The Sword – Warp Riders

Genre: Stoner/Doom                           ® 2010

The Sword est LE groupe de stoner de ces trois dernières années. Ayant suivi Metallica sur sa tournée 2009 en tant que première partie, la renommée de ce jeune groupe n’a fait que s’accentuer. Outre ce privilège en or, les ricains de Sword savent de quoi ils parlent, et maîtrise parfaitement un des styles les plus underground du rock.

Ne passons pas par quatre chemins, Warp Riders est une véritable tuerie, un hymne à la science-fiction plus qu’inspiré. Bénéficiant de la production de Matt Bayles (Mastodon, Pearl Jam), le son est bien gras et groovy et l’interprétation vocale de M. Cronise est des plus impressionantes.

Plus que du sous-Black Sabbath, dont l’influence est tout de même bien présente, The Sword envoie le pâté, avec un album en deux parties: la première, de « Acheron/Unearthing the Orb » à « Lawless Lands », reste dans la tradition stoner rock bluesy, et une seconde entamée avec « Astraea’s Dream » plus rentre-dedans, où le son doom bien pesant accompagné par un orgue apocalyptique écrase tout sur son passage.

Un groupe qui doit certainement envoyer sur scène, nul doute de ce côté là. Reste à savoir s’il est capable de faire mieux par la suite, quand on voit le niveau technique dantesque de Warp Riders. Un groupe à suivre.

Laurent.

Versailles – Jubilee

Genre: Visual Kei                                ® 2010
Il existe un style de musique propre à un pays à part dans ce monde, le Japon, que l’on catalogue de Visual Kei. Au départ, le terme a été utilisé pour désigner un courant artistique lancé par le groupe X-Japan, la référence même, qui s’inspirait du glam rock avec ses tenus extravagantes, puis le terme s’est étendu également à leur musique déjantée, mais d’une classe indéniable. Un mouvement est né.

Versailles (Philharmonic Quintet) est un groupe tout frais, puisqu’il n’a été formé qu’en 2007. Nous connaissons tous le bagout des japonais pour la France, inutile d’hésiter sur la provenance du nom, il s’agit bien d’une référence à notre immense château, et surtout à l’époque classique. Car Versailles, plus qu’un simple groupe de rock/métal, mêle habilement grosses guitares et influences LouisXIVennes, qui le démarque des 50000 autres groupes nippons.

Jubilee est donc le troisième album de Versailles, après un Noble qui m’avait personnellement pris aux tripes. Le groupe, mené par un frontman d’exception, Kamijo, apporte une nouvelle fois son lot de fraîcheur dans l’univers du rock.

Un morceau d’entrée, « God Palace -Method of Inheritance-« , fait office d’entrée copieuse avec ses 10:30. Une intro en choeurs, suivie d’un bon riff efficace et d’un clavier très bien dosé. Kamijo entame le pas avec une phase mélancolique, formidablement chantée.

« Ascendead Master » est plus rentre-dedans, mais toujours dans la même tonalité symphonique. « Rosen Schwert » est plus encrée métal, plus proche de l’univers manga. « Ai to Kanashimi no Nocturne » apporte une touche speed-mélodique appréciable, toujours avec un Kamijo jamais en déroute. Le tire « Amorphous »,  fort de la présence d’une guitare sèche et d’un violoncelle, n’est pas très loin du rock progressif. « Reminiscence » fait office d’interlude, morceau instrumental folklorique qui donne une âme d’enfant à l’auditeur, mais sans pour autant être niais.

L’album continue avec « Catharsis », titre entêtant qui est un pot-pourri des morceaux précédants, avec des solis mélodieux.

« The Umbrella of Glass » est plus teinté pop, morceau lent mais varié avec un passage flamenco inattendu. « Gekkakou » est un véritable lâché des tripes du groupe, colérique et sensuel à la fois, on sent vraiment une maîtrise des instruments et une volonté de faire passer un message (que je ne peux malheureusement pas traduire, ne comprenant pas le japonais)

« PRINCESS » et son côté épique nous laisse imaginer que Kamijo est prêt à tout pour vaincre le méchant dragon et retrouver sa bien-aimée, les instruments portant à merveilles ce conte.

La balade « Serenade » est tout sauf une serenade justement, pas d’escroquerie ici, l’émotion est toujours aussi bien transmise.

L’album de finit sur « Sound In Gate » qui pourrait faire office de B.O de jeu vidéo ou même de film, morceau atypique du groupe mais qui n’est pas hors contexte non plus.

Alors voilà, Versailles a de nouveau pondu quelque chose d’efficace et original, au même titre que Dir en Grey dans un autre registre, la seule différence notable est que les Versailles sont bien plus inspirés pour les pochettes (celle de Jubilee dépasse toute concurrence) . Difficile un peu de catégoriser ce groupe en profondeur, car il explore un peu les méandres du rock, du prog au speed, mais l’esprit Visual Kei est bien là, je vous laisse regarder les vidéo-clips non dénués d’imagination.

8/10

Laurent.

Tarja – What Lies Beneath

Genre: Métal lyrique                     ® 2010

Il fût un temps où le Métal symphonique était dans le sillon d’un seul groupe, Nightwish, qui a popularisé le genre avec des albums comme Century Child (2002)  et surtout Once (2004) devenus rapidement des mythes. La particularité de ce groupe qui a fait son succès est d’une part l’assemblage des claviers avec une grosse rythmique, mais également le lyrisme apporté par la talentueuse Tarja Turunen, dont nous allons nous intéresser de suite.

En 2006, la chanteuse décide de quitter le navire Nightwish suite à des divergences musicales avec le guitariste Erno Vuorinen. Elle enregistre quelques mois après son premier album solo, Henkays Ikuisuudesta, dont le succès n’eût lieu que dans son pays natal, la Finlande. My Winter Storm (2007) avait remis les pendules à l’heure en proposant un retour aux sources (comprenez par là du Nightwish!) mais dans une version plus personnelle de Tarja.7

Et voici donc What Lies Beneath, plutôt attendu du public métal. Et cette attente en valait la chandelle. Il y’a ici une évolution notable dans la musique de Tarja. Là où les thèmes de la mythologie et du fantastique étaient présents sur ses précédents albums et chez Nightwish, elle explore ici les thèmes de </span>la peur, du mensonge, de l’illusion, de l’espoir, la quête de la vérité et son univers intérieur marqué par la souffrance et la solitude. Un registre très « gothique » inclût dans une recette métal symphonique néanmoins prédominante.

Du gros métal (« Until my Last Breath », « Little Lies », « Falling Awake » avec sir Joe Satriani en invité) au lyrique pur (« I Feel Immortal », la magnifique « Underneath », « Rivers of Lust », « The Archive of Lost Dreams ») en passant par des morceaux hybrides (le titre d’ouverture et surement le plus étrange, « Anteroom of Death », « Dark Star », et le titre clôturant l’album, « Crimsom Creep, très bien choisi), Tarja met en avant des émotions comme elle seule sait le faire. C’est d’ailleurs le fil conducteur de cet album, car pour ce qui est de l’accompagnement musical, il est certes très correct, mais pas non plus remarquable. Tout l’intérêt de What Lies Beneath se porte sur la voix de cette diva du métal qu’est Tarja Turunen, car si musicalement il n’y’a rien de bien innovant, elle seule suffit à nous emporter dans cet univers épique et émotionnelle.

Laurent.