Supermen Lovers – Starlight

Genre: funk/house                ®2001

Phénomène grandissant dans la seconde moitié des 90’s, la « French house » est en pleine ébulition lorsque sortent les premiers albums de St. Germain et Etienne de Crécy puis des tubes interplanétaires « Music Sounds Better With You » ou « Around The World » respectivement de Stardust et Daft Punk. Viennent s’ajouter à la liste des valeurs sûres le duo de Air, Superfunk et Guillaume Atlan alias The Supermen Lovers qui nous intéresse en ce moment.

Dans la même optique que ses congénaires, le DJ mélange funk, disco et house music sans forcément tomber dans le plagiat. Avec de la suite dans les idées, il sort le 14 mars 2011 ce qui est à mes yeux l’un des plus gros tubes funk/house de tous les temps et un des plus gros coup de coeur tous genres confondus depuis, la version terrible de « Starlight » avec Mani Hoffman dont le clip-vidéo en est le principal vecteur. A l’heure où tout le monde se met au vocodeur, Guillaume Atlan chante naturellement de son timbre black qui s’accorde parfaitement avec cette ligne de basse ultra-groovy comme si Barry White avait rendu visite à Etienne de Crécy le temps d’enregistrer un tube gigantesque.

Que d’éloges il est vrai pour un seul morceau, une première sur Noisyness mais puisque les albums des Supermen Lovers ne m’intéressent guère, probablement le résultat d’un blocage sur un morceau à mes yeux indétrônable et intemporel, il vaut mieux parler de ce qu’on connaît le mieux. Un met unique dont la ration quotidienne est presque devenue un rituel.

Laurent.

Nirvana – In Utero

Genre: grunge                     ®1993

Tiens, tiens… En deux ans d’activité, nous n’avons pas encore eu l’occasion de parler du groupe le plus influent des années 90, celui que certains idolâtrent tandis que d’autres l’ont toujours trouvé surestimé. Il est vrai que la presse a toujours mis l’intouchable Nevermind (1991) au premier plan alors que Pearl Jam et Soundgarden ont sorti la même année les extraordinaires Ten et Badmotorfinger. De ce fait, cette pseudo-frustration me pousse à ne présenter que l’ultime album studio de Nirvana, In Utero, la réponse ultra-sincère de Kurt Cobain face au succès inassumé du deuxième album. Moins pop que ce dernier mais plus accessible et travaillé que Bleach, In Utero se veut plus intimiste aussi suite aux différents problèmes du frontman avec la drogue et la justice.

Produit par Steve Albini (Slint, Pixies), ce troisième opus enregistré en une semaine aux studios Pachyderm écope d’un son énorme, beaucoup plus crade et grungy. Volontairement moins promu à la demande du trio, In Utero, distribué par Geffen Records, obtient malgré tout un succès considérable grâce à une bonne pelleté de « tubes » formatés malgré eux pour la radio. « Heart Shaped Box » n’a décidément rien à voir avec « In Bloom » ou « Come As You Are » mais l’hymne est bien là tout comme « Dumb » rappelle qu’on aime aussi Nirvana pour ses ballades simples mais mémorables. Les quatre accords de « Rape Me » en font l’un des morceaux les plus percutants notamment son sujet qui traiterait (affaire encore floue) d’un viol où le violeur aurait marmonné la chanson « Polly » à la victime, tout comme les infusions de « Pennyroyal Tea » si chères à Cobain évoquées dans un morceau au refrain difficilement oubliable. Une chose à ne pas omettre, les racines punk sont toujours là avec les explosives « Very Ape » et « Tourette’s » en totale contraddiction avec « Scentless Apprentice » sur laquelle l’infatigable Dave Grohl a participé pour la première fois à l’écriture d’un des morceaux les plus lourds du trio de Seattle. L’album se conclut sur ce qui est pour moi le plus beau morceau de toute leur discographie, la semi-ballade « All Apologies », nominée aux Grammy Awards en 1995.

Plus investi que jamais, Krist Novoselic, Dave Grohl et Kurt Cobain accouchent d’un disque plus discret qui reste à ce jour mon préféré. Son statut d’album testament le place en chef de file d’un mouvement court de cinq années mais qui a marqué l’histoire du rock au fer rouge. Moins révolutionnaire mais incontestablement mythique.

Laurent.

Maybe Starry Skies – Ep#2

Genre: post-rock atmosphérique   ®2012

La particularité d’une musique comme le post-rock, c’est qu’elle n’intéresse personne en dehors des amateurs de post-rock. Hormis Sigur Ròs dont la notoriété internationale n’est plus à démontrer, ces explorations sonores et entièrement instrumentales la plupart du temps peuvent s’étendre sur plusieurs dizaines de minutes mais tristement, ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir la patience d’aller jusqu’au bout du voyage. Fortement concentré aux Etats-Unis, le post-rock n’est pas inconnu de notre beau pays car non seulement le public est là mais quelques groupes comme Melatonine ou Kaolin, connu aussi pour faire dans la power-pop, ont percé à l’étranger.

Aujourd’hui, on s’intéresse à un artiste de la région parisienne, Benjamin alias Maybe Starry Skies qui vient de réaliser le successeur de SinEquaNone (2010), son deuxième ep sobrement intitulé Ep#2. Une pochette typique, en totale concordance avec l’esprit du genre annonçant quatre titres dont la superbe n’a d’égal que la liberté des oiseaux à se déplacer où bon leur semble. « Myriades » inaugure l’odyssée avec une douce plage mélancolique où la guitare sèche et le piano remplacent les confessions de Benjamin sur son premier ep. Une inspiration dans laquelle on entrevoit Godspeed You! Black Emperor ou God Is An Astronaut sans jamais aller jusque la comparaison car la chose la plus raisonnable à faire en écoutant Ep#2 est de fermer les yeux. « Centauri », avec sa légère touche électro sur laquelle se pose de magnifiques arpèges agrémentés par des nappes de claviers ambient incarne la phase optimiste et lumineuse avant que l’ambiant « Atlas » ne nous plonge défitivement dans une serenité absolue de son duo batterie/guitare sèche, qui nous prépare au percutant « Your bras » et son final épique tout en saturation digne d’un bon Mogwai (si mauvais Mogwai il y a!).

N’ayant absolument rien à envier aux grands groupes de post–rock, Maybe Starry Skies montre qu’il est capable de voler de ses propres ailes en accouchant d’un ep de quatres morceaux ne dépassant pas les cinq minutes, intimistes et chargés en émotions destinés à tous. Dans l’attente d’un album suffisamment long apportant un lot de surprises similaire. Très bonne découverte.

Laurent.