Metal Jukebox (1999). On retiendra tout de même les acclamés Master of The Rings (1994)  et Better Than Raw (1998) avec sa magnifique jaquette. C’est alors qu’en 2000 le groupe nous pond The Dark Ride, album que je porte personnellement dans mon coeur car très sombre et direct. Mais le groupe est à ce moment au bord de l’implosion, suite à l’échec commercial de leur dernier effort, et les tournées promos se font bien rares, ce qui n’arrange en rien la donne. Il aura fallu attendre trois longues années avant un retour aux sources avec Rabbit Don’t Come Easy (2003) qui, bien que non dénué de défauts, a relancé la machine Helloween. Nouveau line-up stable, le power-mélodique joyeux était de retour.

Jusque ce 7 Sinners, dont j’étais impatient de découvrir le contenu. Evidemment, je m’attendais à du power mélodique comme on en ramasse à la pelle aujourd’hui,  et c’est alors que j’entend Dani Löble marteler sa batterie à laquelle s’ajoute un riff bien heavy sur « Where The Sinners Go », et un Andi Deris qui n’avait jamais chanté de la sorte. Le morceau est prenant, et je me refuse à cracher sur un tel inattendu.

On reconnaît la patte Helloween, on a affaire à un album loin d’être bâclé et puissant, avec un côté martial très présent. Il n’y a qu’à écouter « Are You Metal ? », « Long Live The King » ou « Raise The Noise » pour s’en rendre compte, ainsi que les plus rock’n’roll « You Stupid Mankind » et  « The Sage, The Fool, The Sinner« . Les mélodies sont aussi au rendez-vous, avec « Who Is Mr. Madman ? », World of Fantasy », « If A Mountain Could Talk » et « My Sacrifice », où les deux guitaristes Michael Weikath et Sascha Gerstner excellent aussi bien dans les rythmiques que dans les envolées solistes. En revanche on retiendra moins les ballades « The Smile On The Sun » et  « Not Yet Again » qui auraient pu être mieux fournies en énergie. Et en guise de final, le groupe nous conte une fable épique, « Far In The Future », qui deviendra surement un classique d’ici quelques années voire mois.

Un travail honorable de la part d’un groupe d’une telle envergure: une prod’ de qualité, des titres qui s’enchaînent sans accrocs (je ne compte pas les deux « ballades », qui passent plus inaperçues qu’autre chose). On a même le droit à un artwork des plus classes, mention spéciale à notre petite citrouille adorée qui, à l’inverse du Eddy de Maiden, a conservé son charme depuis Walls of Jericho (1985). Le power allemand a encore son mot à dire, et je ne vois nul autre que Helloween qui puisse encore réunir modernité et empreinte musicale de manière efficace.

7,5/10

Laurent.

Underoath – Ø (Disambiguation)

Genre: Post-Hardcore                           ® 2010

Depuis quelques années déjà, et surtout en 2010, les termes « émo » et autres « core » (comprenez Deathcore et Métalcore) sont des références en matière d’humilité et de mépris par les puristes du métal. Les groupes représentant ces genres, généralement jeunes, ne correspondent pas vraiment au profil attendu: cheveux courts ou mèche rebelle, hurlements puérils et chant clair qui peine à convaincre tant il est mielleux comme pas possible. Même des groupes de l’envergure de Killswitch Engage, fer de lance du mouvement Metalcore, finissent par lasser faute de renouvellement de la sauce, tombant dans ses propres clichés. Fort heureusement, il y a toujours quelques groupes qui possèdent ce truc en plus qui va rendre le tout saisissant, à l’instar d’AS I LAY DYING et Underoath.

Deux années séparent Ø de son prédécesseur Lost In The Sound Of Separation, passé inaperçu car le passage du Metalcore au post-hardcore paru un peu trop brusque, le groupe ayant semé malgré lui la confusion dans son identité musicale. Nous les excuserons cependant de vouloir prendre des risques, qui démontre quelque part une maturité certaine. Les américains étant arrivés à un point de non-retour, pas question de replonger dans un deathcore des plus classiques: le post-hardcore est le style où il se sent le plus à l’aise, et ce n’est pas Ø qui va nous prouver le contraire. Sans pour autant délaisser ses origines – des hurlements « screamo-death », chant clair, pas de solos- le groupe apporte une petite touche inédite: des sons électroniques par-ci par-là bien appréciables puisqu’ils parviennent à enrichir l’ambiance de l’album. Autre nouveauté, les riffs ne sont pas réutilisés d’un morceau à l’autre, chaque morceau bénéficie donc d’une particularité, avec un  Spencer Chamberlain (chant) également bien adapté à ces variations.

De « In Division » a « In Completion », si on ne compte pas les trois remix, les faux-pas sont quasi-inexistants,  si l’on tolère les deux plages un peu mièvre « Paper Lung » et « Driftwood ». Mais force est d’admettre que les Underorath ont plus d’un tour dans leur sac avec ce Ø pas des plus surprenants, mais qui marque un enthousiasme sûr quant à l’avenir du groupe. Un bon album.

7/10

Laurent.